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 Rencontres de l'Equitation de tradition française

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Tutak



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MessageSujet: Re: Rencontres de l'Equitation de tradition française   Mar 26 Aoû 2014 - 13:11

Merci JeanMB pour la video ...

je l'ai regardé en vitesse car au bureau , et pour ma part, malgré qu'on ne sait rien du passé du cheval n'empèche que cela nous montre quand meme pas mal sur la fac on dont-il travail .... Wink

(Dtu / Daniel)
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yveskatz

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MessageSujet: Re: Rencontres de l'Equitation de tradition française   Mar 26 Aoû 2014 - 16:11

Comme je l'ai déjà précisé,Patrick Teisserenc semble beaucoup s'inspirer des conseils du Dr Pradier (rip). Je n'ai pas eu l'occasion de pratiquer selon cette méthode,mais,à priori,cette extension extrème mise en oeuvre au début de travail ne correspond pas à ma manière de travailler(les extrêmes sont souvent nocifs!). Pour pouvoir émettre un jugement appréciable,il me semble nécessaire de tester la progression du Dr Pradier.
Ce qui me gêne beaucoup plus(mais ce n'est qu'une courte vidéo et nous ne connaissons rien du cheval.........ni du cavalier!) c'est ce désir du cheval d'arracher les rênes lors des départs au galop et le fait que le cavalier demande l'extension en peignant les rênes (méthode qui a souvent invité le cheval à désirer arracher les rênes).
Ce qui serait agréable,pour la bonne tenue de ce forum,c'est que Jean et Daniel aillent plus avant dans leur analyse de la façon de faire du cavalier........afin d'apporter leur regard à ceux qui n'ont pas nécessairement un oeil affiné...ou curieux....... geek


Dernière édition par yveskatz le Mer 27 Aoû 2014 - 6:38, édité 1 fois
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Olivier



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MessageSujet: Re: Rencontres de l'Equitation de tradition française   Mar 26 Aoû 2014 - 17:25

yveskatz a écrit:
La tradition n'exclut pas la modernité dans la mesure où celle ci est le prolongement de la première............ geek

Dans la mesure où... Et c'est bien ça le problème et la difficulté à définir cette tradition française.
Baucher est-il le prolongement de La Guérinière et des écuyers qui avaient précédés celui-ci ? (Maryan, c'est à ces derniers, c'est-à-dire les "vrais" classiques, que tu as fait référence pour me répondre.)
Je ne crois pas. Il y a rupture (revendiquée) plus que continuation.
Pourtant, lorsqu'on définit habituellement la tradition française, on essaye de composer avec ces 2 équitations très différentes. Je ne dis pas qu'il soit illogique de faire entrer Baucher dans la tradition française. Il a, chez nous, fortement influencé l'équitation et est donc entré dans notre patrimoine équestre. Mais du coup, cela nous donne 2 traditions plutôt qu'une tant la fusion des 2 semble compliquée.


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yveskatz

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MessageSujet: Re: Rencontres de l'Equitation de tradition française   Mar 26 Aoû 2014 - 18:45

Baucher a vu le jour avec l'apparition dans le paysage de l'élevage équin d'un nouveau modèle de cheval,plus longiligne,qui n'était pas nécessairement susceptible d'accepter les méthodes appliquées aux modèles brévilignes d'avant. Par ailleurs,le regard des gens sur l'utilisation du cheval commençait à changer. Baucher, à son époque n'a pas trouvé sa place,les politiques lui préférant D'Aure partisan d'une équitation de masse,plus orientée vers la basse école.
Ce petit rappel historique étant fait,je crois que Baucher peut s' inscrire dans la
la tradition équestre.  Oliveira,avec sa sensibilité l'a pratiqué avant de se passionner pour La Guérinière; Philippe Karl,initié à l'équitation par un "oliveiriste",après avoir démontré les qualités de cette équitation même sur le terrain de la compétition fait aujourd'hui une plus grande place à Baucher
Et plus prêt de nous,d'autres ont su s'inspirer de leurs anciens pour proposer des méthodes susceptibles d'intéresser d'autres sensibilités (D'orgeix,Pradier,..).
Je crois que ce qui fait la marque de l'équitation française,ce sont surtout les principes,immuables depuis Xénophon:respect de l'individualité du cheval,écoute de l'autre,progressivité de l'éducation jambes sensibles et main  intelligente.nuque le point le plus haut, discrétion des aides,légèreté du couple.....calme,en avant et droit.
..Dans cet ordre!
Commencer D'aure(mise sur la main,décontraction physique et morale, cheval détendu et à la musculature tonifiée et étendue......) pour finir Baucher (décontraction du boit de devant,soutien de l'encolure,cessions de mâchoire,... Tout ceci n'étant qu'un résumé simplifié! :-(.........  geek
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MessageSujet: Re: Rencontres de l'Equitation de tradition française   Mar 26 Aoû 2014 - 20:03

Peut-être, Yves, Baucher a-t-il vu le jour avec l'apparition de nouveaux chevaux... Peut-être aussi a-t-il eu une telle importance du fait de la quasi disparition de l'école classique. Sans les bouleversements qu'à connu la France entre la fin du 18e et le début du 19e, l'école classique aurait probablement continué d'évoluer et de s'adapter au travail avec ces nouveaux chevaux comme cela s'est passé en terre allemande.
Dans tous les cas, il me paraît quand même difficile de parler de Baucher comme d'un prolongateur de l'école classique, rôle qui me semble plutôt avoir échu à Steinbrecht. Quant à d'Aure, je me demande qui le lit encore ?

