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 Peur ! certes mais de quoi?

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fraxinus



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MessageSujet: Peur ! certes mais de quoi?   Lun 2 Jan 2012 - 16:39

affraid Peur!  affraid

Voilà une émotion communes aux chevaux et aux cavaliers à laquelle les enseignants ont dû être souvent confrontés. C'est même l'une des raisons d'abandon de l'équitation. pale
Juliette avait tenté de lancer la discussion sur ce sujet, et d'autres remarques sur différents posts me poussent à croire que je ne serais peut-être pas la seule à m'y intéresser.  Rolling Eyes
Peur, tous les cavaliers la connaissent quel que soit leur niveau; je me demande si les raisons de la peur varient et surtout de quoi avons nous peur au delà de celle de se faire mal.  Question
Enseignants avez vous pu identifier ces raisons Question et comment procédez vous lorsqu'un de vos élèves à peur? Question


Dernière édition par fraxinus le Sam 28 Sep 2013 - 19:02, édité 1 fois
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yveskatz

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MessageSujet: Re: Peur ! certes mais de quoi?   Lun 2 Jan 2012 - 17:22

J'ai déjà eu l'occasion de donner mon point de vue( j'en parle encore dans un article publié ce mois ci dans la revue en ligne Cheval savoir)-
A mon sens, la première raison de cette peur qui angoisse certains cavaliers débutants tient à la peur de l'inconnu, à la méconnaissance qu'ils ont de leur partenaire. L'origine en est une approche peu pédagogique du cavalier débutant auquel on parle équitation avant de parler cheval.
Peur de ne pas être à la hauteur des évènements, peur de ne pouvoir maîtriser son environnement, peur du fait de ne pas comprendre l'autre..... tout ceci entraînant un sentiment d'insécurité , néfaste à une bonne pratique , d'autant plus que le cheval ressent et exprime très bien les sentiments de son cavalier..........
Comment y remédier: faire vivre le cheval à côté du débutant, inviter le cavalier à être à l'écoute de son cheval.Un exemple: sur un autre post( le mors) , Muriel évoque le cas d'un cheval qu'elle ne peut pas retenir si elle n'agit pas dans les 3 premières foulées... chez un débutant, il est compréhensible que cela occasionne un réflexe de peur... Par contre, si le cavalier est éduqué à être à l'écoute de son cheval, il va pourvoir le sentir se contracter et se préparer à une fuite vers l'avant..Et il aura le temps d'intervenir avant que la défense n'apparaisse.. d'où sécurité et confiance...........
Bien sûr, cela demande un apprentissage, long et rigoureux. Mais, en étant soi même à l'écoute de son élève(qu'il soit humain ou équin) on saura quand avancer ou s'il faut passer plus de temps sur le sujet étudié............... geek
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mawawa



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MessageSujet: Re: Peur ! certes mais de quoi?   Lun 2 Jan 2012 - 17:23

en tant qu'élève et aujourd'hui cavalière qui se débrouille toute seule comme elle peut, je dirais que j'ai :

1/ peur de me faire mal. c'est une peur instinctive. je n'ai pourtant jamais fait de chute grave. j'ai même investi dans un gilet (le RXR, qui est très bien soit dit en passant, car on l'oublie quand on le porte, je craignais de ne jamais le mettre à cause de la gêne). cette peur parait très difficile à contrôler, en tout cas pour ma part....

2/ peur de faire mal (et de mal faire) :
a) en perdant le contrôle de mon cheval
b) en adoptant des attitudes, des réactions, un matériel inconfortable voir douloureux pour le cheval à court moyen et long terme
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fraxinus



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MessageSujet: Re: Peur ! certes mais de quoi?   Mar 3 Jan 2012 - 16:58

Le sujet a déjà été abordé mais les discussion se sont rapidement éteintes. Malgré toute la compréhension des enseignants à l'égard de la peur cette émotion est souvent accompagné d'un sentiment de honte et abordé avec pudeur.
Vos 2 interventions sont très intéressantes et révélatrices. D'une part l'enseignant qui connait son métier et ses élèves et qui sait que seule la connaissance approfondie du cheval à tout point de vue et la pratique assidue, à long terme de l'équitation peut atténuer et faire disparaître cette émotion. D'autre part Mawawa qui se pose en élève et expose très clairement un sujet qu'elle connait et qu'elle a tenté d'analyser. Votre style d'écriture illustre bien toute la distance qui peut exister entre l'élève et le maître. Ceci n'est nullement une critique mais une simple constatation. L'enseignant est dans l'analyse objective et distanciée du phénomène. (comme pour votre article que j'ignorais au moment de l'ouverture de ce sujet, en bonne feignante j'attends les mail de « chevalsavoir » pour prendre connaissance des nouveaux articles). L'élève X est dans le vécu éprouvant et angoissant et savoir que ces angoisses disparaitront au fur et à mesure de ces progrès le soulage mais ne l'aide pas au moment critique, je pense surtout aux enfants qui ont du mal à ne pas se laisser submerger par leurs émotions et donc à se remémorer et mettre en pratique les conseils donnés. No