D'autre part, pour moi, même s'il a fortement été influencé par Baucher puis par l'école classique, en partie à travers Steinbrecht, NO est quand même un écuyer portugais avant tout. Je ne suis pas certain que l'oliveirisme ne soit que le résultat d'influences étrangères (françaises principalement) ni qu'il aurait pu naître en France.
Si l'on veut parler d'une tradition équestre nationale, on ne peut y inclure Oliveira. Ou alors, parlons d'une équitation latine plutôt que française.

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MessageSujet: Re: Rencontres de l'Equitation de tradition française   Mar 26 Aoû 2014 - 20:17

Je crois que la nationalité "civile" n'a pas grand chose à voir avec la nationalité "Équestre". Je crois que la terminologie "équitation de tradition française"signifie surtout qu'elle a ses sources en France;ou plus exactement qu'elle a été véhiculée et affinée par des écuyers français, formés pour plusieurs en Italie.... Effectivement,on peut alors plus parler d'équitation latine si on se réfère à l'histoire de l'équitation....... geek
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Olivier



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MessageSujet: Re: Rencontres de l'Equitation de tradition française   Mar 26 Aoû 2014 - 20:31

Dans le cas de NO, je pense que ce n'est pas tant la nationalité en tant que telle qui importe mais bien l'équitation ibérique dans laquelle il a baigné et qui ne peut pas être restée sans effets sur sa propre équitation. C'est pour cela que je rangerais plus facilement NO dans l'équitation latine que dans l'équitation de tradition française.

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MessageSujet: Re: Rencontres de l'Equitation de tradition française   Mer 27 Aoû 2014 - 6:37

Je pense, mais je me trompe peut être que l'intitulé de ce colloque : les premières rencontres de l'équitation de tradition française n'a pas été choisi au hasard.
Si les organisateurs de ces journées avaient voulu faire la messe d'une tradition passéiste, ils auraient intitulé cela: les premières rencontres de l'équitation française de tradition. Et on aurait alors débattu d'une équitation semblable à l'équitation de travail, western... ou autre.
Certains répondront que ce n'est là que de la sémantique; mais n'est ce pas ce qu'il en est des quelques derniers échanges sur le sujet entre Olivier, Maryam et moi?
Je crois qu'il est dans la culture française, dans sa tradition , de savoir prendre ce que les uns et les autres, au delà d'une nationalité, peuvent apporter pour une amélioration des connaissances et, pour que ce qui nous concerne, pour une meilleure pratique équestre, en respectant les principes qui découlent de notre sensibilité.............. geek
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jeanMB



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MessageSujet: Re: Rencontres de l'Equitation de tradition française   Mer 27 Aoû 2014 - 8:33

Un caractère de l'équitation en France à l'époque où NO a commencé à y être connu est qu'elle était essentiellement militaire (je veux dire que les militaires détenaient le pouvoir absolu d'y décider ce qui était bon ou mauvais), et lui il n'aimait pas vraiment l'équitation militaire («l'équitation de sergent de ville», c'était le tirer-pousser). Il ne pouvait que voir l'équitation officielle, celle du cadre noir, comme une image déformée de ce qui avait fait la grandeur de l'art équestre en France.

Un jour (fin des années 70 ou début des années 80), dans un manège parisien il aide un célèbre écuyer (et entraîneur national de complet) à éliminer un défaut du piaffer de son cheval, et conclut en disant «vous les français, vous avez perdu cela». Il se voyait, avec sa forme personnelle de bauchérisme ayant conservé l'essentiel de l'héritage classique, comme le vrai dépositaire de la tradition, latine certainement, française aussi en grande partie.

Si je crois volontiers à des sensibilités nationales spécifiques en matière d'équitation, je crois que l'idée de traditions nationales est peu solide, parce qu'à l'époque du développement de l'équitation en Europe, du XVIIème au XIXème siècles, les influencest mutuelles ont été permanentes (sauf pour le bauchérisme qui n'a pas eu de succès dans les pays d'équitation germanique).
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jeanMB



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MessageSujet: Re: Rencontres de l'Equitation de tradition française   Mer 27 Aoû 2014 - 8:51

Concernant le petit film je ne le commenterai pas mais cet écuyer est bien une sorte de disciple de Pradier, il a collaboré à son livre «Mécanique équestre et équitation».
En prétendant que la pratique intensive des élongations d'encolure résout les problèmes du dos du cheval, cette approche me semble vouée à l'échec.
Autant j'approuve le travail nez par terre comme détente ou comme solution éventuelle à des contractions particulières, en particulier celles que provoque souvent une équitation emboutie, autant je crois que le positionnement correct du dos, celui qui permet au cheval de se déplacer facilement en portant son cavalier, nécessite un travail spécifique du dos et ne peut être centré sur l'encolure; ni, bien sûr, sur la bouche. Le travail spécifique du dos donne le premier rôle au rein et aux postérieurs, car ce n'est de derrière que tout peut et doit venir.
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Maryan

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MessageSujet: Re: Rencontres de l'Equitation de tradition française   Mer 27 Aoû 2014 - 9:14

J’aime bien ton approche de la définition Yves, c’est une ouverture qui me convient.

JeanMB,

Citation :
Si je crois volontiers à des sensibilités nationales spécifiques en matière d'équitation, je crois que l'idée de traditions nationales est peu solide, parce qu'à l'époque du développement de l'équitation en Europe, du XVIIème au XIXème siècles, les influencest mutuelles ont été permanentes (sauf pour le bauchérisme qui n'a pas eu de succès dans les pays d'équitation germanique).

Tout à fait d’accord avec ça.


Olivier même si Baucher est tellement différent à priori de ce qui lui a précédé, il ne me semble pourtant pas indispensable d’opposer systématiquement les méthodes. Les chevaux, les activités et les connaissances biomécaniques et cognitives actuelles doivent permettre de raisonner avec un angle plus large, « pluri-techniques » m’aventurerais-je à dire ! Il me semble intéressant (d'essayer) d’extraire de tous ces héritages ce que est transposable de nos jours.
Alors pourquoi persister à vouloir « choisir un camp » ? la « troisième » voie est à définir. Si elle s’inspire du « meilleur » de ses héritages nationaux et de ses influences étrangères pour répondre à des problématiques contemporaines multiples, ça me va.

Transposons cela avec un querelle d’aujourd’hui : mains basse dit Henriquet, main haute dit Karl. Que doit-on prendre pour définir une équitation de tradition française moderne ? (c’est bizarre tradition et moderne dans la même phrase, non ?) Si l’on choisit l’un et élimine l’autre (peu importe dans quel ordre), je ne me sens plus concernée.

Même si nous ne validons pas toujours les effets de la démocratisation de l’équitation, il n’en demeure pas moins que le résultat est là : beaucoup de pratiquants, une multitude de disciplines avec des objectifs variés, une diversité morpho-psycho importante des équidés…
Si on doit définir un modèle inspirant et utilisable pour tout ce beau monde afin de le tirer vers le haut, il va falloir être très ouvert d’esprit.
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MessageSujet: Re: Rencontres de l'Equitation de tradition française   Mer 27 Aoû 2014 - 9:57

Comme Maryan, je me retrouve dans la vision européenne de l'équitation classique exposée par Jean. Et je pense qu'à sa façon, c'est avec cette vision élargie que NO a construit son équitation.

Maryan, je soulignais surtout la rupture du bauchérisme par rapport à l'équitation classique incarnée par La Guérinière en réponse à l'idée exprimée par Yves que "La tradition n'exclut pas la modernité dans la mesure où celle ci est le prolongement de la première". Toute la difficulté à définir cette fameuse tradition française vient bien de cette rupture ; que l'on veuille ou non opposer les deux écoles, force est de constater qu'elles sont quand même en désaccord sur certains points importants et n'aboutissent pas aux mêmes résultats. Le constater, ce n'est pas rechercher la polémique ni choisir un camps mais regarder les choses objectivement.

Comme je l'ai écrit plus haut, je pense qu'à notre niveau, au mien en tout cas, on fait plus comme on peut que comme on veut. On tente de suivre une voie, celle qui nous parle le plus, mais on ne peut pour autant se revendiquer d'une école. Ce qui sépare et divise le plus les amateurs comme nous, ce ne sont pas les écoles auxquelles nous essayons de nous référer mais l'esprit dans lequel nous travaillons, les moyens que nous utilisons, la primauté accordée ou non à la finalité...

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Maryan

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MessageSujet: Re: Rencontres de l'Equitation de tradition française   Mer 27 Aoû 2014 - 13:03

Le fait qu'elles soient en désaccord ne signifie donc pas que l'une d'elle est "tort", n'est-ce pas ?

Je crois que nous avons les mêmes attentes, et que nous sommes assez d'accord pour dire que l'exercice visé sera difficile, non ? Rolling Eyes

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Olivier



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MessageSujet: Re: Rencontres de l'Equitation de tradition française   Mer 27 Aoû 2014 - 13:34

Il ne s'agit pas d'avoir tort ou raison.
Encore que si chacun d'entre nous juge les résultats d'une équitation à l'aune de ses goûts, il donnera certainement plutôt raison à l'équitation qui correspondra le mieux à ses aspirations et/ou à son esthétique et pensera que l'autre se trompe, au moins sur certains points.

Ainsi, pour ma part, les résultats du bauchérisme que j'ai pu voir, même pratiqué par un NO dans sa jeunesse, me laissent de marbre quand ils ne me déplaisent pas. Du coup, j'ai tendance à penser que cette équitation se trompe, qu'elle a tort, en tout cas qu'elle est incapable par elle-même de donner un résultat qui me convienne.
Les résultats de l'école classique répondent nettement plus à mes attentes. Je pense donc qu'elle est dans le vrai, en tout cas qu'elle est capable de donner des résultats qui me conviennent.

Tout ça est aussi affaire de goûts.

Quant à faire un habile mélange des deux écoles, encore faut-il en être capable, c'est-à-dire maîtriser les deux écoles et savoir choisir les bons instruments pour répondre à des situations particulières. Je ne suis pas certain que beaucoup de cavaliers en soient capables. D'autant moins que l'équitation bauchériste n'a pas réellement convaincu en dehors de nos frontières.

Maryan a écrit:
nous sommes assez d'accord pour dire que l'exercice visé sera difficile, non ?
Je ne comprends pas de quel exercice tu parles Embarassed

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zabot29

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MessageSujet: Re: Rencontres de l'Equitation de tradition française   Mer 27 Aoû 2014 - 14:15

Je pense que Maryan parle de l'exercice suivant :
"Si on doit définir un modèle inspirant et utilisable pour tout ce beau monde afin de le tirer vers le haut, il va falloir être très ouvert d’esprit."