Mawawa nous donne une idée des sortes de peur auxquels sont confrontés les pratiquants solitaires. La catégorie 2), peur de faire mal et de mal faire, peut être résolue par la connaissance du cheval et de l'équitation grâce à l'enseignant. Mais la peur 1) la peur instinctive, viscérale, primaire et animale qui revient quand notre cerveau reptilien prend le dessus, la « peur de mourir » m'a dit un jour une petite cavalière de 10ans, celle-là est vraiment difficile à maîtriser. pale

Voici quelques réflexions sur le sujet que j'ai glané sur ce forum.

Citation :
Cela m'évoque immanquablement la suite de ton récit: "ne jamais montrer au cheval qu'on a peur". Eh oui, autant sur des chevaux équilibrés et bien dans leur tête, on se sent bien aussi; autant sur ces chevaux malheureux ou névrosés, on monte souvent la peur au ventre et dans un état d'esprit conflictuel (lui "rentrer dedans", lui montrer qu'on n'a pas peur, qu'on est le chef, etc.).
Je ne vois pas l'intérêt d'affirmer ainsi sa domination sur de pauvres bêtes névrosées qui ne demandent qu'à se défouler dans un pré...
Citation :
Un ami instructeur m'a raconté comment un écuyer l'avait eng****** parce qu'il avait faillit tomber lors d'un écart de son cheval pendant la détente pour son examen...hummm, ça l'avait mise à l'aise, vous pensez bien !
Leur connaissance des émotions humaines se résumerait à "il ne faut pas montrer au cheval qu'on a peur" (citation de l'instructeur de mon centre de formation au monitorat).

Citation :
Evidemment, il aurait fallut rassurer ce cheval, et dans nos réflexes de peur, se contenter de la pince des cuisses (sans les mollets) pour éviter la chute, sans se raccrocher aux rênes et en se relâchant intérieurement...La jument de jeudi matin s'est arrêtée toute seule après son départ canon (le tout en 3 foulées). Développer ce genre de réflexes de survie spécial "cavalier" m'a demandé de travailler intérieurement sur la Peur (et après tous les accidents plus ou moins graves que j'ai subit personnellement, je peux vous dire que je suis une sacrée trouillarde !). C'est plus facile à dire qu'à faire, hein ! Mais c'est possible...
Citation :
Si l'on prenait avant tout la peine d'expliquer aux débutants (et moins débutants) ce qu'est le cheval (dans son caractère, son mode de vie, sa locomotion.............), ils connaitraient mieux l'être cheval et n'aurait aucune raison d'éprouver de la peur.....Car effectivement, ignorance et peur vont de pair.

Les enseignants d'aujourd'hui reconnaissent la peur et n'hésitent pas a en parler. Ce qui est un grand progrès par rapport à autrefois et un bon moyen d'établir la communication avec les élèves clients. Parler d'un sujet aussi intime car souvent honteux et culpabilisant permet de nouer une relation plus personnelle entre enseignant et élève et rassure l'élève sur la capacité d'écoute de son enseignant et d'établir un dialogue sur les attentes des uns et des autres. Car les peurs sont multiples et en faire le tour permet une meilleure connaissance du cavalier ce qui n'est pas négligeable dans un métier qui doit mettre en adéquation deux êtres si différents: un cheval et un humain. alien
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mawawa



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MessageSujet: Re: Peur ! certes mais de quoi?   Mar 3 Jan 2012 - 17:35

j'ai l'impression que la confiance dans l'enseignant permet de dénouer un peu le ventre de l'élève. l'enseignant est important. je me sens pas ex plus en confiance quand je monte devant quelqu'un pour me donner des conseils.