Effectivement, ça risque d'être compliqué .. je pense qu'on peut difficilement définir "un modèle" réunissant les différents courants.. mais finalement ce n'est peut-être pas le but recherché de ces rencontres...
(c'est comme si on voulait définir une seule "vraie bonne méthode pédagogique" pour apprendre à lire..ça n'existe pas ..il en va des enfants comme des chevaux, c'est le profil de l'apprenant qui définit le mode d'apprentissage approprié, y a pas de recette miracle..quoique en disent certains ..)

Je verrai ça plutôt comme la recherche des apports positifs, ceux qui ont contribué à faire avancer la réflexion équestre en France (et ailleurs ?) et permis le développement de nouvelles approches... en laissant la porte ouverte à des évolutions possibles
...parce que à vouloir trop définir, on enferme dans la naphtaline ..
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Olivier



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MessageSujet: Re: Rencontres de l'Equitation de tradition française   Mer 27 Aoû 2014 - 17:17

Merci Zabot,

Je crois effectivement que ça ne va pas être simple...

zabot29 a écrit:
à vouloir trop définir, on enferme dans la naphtaline
C'est l'impression que m'avait donné l'inscription au patrimoine universel.

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yveskatz

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MessageSujet: Re: Rencontres de l'Equitation de tradition française   Mer 27 Aoû 2014 - 17:31

Merci, zabot29,de remettre un peu de sagesse dans cet amical(j'espère! ) débat........... . geek
Mais toutes ces réflexions ne me disent pas si j'aurai le plaisir de croiser certains lors de ces rencontres. Il est pourtant agréable de mettre un visage sur un nom!
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Olivier



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MessageSujet: Re: Rencontres de l'Equitation de tradition française   Mer 27 Aoû 2014 - 18:38

Surprised Pour ma part, j'ai eu l'impression que la discussion était raisonnée et amicale jusqu'à présent.

Bien que j'ai des doutes sur ce qu'il peut sortir de telles rencontres, si cela s'était passé près de chez moi, j'y aurais peut-être fait un tour par curiosité. Mais ce n'est pas le cas et la question ne se pose donc pas pour moi.

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MessageSujet: Re: Rencontres de l'Equitation de tradition française   Jeu 28 Aoû 2014 - 10:29

Olivier a écrit:
Il ne s'agit pas d'avoir tort ou raison

C’est ce que j’ai voulu dire, maladroitement semble-t-il.

Olivier a écrit:
Quant à faire un habile mélange des deux écoles, encore faut-il en être capable, c'est-à-dire maîtriser les deux écoles et savoir choisir les bons instruments pour répondre à des situations particulières. Je ne suis pas certain que beaucoup de cavaliers en soient capables.

C’est bien de cet exercice là dont il s’agit, comme la bien résumé Zabot.

Je n’y serais pas Yves. Et cet échange est, je te le confirme, tout à fait amical. Very Happy
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MessageSujet: Re: Rencontres de l'Equitation de tradition française   Mer 29 Oct 2014 - 11:01

Ce n'est pas parce que je n'y étais pas que je ne m'y suis pas intéressée Very Happy

Je vous livre ci-dessous, le texte de l'intervention (remarquée) de Pierre BEAUPERE, en parfaite adéquation avec mon sentiment équestre et mille fois mieux exprimé que je ne saurais jamais le faire.

Voici une vision du cheval, de l'équitation et de ses pratiquants qui me redonne de l'espoir et attise ma passion.

Pierre BEAUPERE a écrit:
Avant de commencer je souhaite remercier Monsieur Maurel ainsi que les organisateurs du colloque pour leur invitation mais aussi avoir une pensée pour Monsieur Luc Pirick qui n’a pas pu être présent aujourd’hui pour des soucis de santé et qu’on m’a demandé de remplacer.

Je voudrais aussi très vite rappeler mon parcours, non seulement parce que je n’aurais pas la prétention de penser que quelqu’un puisse me connaître ici et aussi parce que j’ai eu des influences très diverses qui sont importantes pour la suite.

J’ai d’abord obtenu un diplôme universitaire en Belgique en éthologie équine, et parallèlement à mes études j’ai été formé par Elisabeth de Waslche, qui fût une élève du Maître Nuno Oliveira durant 17 ans.

Durant cette période, j’ai aussi effectué plusieurs stages chez Michel Henriquet.

J’ai ensuite vécu et travaillé durant deux ans et demi au Portugal chez des cavaliers qui avaient pratiqué autant la tauromachie que des concours de dressage et de doma-vaquera avec des chevaux lusitaniens, espagnols et allemands.

Durant cette période, j’ai suivi des stages avec l’entraîneur allemand Rick Klaassen.

Pour terminer ma formation à l’étranger, j’ai vécu et travaillé durant un an en Suède, chez le cavalier olympique Jan Brink, qui à l’époque était 5e de la Coupe du Monde, pour y découvrir l’aspect plus moderne.

Je suis ensuite rentré en Belgique pour m’installer comme cavalier professionnel et professeur de dressage.

J’ai donné de nombreux stages de dressage en Suède et j’en donne très régulièrement en Belgique, en France et en Allemagne.

Ce qui me semble important ici c’est que dès le début de ma formation, j’ai essayé d’avoir le plus d’influences possibles et l’éventail le plus complet de toutes les formes de dressage.

Je pense que le fait de ne pas avoir été formé en France et d’enseigner dans différents pays, me donne une certain liberté pour analyser l’équitation de tradition française avec un certain recul, sans être oppressé par le poids de la tradition qui peut peser sur beaucoup d’entraîneurs et de cavaliers français, dont on n’attend qu’il fasse honneur à leur passé.