par contre, la connaissance du cheval (et donc de ses réactions parfois violentes) n'éloigne pas tant que ça la peur. ou alors ce n'est + la même peur que celle du débutant. c'est d'ailleurs une peur que j'ai acquise avec l'âge alors que je connais mieux les chevaux qu'avant. par ex, j'étais capable de faire la course avec une copine à cheval quand j'étais ado. aujourd'hui je refuse de galoper à deux de front par peur de me faire embarquer, de ne plus maitriser, par peur de l'accident. peur viscérale. et pourtant je n'ai pas l'impression d'être trouillarde. juste de tout mettre en oeuvre pour éviter les chutes....

enfin la peur de faire mal et mal faire, je ne sais pas si elle est si facile que celà à attenuer (mais elle est moins viscérale que l'autre peur) car les méthodes équestres sont si variées, sans parfois justifier les choix faits.... du coup il est difficile de distinguer le faux du vrai (y'a t il un faux et un vrai d'ailleurs), le + confortable du moins confortable (les chevaux ne peuvent pas nous parler), etc. par ex, les modifications des filets ces dernières années montrent que certains se penchent sur le confort du cheval aujourd'hui. et pourtant, il y a 1 siècle, les cavaliers n'étaient pas moins compétents au contraire (démocratisation oblige).
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fraxinus



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MessageSujet: Re: Peur ! certes mais de quoi?   Mer 4 Jan 2012 - 16:36

Puisque nous sommes entre nous, moi aussi j'ai des aveux à vous faire;
Citation :
par contre, la connaissance du cheval (et donc de ses réactions parfois violentes) n'éloigne pas tant que ça la peur. ou alors ce n'est + la même peur que celle du débutant. c'est d'ailleurs une peur que j'ai acquise avec l'âge alors que je connais mieux les chevaux qu'avant. par ex, j'étais capable de faire la course avec une copine à cheval quand j'étais ado. aujourd'hui je refuse de galoper à deux de front par peur de me faire embarquer, de ne plus maitriser, par peur de l'accident. peur viscérale. et pourtant je n'ai pas l'impression d'être trouillarde. juste de tout mettre en oeuvre pour éviter les chutes....

C'est peut-être parce qu'on a plus conscience du danger de certaines situations, la connaissance et l'âge et l'expérience entraîne la prudence. Mon instructeur disait que les femmes qui avaient pouliner pardon enfanter étaient plus craintives sur les barres. Je plaisante, mais c'est ce qu'il avait constaté en général, les règles comportant toujours leur lot d'exception même célèbres.

Citation :
enfin la peur de faire mal et mal faire, je ne sais pas si elle est si facile que celà à attenuer (mais elle est moins viscérale que l'autre peur) car les méthodes équestres sont si variées, sans parfois justifier les choix faits.... du coup il est difficile de distinguer le faux du vrai (y'a t il un faux et un vrai d'ailleurs), le + confortable du moins confortable (les chevaux ne peuvent pas nous parler), etc. par ex, les modifications des filets ces dernières années montrent que certains se penchent sur le confort du cheval aujourd'hui. et pourtant, il y a 1 siècle, les cavaliers n'étaient pas moins compétents au contraire (démocratisation oblige).

Celle-là aussi est une vieille compagne. Lorsqu'il fallait remettre au travail un cheval qui avait été arr^ter de 1 à 6 mois en boxe pour blessures diverses et variées et autres complications , les premières sorties de boxe se font en main et « l'animal » ,tout à sa joie de revoir le jour, est souvent oublieux de tout ce qui n'est pas son envie de se défouler alors qu'il est sensé rester gentiment au pas pour se ménager. C'est incroyable ce qu'on peut se sentir minuscule et insignifiante dans certaines situations, surtout quand « sa majesté » ne se prive pas de dire: « lâche-moi, larve, ou je ne réponds plus de rien » et que l'on sait pertinemment que si on lâche on sera bonne à recommencer à soigner.
J'en étais arrivée au point d'en cauchemarder tant l'un d'eux avait réussi à m'effrayer.

Pour les méthodes et matériel j'ai tendance à faire plus confiance au cheval , mais il est vrai qu'ils ne sont pas tous dotés de bon sens et que la variété de ce qui s'offre à nous aujourd'hui est parfois déconcertante.

Citation :
j'ai l'impression que la confiance dans l'enseignant permet de dénouer un peu le ventre de l'élève. l'enseignant est important. je me sens pas ex plus en confiance quand je monte devant quelqu'un pour me donner des conseils.