Alors que si c’est moi qui dit trop de bêtises, vous n’aurez qu’à dire que c’est parce que je suis belge et que je n’y connais rien…

Et en réalité, le fait de ne pas être français est moins insignifiant qu’il n’y paraît. Parce que quand Monsieur Maurel m’a demandé d’intervenir sur ce sujet, passé le premier enthousiasme, j’ai été frappé par le poids qui pesait sur mes épaules. Comme si tous les Maîtres et les Génies équestres comme Baucher, la Guérinière, Oliveira, Steinbrecht et les autres me regardaient de haut en ricanant et en attendant de savoir quelles bêtises j’allais dire…

Et c’est peut-être actuellement un des plus grands problèmes de l’enseignement et de la transmission des principes classiques.

Pourquoi ? Parce que ma première réaction pour préparer mon intervention a été de me précipiter dans mes livres pour vérifier ce qui dans mon enseignement et dans mon équitation était de tradition française et vérifier si je collais bien aux principes des grands auteurs.

Et en prenant un peu de recul, j’ai réalisé que le problème était peut-être là. En effet, j’ai pris conscience que ce n’était pas normal d’avoir peur de faire des erreurs alors que j’allais parler de ma passion (ce qui était le plus important), de mon métier, et alors que j’avais toujours fait ce qui me semblait le mieux pour les chevaux, en ayant commis certainement énormément d’erreurs.

J’ai aussi compris que je n’étais ni invité pour parler de cession de mâchoire, ni d’histoire, ni même de méthode de travail, ce que beaucoup d’autres feraient bien mieux que moi.

D’autre part, le fait d’avoir des influences venant de plusieurs pays rendait l’analyse de ce que j’enseigne et pratique beaucoup plus compliquée.

Il m’a donc semblé que la première étape, pour préparer cette intervention, devait être d’isoler dans ce que je fais et enseigne ce qui était lié à la tradition française, et donc en tout premier lieu d’en donner ma propre définition, sans me jeter sur internet pour savoir ce qu’il faut en dire pour avoir l’air intelligent…

Et là… J’ai eu un gros souci qui était que j’ai été harcelé par les doutes.

Est-ce que je devais partir de la géographie, en cherchant dans ce que je faisais les influences des auteurs uniquement français ?

Est-ce que c’était une question d’histoire ? Qu’il fallait uniquement reprendre les influences des auteurs que j’avais lus ou de mes professeurs ?

Est-ce que c’était une question de technique, d’une certaine forme de Rassemblé, de cession de mâchoire, de Légèreté ?

Le problème était que chaque question en amenait un nombre incalculable de nouvelles.

La Guérinière, Pluvinel et La Broue avaient des influences italiennes, même s’ils en ont rejeté les principes les plus durs.

Les auteurs militaires du 18e siècle ont rejeté l’équitation de manège de La Guérinière.

Baucher a carrément rejeté tout le monde et a voulu réinventer l’équitation.

Oliveira, dont il est assez admis qu’il a synthétisé les deux écoles a priori antagonistes, était portugais, et on peut se demander s’il aurait été ce qu’il a été sans l’influence de l’équitation portugaise et de la tauromachie.

Puis il y a Steinbrecht, qui se réclame de La Guérinière et démolit Baucher, tous deux pourtant très importants dans l’équitation française. Steinbrecht, qui se réclame de La Guérinière et qui est pourtant considéré comme un auteur majeur de l’équitation classique allemande, qu’on oppose souvent à l’équitation française. Et Steinbrecht qui pose un autre problème dans la mesure où Nuno Oliveira a écrit avoir été très influencé par son livre alors qu’Oliviera est considéré comme un des grands représentants de l’équitation de tradition française !

Ensuite, il fallait me demander où je devais m’arrêter : est-ce que l’influence du Dr Pradier et de d’Orgeix étaient encore considérée comme de l’équitation de tradition française, alors que certains de leurs principes vont parfois à l’encontre d’autres grands auteurs français ?

Bref, j’essayais de comprendre quelle légitimité j’avais de parler d’un tel sujet, et j’étais un peu gêné de ne pas pouvoir définir les trois mots les plus importants de mon intervention d’aujourd’hui…

Et puis d’un coup, tout s’est éclairé et j’ai pu aller me coucher tranquillement, sans plus avoir peur de mon sujet.

Ce qui s’est éclairé, c’est que j’ai trouvé un dénominateur commun à tous ces Maîtres et toutes ces influences, pas seulement les Français mais tous ceux qui m’avaient inspiré et plus ou moins influencé, alors qu’ils disaient parfois le contraire l’un de l’autre.

Et ce dénominateur commun était leur respect et leur Amour profond pour le cheval et son dressage et leur recherche permanente de la compréhension du cheval et de sa locomotion.

Et à mon sens l’équitation classique est là. C’est ce qui définissait le mieux à mes yeux ma pratique quotidienne sans pour autant devoir la limiter à des notions de géographies, de doctrine ou d’histoire.

Et c’est ce qui à mon sens englobait le mieux autant Baucher, que la Guérinière, Oliveira, Steinbrecht, Pradier et les autres.

C’est aussi ce qui permettait de se réclamer de leur influence sans être écrasé par le poids des méthodes qu’ils utilisaient et qu’ils avaient défendues avec plus ou moins de force mais aussi de laisser la place à une évolution, à condition qu’elle soit saine et éthique envers les chevaux.