À condition que la confiance soit là. Car qui croire le cheval ou l'humain?
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Muriel Le Mestric

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MessageSujet: Re: Peur ! certes mais de quoi?   Jeu 5 Jan 2012 - 17:23

poste intéressant...j'en avais posté un il y a qq temps, mais dans la partie du forum réservée aux enseignants.
Je développerais certaines peurs déjà citées, et en rajouterais une ou deux...


Dans la catégorie des peurs de faire mal :

On craint que le cheval se fâche et devienne violent (on revient à la peur de l'accident). C'est assez courant chez les débutants qui ne connaissent pas très bien les chevaux.

On craint de perdre l'amitié du cheval.
La "peur du rejet" est une autre peur viscéralement ancrée dans notre petite enfance : à cet âge, être rejeté, abandonné est synonyme de mort. Donc la "peur du rejet" peut être chez certaines personnes une terreur viscérale (à divers degré)...même à l'âge adulte, et même avec un simple cheval.





Les peurs de mal faire sont très diverses :

Celà vient de notre société qui voue un véritable culte au résultat, et ce dès le plus jeune âge : certains enfants subissent une forte pression pour "avoir de bonnes notes à l'école". On peut revenir là aussi à la "peur du rejet" en cas d'échec.

J'ai eu le cas d'une petite fille (7 ans) qui fond en larme à l'annonce d'un nouvel exercice : passer par dessus une barre au pas (ce qu'elle venait de faire plusieurs fois les yeux fermés, sans la moindre crainte) en disant quel sabot est passé en premier par dessus (en sentant dans l'assiette). En parlant avec elle, elle finit par m'avouer qu'elle a peur de ne pas réussir.
Je lui explique que l'école des poneys n'est pas comme l'école des enfants : pas de notes (ce poney club ne faisait pas passer de Galops), pas de punition si on fait mal, etc...Je lui ai expliqué qu'on avait le droit de se tromper et de ne pas réussir du premier coup. Et même si on ne réussit pas du tout, c'est pas grave, le principal est d'être avec les poneys et de les aimer...
Rassurée sur l'absence d'attente de résultat de ma part, elle a passé la barre les yeux fermés et m'a annoncé quel sabot est passé en premier, sans se tromper !
Ce qui m'a le plus surprise à ce soir là, c'est qu'en rentrant les poneys au pré, tous les cavaliers ont commenté cela : "c'est chouette de pouvoir se tromper" "en plus, c'est vrai qu'on a jamais de devoir et de note", "'l'école des poneys, c'est vraiment pas pareil qu'à notre école à nous, et pas seulement parce qu'il y a Princesse". En fait, tout le groupe en a été profondément rassuré : j'ai compris ce soir là, que cette peur est bcp plus répandue qu'on ne le croit, même si les cavaliers n'en parlent pas.

J'ai connu un cas encore plus compliqué : une fille (11 ans) monte aux Jardins d'Akita où je me suis formée à une forme d'équitation basée sur les émotions. Cette jeune cavalière est incapable de prendre une décision.
Mon enseignante (qui est aussi la sienne) me racontait qu'un jour, elle lui avait donné comme consigne de "faire une volte quand elle voudra", et la cavalière est restée 20 minutes à marcher sur la piste, incapable de se décider à quelle lettre faire sa volte (il est difficile pour l'enseignant de rester patienter sans agacement et sans prendre de décision à sa place).
Un jour j'ai eu cette fillette comme élève. Je lui demande ce qu'elle veut faire "je ne sais pas, peu m'importe, c'est vous qui décidez", je lui demande qui elle veut monter et j'obtiens exactement la même réponse. Nous partons en balade : j'ai mon idée sur l'exercice de la balade. A un moment, nous devons mettre pied à terre pour franchir un passage difficile. Une fois cette difficulté franchie, je lui annonce "c'est toi qui décide quand nous remontons sur les chevaux." Son regard fond par terre. Je continue "je resterai à pied avec toi, tant que tu n'auras pas pris cette décision" (je la mets devant sa responsabilité : cette fois, je ne déciderai pas à sa place, comme pour la balade et le cheval à monter) et j'ajoute d'un ton très doux "si on fait toute la balade à pied, c'est pas grave" (pas d'attente de résultat, pas d'échec en cas de "non décision"). Assez rapidement, elle a demandé si on pouvait monter "maintenant"...ce qui fut fait. Pdt cette balade, sur le chemin du retour, le même exercice s'est présenté, et elle a demandé à remonter tout de suite la difficulté franchie. Pour elle, c'était "énorme".




Une variante à la difficulté de mal faire est la peur du regard des autres, lié à la peur d'être jugé (sur nos résultats : on en revient à la peur de l'échec...en public cette fois).
Lorsque du monde vient regarder mes cours, je demande toujours à l'élève (ou les élèves s'il y en a plusieurs) si ça ne les dérange pas...surtout si c'est leur famille (car les parents sont souvent les premiers à pousser au résultat).
Là aussi, j'ai 2 anecdotes.

Il y a plusieurs années, lors d'une saison de "colo poney", j'avais un groupe d'une douzaine de cavaliers présents pour la semaine. La première séance vise à évaluer leur niveau respectif. Je leur demande de faire un tour de trot (vérification du trot enlevé), individuellement (vérification de l'autonomie), tenu s'ils le veulent (vérification des peurs).
Quand vient le tour d'une cavalière, elle pleure et refuse de faire. Je lui propose de tenir son cheval. Nouveau refus. Je descends encore la facilité de l'exercice : un tour au pas (elle venait de marcher 2 ou 3 tours sans pb en reprise). Nouveau refus. Idem pour un tour de pas en la tenant.
Et j'ai l'illumination de lui demander si c'est parce qu'elle ne veut pas que les autres la regardent...je fais mouche ! Je demande donc aux autres cavaliers de fermer les yeux ou de regarder ailleurs : ils ont tous jouer le jeu. Et ma petite timide a très bien fait son tour de trot enlevé.

Une monitrice d'équitation a raconté ce qui lui était arrivé une fois. Une inconnue regarde son cours : elle se met dans un coin, discrètement sans rien dire...La monitrice s'agace de cette spectatrice inattendue : elle sent que cette personne n'aime pas son cour. Elle finit par lui demander d'aller voir ailleurs !
Elle apprend à la fin du cour que cette spectatrice était une femme mal dans sa peau, très timide, etc...et que son comportement "renfrogné" au bord du manège n'était pas de la désapprobation envers son enseignement, mais l'expression de son malêtre intérieur. Vous pensez comme elle fut désolée de sa réaction...




Il me vient une dernière peur, plus particulière : la Peur du Noir !

Fermer les yeux implique une perte de contrôle de l'environnement par cécité : la vue est notre sens principal de perception de ce qui nous entoure.
Si on se déplace, on y ajoute la confiance envers celui qui nous guide et/ou qui nous porte !
Fermer les yeux implique un certain "lâcher-prise" dont certaines personnes sont incapables : accepter de ne pas voir ce qui nous entoure, accepter de s'en remettre un quelqu'un, voire à un animal.
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Aurore-Akab



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MessageSujet: Re: Peur ! certes mais de quoi?   Jeu 5 Jan 2012 - 20:28

aaaah les pétoches... Ca mérite presque une dissertation !

Ce que dit Yves(connaissance du CHEVAL, puis de l'équitation) est le reflet de comment en tant qu' enseignant on peux gérer la peur. Cela peut paraître assez désincarnée comme attitude ; ce que souligne légèrement fraxinus en parlant de "distance" qui transparaît ds le style d'ailleurs à l'égard de l'intervention mawawa. Et pourtant, je peux vous dire que parfois je ressens une peur tangible quand je sens mes cavaliers peu à l'aise ou simplement quand la situation se corse.

Ma dernière anecdote en la matière, je l'ai vécue donc en tant qu'enseignante :

Je fais cours à deux jeunes cavalières et leur unique cheval (oui, c'est un concept nouveau, je pourrais développer).
Mon cheval est héberger chez un particulier dont les filles sont d'anciennes cavalières à moi, je fais cours en échange de l'hébergement d'Akab(dans un camping) où la patûre est belle, où nous avons donc créer un nouveau troupeau : mon cheval, le leur et leur poney. Et à chaque fois qu'on en sors un pour bosser, c'est souvent de longs échanges entre eux dans un premier temps. Sauf que ce jour là, l'ambiance est électrique, les chevaux n'arrêtent pas de s'appeler, c'est à moitié la tempête, nous n'avons qu'une petite carrière, et je dois faire cours avec les filles et Kingfish ...
Au début je me suis demandée si c'était une bonne idée. D'autant que pas besoin de le dire pour comprendre que les pépettes avaient les chocottes... Je suis sûre qu'elles auraient presqu' été soulagées si j'avais annulé !!!