Le problème, dans l’enseignement équestre aujourd’hui, est peut-être le même qu’il y a trois siècles : vouloir à tout prix suivre une méthode, vouloir à tout prix faire rentrer les chevaux dans un moule, que ce soit celui du Bauchérisme, de l’Oliveirisme ou de l’équitation de concours.

Et c’est justement ce qui m’a frappé lorsque j’ai trouvé ma propre définition de l’équitation classique et que j’ai réfléchi à la manière dont elle est vue de l’étranger et dont j’essaye de l’enseigner.

La première chose à laquelle j’ai pensé c’est la séparation très nette entre les cavaliers et les élèves qui connaissent les grands Maîtres pour les avoir lus et qui se réclament de telle ou telle école et ceux qui ne les connaissent absolument pas ou même les rejetent pour d’autres méthodes, qu’elles soient liées à la compétition ou non.

En fait, quel que soit le pays, que ce soit en France, en Belgique, au Portugal, en Suède ou en Allemagne, soit les cavaliers se désintéressent de l’équitation de tradition française, que ce soit par manque de culture ou parce qu’ils ne s’y intéressent pas, soit au contraire ils viennent vers moi avec des attentes énormes liées à leur conception, à ce qu’ils ont lu et entendu de Baucher, d’Oliveira, de d’Orgeix ou d’autres auteurs.

Et là aussi j’ai trouvé un dénominateur commun à toutes ces attitudes, qu’il m’a fallu « vaincre » en quelque sorte, pour pouvoir enseigner comme je le voulais : c’est le sectarisme, et le dogme.

Vous parlez de dressage à un cavalier de CSO et il est persuadé qu’il va s’ennuyer à tourner en rond.

Vous parlez de Baucher à un cavalier qui en a vaguement entendu parlé et il est persuadé que vous allez lui demander de donner des coups dans la bouche de son cheval et qu’il va le monter le dos creux.

Vous parlez de Baucher à un cavalier qui va sur les forums et il aura peur d’être catégorisé par les autres membres du forum et attaqué pour avoir prononcé son nom ou au contraire parce qu’il sort son cheval en concours.

Vous parlez de Baucher à un cavalier de concours et il est persuadé que vous êtes un rigolo et qu’il ne gagnera jamais de points sur les carrés.

Vous en parlez à un amateur de Pradier et il hurlera à l’hérésie en disant que vous allez démolir le dos de son cheval.

Vous en parlez à un cavalier allemand et… il vous regarde avec des grands yeux car il n’en a sans doute jamais entendu parler !

Et pire encore, si vous en parlez à un cavalier adepte de la « méthode » de Baucher, vous avez la sensation qu’il vous regarde immédiatement d’un air suspicieux, comme un religieux intégriste qui attend juste le moment où vous allez vous éloigner du texte sacré pour crier au blasphème et à l’hérésie.

Bien sûr il ne s’agit pas que de Baucher et, dans le dressage, on peut l’appliquer à n’importe quel Maître, n’importe quelle méthode, même quand on parle de l’échelle d’entraînement allemande, de bride, d’éperons ou de travail en liberté.

Et si on regarde l’histoire de l’équitation, on constate qu’elle est parsemée de ces luttes entre les méthodes et les conceptions.

Et je pense qu’aujourd’hui nous sommes arrivés à un paroxisme de ces réactions, non seulement à cause du nombre incalculable de méthodes, de manières de construire la relation avec le cheval mais aussi à cause des abus dont nous sommes trop souvent témoins de la part des cavaliers de haut niveau.

Je tire deux conclusions de ce que je constate chaque jour : d’abord que les grands Maîtres payent sans doute aujourd’hui comme hier leur volonté de se considérer comme les seuls à détenir la vérité.

Je ne sais pas si c’est une question d’ego ou une volonté passionnée de convaincre du bienfondé de ce qu’ils avaient trouvé.

Je crois surtout que c’est profondément humain que d’avoir besoin de tout catégoriser, de placer les gens et les idées dans des tiroirs pour mieux les opposer les uns aux autres.

Et je pense surtout que ce besoin de faire des catégories, de rejeter telle ou telle équitation, d’opposer les hommes et les idées, le dressage et le CSO, l’équitation classique et de concours, ce besoin d’opposer les écoles, est une immense perte pour l’équitation.

Nous avons aujourd’hui une chance inouïe d’avoir à notre disposition une somme d’ouvrages, de films, d’expérience de tous ces Maîtres qui est phénoménale.

Nous avons accès en quelques clics aux ouvrages des Maîtres de tous les pays, traduits dans toutes les langues. Nous avons une facilité de partager nos expériences via la technologie, nous avons des outils technologiques et scientifiques qui nous permettent de mieux comprendre les chevaux tels que personne et certainement pas les Maîtres n’auraient jamais pu les rêver.

Et pourtant il n’en ressort que des dogmes, des luttes de chapelles, du sectarisme et, à mes yeux, beaucoup d’intolérance.

Nous avons la chance de pouvoir mieux comprendre les chevaux, que ce soit leur locomotion ou leur comportement, grâce à la science mais aussi grâce aux Maîtres américains. Et pourtant la plupart des cavaliers ne sont intéressés que par le fait de savoir si vous faites du Baucher, du Pradier, du Oliveira ou du concours, si vous êtes bien dans la tradition équestre française et si vous en suivez ou non les principes à la lettre.

Personnellement, je trouve cela terriblement triste, terriblement indigne de la beauté de ce que les humains sont capables de faire.

Et pire encore, je trouve cela irrespectueux pour les chevaux dont le bien-être devrait être notre seule et unique préoccupation.

Je pense aussi que c’est là l’échec actuel de la communication quant à l’équitation classique ou de tradition française.

Je pense que l’urgence est de faire comprendre aux cavaliers qu’il y a dans l’équitation classique tous les outils qui leur permettront de dresser leur cheval dans la délicatesse et le respect de son physique et de son mental.

Quelle que soit la méthode, le nom ou la nationalité de celui qui l’a inventée, nous devons leur montrer à quel point cette équitation est belle, respectueuse des chevaux, vivante, libre et qu’elle leur donnera des sensations merveilleuses.

A mes yeux, nous devons leur apprendre à se moquer s’ils font du Baucher, du Pradier, du Oliveira, du Henriquet, du Heuschmann, du Karl, du Parelli ou du machin chose, du moment qu’ils respectent le cheval, son mental, son équilibre et sa locomotion.

Nous devons leur montrer que les défenseurs de cette belle équitation sont des gens ouverts, doux, délicats, prêts à se remettre en question et pas des intégristes dignes des pires heures de l’Inquisition.

Je pense que nous devons montrer à tous ceux qui utilisent des méthodes barbares pour gagner des médailles qu’on s’amuse beaucoup plus chez nous que chez eux, pour leur donner envie de nous rejoindre, au lieu de les attaquer en permanence, ce qui ne fera que les amener à se replier encore plus sur eux-mêmes.

Sans aucune prétention de ma part, j’ai pu convaincre au moins 80% de mes cavaliers de compétition uniquement intéressés par la performance de l’intérêt de la douceur, pas en les critiquant mais uniquement en leur montrant que des principes mis en place au 18e siècle fonctionnaient vraiment et en leur laissant découvrir le goût du plaisir et de l’harmonie.

Et puisque la question était au départ de savoir comment j’enseigne l’équitation de tradition française en tant qu’étranger, je dirais que je ne prétends pas l’enseigner.

J’essaye d’enseigner à mes élèves le respect du cheval, de son mental, de son corps et de ses souffrances.

J’essaye de leur apprendre à être plus fins et délicats.

Je ne rejette aucune méthode, aucune forme d’équitation, et je les incite à s’intéresser à tout.

J’utilise du Baucher quand cela me semble intéressant pour le cheval, j’utilise ce qui m’intéresse dans l’équitation classique allemande quand cela me semble nécessaire et personnellement j’ai appris énormément en montant des chevaux de Doma Vaquera.

Je ne dis pas à mes élèves s’ils font du Baucher ou du Henriquet ou du Parelli, sauf pour replacer une explication dans son contexte, je leur dis juste de s’adapter à leur cheval, je leur dis que dans telles situations l’idéal me semble d’utiliser cette technique-là plutôt que celle-là.

Je ne dis pas à mes cavaliers de concours qu’ils sont des brutes, je leur montre qu’ils peuvent gagner des points en ayant les chevaux légers et des mâchoires qui cèdent. Et que c’est ça le plus important.

Et au final, j’essaye juste de leur enseigner une équitation que je trouve belle, fine et élégante, basée sur des principes qui me semblent respectueux des chevaux

Et j’avoue que j’éprouve une grande fierté lorsque je vois mes cavaliers, qu’ils soient professionnels ou non, jeunes ou non, très avancés ou débutants, intégrer les principes classiques comme la cession de mâchoire dans leur pratique quotidienne.

Je suis fier de les voir se soucier du mental de leur cheval et surtout je suis fier de les voir ouverts d’esprit et souriants lorsqu’ils se mettent en selle.

Je crois vraiment que l’important est de laisser les cavaliers intégrer les principes des Grands Maîtres et de les laisser les interpréter, de les laisser jouer avec ces idées.

Je crois qu’une des clés pour rendre l’équitation classique et de tradition française attirante est de la libérer des dogmes et du poids écrasant de la tradition.

La libérer des obligations de suivre des principes à la lettre, en la laissant continuer à évoluer comme elle le fait depuis 2000 ans. Sans quoi je suis persuadé que ni La Guérinière, ni Baucher ni Oliveira n’auraient pu apporter autant au dressage…

Et pour terminer, je voudrais dire que je pense que le dressage des chevaux, dans le monde actuel, est quelque chose qui peut sembler très futile et inutile.

Mais je pense aussi que c’est un formidable moyen pour transmettre certaines valeurs comme le respect, la tolérance, la Beauté et l’Amour et une valeur qu’on a vraiment perdue aujourd’hui : la compassion.

Et je pense que le plus important est de ne pas oublier qu’il faut éviter à tout prix d’écraser nos élèves, nos lecteurs, et nos chevaux sous le poids de la tradition.

Et de tenter, par l’intermédiaire du dressage, d’aider les humains à devenir plus sages et les chevaux plus heureux.

Et je suis convaincu que si les Maîtres nous regardent de là-haut, c’est ce qu’ils auraient voulu que nous fassions de leur héritage.

Merci.

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zabot29

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MessageSujet: Re: Rencontres de l'Equitation de tradition française   Mer 29 Oct 2014 - 12:12

ah oui, je l'ai lue aussi , et je l'ai trouvé très belle et très juste également ..
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Olivier



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MessageSujet: Re: Rencontres de l'Equitation de tradition française   Mer 29 Oct 2014 - 12:57

Mais pourquoi n'est-ce pas cette intervention de Pierre Beaupère qui est mise en avant sur AI ?
Son contenu (forme et fond) est quand même nettement plus riche et porteur d'espoirs que tout ce que j'ai pu lire par ailleurs.
Bien sûr, elle sort largement du cadre (trop étroit à mon goût) de cette notion vague d'équitation de tradition française, mais quel beau plaidoyer pour une équitation respectueuse !

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yveskatz

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MessageSujet: Re: Rencontres de l'Equitation de tradition française   Mer 29 Oct 2014 - 13:27

Beau plaidoyer, énoncé sous une forme, un ton qui le rendirent facilement appréciable et qui déclencha les rires de l'audience. Rire nécessaire après une intervention du représentant fédéral, à plus de 100 lieues de la réalité du terrain. Comme le fut le deuxième jour l'intervention de Pascal Marry , autre représentant fédéral, qui y mis autant de mauvaise foi que de mépris pour tout ce qui n'est pas fédéral............. geek
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Maryan

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MessageSujet: Re: Rencontres de l'Equitation de tradition française   Mer 29 Oct 2014 - 14:23

Mais que devons-nous faire pour « renverser la fédé » ? J’aimerais tant avoir une belle fédé représentant mon activité et dont je sois fière  Crying or Very sad
Yves, je te verrais bien Président  cheers

La seule réponse que j’ai trouvé pour l’instant à mon niveau est de ne plus adhérer et ce depuis plusieurs années. C’est une révolte passive mais je n’ai pas trouvé d’autre moyen. Ils n’en n’ont rien à faire de nous, avec 700 000 licenciés et en étant la 3ème fédé la plus importante en France, ils ne sont pas près de sentir le vent tourner. En attendant, pas question que je leur file un seul centime pour cautionner leurs activités et leurs dirigeants.

« Le cheval, c’est génial », pfffff…. Quelle misère, quelle tristesse, quel slogan bêtifiant et dramatique Evil or Very Mad Manque plus qu’un partenariat avec kinder surprise et le galop 1 offert pour toute souscription avant Noël  lol!

Ils ont le monopole de « l’enseignement » et lorsqu’on voit ce que ça produit, c’est scandaleux. Tant que le nombre de licenciés ne se sera pas effondré et que des voies parallèles et concurrentielles d’enseignement ne se développeront pas, j’ai peur qu’ils restent sourds, aveugles et indéboulonnables.

A l’heure européenne, n’est-ce pas dans cette direction plus élargie, moderne et tolérante, telle que la décrit Pierre BEAUPERE, que nous devrions tous regarder ?

D'autre part, je trouve assez étrange cette inscription « identitaire » de l’équitation classique de tradition française au patrimoine de l’Unesco. Ça semble un peu la mode de figurer au patrimoine de l’Unesco et au final, je me demande alors quel est l’intérêt réel à part celui de décrocher des financements ?
J’ai peut-être aussi mal compris cet enjeu, Yves, tu pourrais éclairer ma lanterne ?
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yveskatz

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MessageSujet: Re: Rencontres de l'Equitation de tradition française   Mer 29 Oct 2014 - 15:17

Ne plus adhérer à la FFE, c'est comme s'abstenir de voter(pour ceux qui ont le droit de vote) Cela permet la politique actuelle que bon nombre dénoncent.
Il me semble important au contraire de faire partie de cette FFE et de convaincre tous les électeurs de ce qu'ils ont à gagner à un renouvellement de l'équipe fédérale:
1/redistribution des sommes engrangées au lieu d'enrichir les vues foncières et immobilières d'un président tout puissant
2/ mise en place d'appui technique (recrutement de CTR)
3/ élargir l'offre des clubs  et ne pas s'en tenir à un seul modèle celui du poney club
4/ revoir totalement la formation afin d'avoir des gens plus compétents en techniques, en pédagogie,  en esprit d'écoute. Proposer une  formation qui débouche sur l'autonomie et invite au plaisir donc à la fidélisation.Et qui offre un vrai plan de carrière aux enseignants!
5/ faire une évaluation sérieuse des clubs, pour proposer un guide des clubs à l'image du club Michelin avec mise en avant des spécialités de chacun.
6/ Revoir la compétition pour qu'elle soit un creuset où se remarqueront les potentiels de demain, qui pourront alors être pris en charge par la FFE.
7/ Redonner à l'ENE sa place et son rôle d'ECOLE d'où doivent être issus tous les cadres techniques fédéraux. 5donc remise en question de son fonctionnement actuel);etc..........etc.....
Chacun apportant sa pierre à cet édifice en construction que doit être la nouvelle fédération.

Personnellement, c'est pour être peut être le fil directeur de cette démarche que je m'intéresse à ces rencontres. En définissant ce que peut être cette équitation d tradition française, nourrie de son passé, à l'écoute du présent pour préparer son demain, on aura une base technique qui permettra de mettre sur pied un organigramme qui  donnera à l'équitation toute sa valeur, sur le plan social, thérapeutique, des loisirs , sportif, sentimental,.................Ce devra être la trame de toutes les actions que devra mettre en place une nouvelle politique fédérale.Car cette équitation par les principes qu'elle véhicule est à la portée de tout un chacun et est source (tu le sais bien pour le vivre journellement) de joie, de "chaud dans le coeur", de plaisirs équestres.
Je ne suis pas sûr qu'il y ait un financement important de l'Unesco suite à cette inscription.(ou alors c'est que je suis resté un grand naïf)................ geek
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