J'aime beaucoup ce cours là, en fait c'est mes premiers cavaliers que je gère sans avoir un patron sur le dos.
Je m'explique : depuis début novembre, nous effectuons une séance par semaine, nous n'avons été en selle que deux fois et toutes les autres séances ont été consacré au travail à pied.
Ca m'a permis ce fameux jour de tempête, d'avoir une séance de travail, certes à pied , mais constructive avec un cheval assez nerveux au début mais franchement connecté à la fin, et des cavalières épatées d'avoir eu le dessus sur la situation d'angoisse qui se présentait à elles.

J'ai eu moi aussi peur du déroulement de la séance, et je n ai pas voulu faire une séance montée, mais les cavalières ont profité de ce travail de mise en confiance PARCE QUE j'ai pu faire les choses à ma façon et comme je le sentais, ce qui même avec des patrons extras n'est toujours aisé !!!
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Muriel Le Mestric

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MessageSujet: Re: Peur ! certes mais de quoi?   Jeu 5 Jan 2012 - 22:29

Certes, la prudence s'oppose à la peur : si on sent qu'une situation risque de dégénérer, on s'adapte en proposant une séance à portée de l'élève, chaque exercice doit toujours rester à sa portée...mais aussi à la notre (quand par exemple, on se sent fatigué ou préoccupé).
Un exercice est à la portée d'une personne, tant physiquement, que techniquement...et émotionnellement puisque c'est le sujet du topic.

La prudence est une forme de peur raisonnée.
Car la peur est inévitable, elle est même bénéfique puisqu'elle nous prévient d'un danger.
Je raconte souvent la même histoire/devinette (surtout aux enfants) pour expliquer à quoi sert la peur :
"tu te promènes dans la jungle et tu vois un tigre qui vient vers toi. Il te fais peur, que fais tu ? Je m'enfuis, je me cache, me met à l'abri. Maintenant, si c'est quelqu'un qui n'a pas peur qui rencontre le tigre, que se passe-t-il ? Il se fait manger".
La peur est donc une émotion aussi importante qu'utile. Il ne faut pas la nier, ou vouloir s'en débarrasser.

Le problème arrive lorsque la peur devient irraisonnée et/ou paralysante (ou qu'elle nous fait perdre nos moyens par exemple, ou tout autre manifestation inadéquate de la peur). On a beau se raisonner, le mental est plus puissant. La peur vient d'une projection à la situation présente que le mental a puisé dans le passé. Ce passé peut être bien sur un évènement semblable s'est déjà produit et vécu personnellement, mais la peur peut survenir même s'il a juste été vu (par exemple, si quelqu'un tombe au galop, les cavaliers suivants peuvent être un peu "refroidis" pour galoper à leur tour), ou même si quelqu'un en a simplement parlé ("attention, le poney va te marcher sur les pieds" : et le petit bout de chou ne voudra plus s'approcher du poney à moins de 5m !).
Ne sous-estimez pas la puissance de ces projections par annonce verbale : bcp de personne ont la phobie des araignées sans jamais avoir été sauvagement attaquée par une arachnéidée, ni même avoir assisté à une telle attaque...mais juste en ayant vu d'autres personnes paniquer à leur vue.
Et la Raison n'y peut souvent pas grand chose lorsque la peur devient irraisonnée : rassurer la personne devient alors vain.

Le processus que je pratique dans ces cas là est assez efficace, mais il suit un certain processus (je l'ai appris aux jardins d'Akita.
Je commence par apprendre à la personne à entrer dans une forme de méditation active (c'est à dire, en ayant une activité en même temps, par exemple, marcher à pied avec le cheval, ou le monter) : la méditation déconnecte le mental. A ce stade, la peur est tjs présente car le cerveau reptilien reste actif pdt la méditation : on en identifie les manifestations physiques à cet instant (rythme cardiaque et respiratoire accéléré, boule au ventre, etc...)
La personne retrouve alors une certaine connexion avec son corps, elle se rend alors compte qu'aucun chien n'attaque le cheval...que le cheval n'est pas en train de partir au galop, ni de se renverser en arrière...qu'il est paisible et détendu...qu'il est immobile...que s'il se gratte, ça ne présente aucun danger pour son cavalier...qu'il est tenu en longe par l'enseignant. Alors seulement, le cerveau reptilien se tranquilise et la peur diminue (voire disparait complètement, mais chez certaines personnes, on n'obtient qu'une petite diminution, progressivement au fil des séances).
Dans ce processus, l'enseignant doit accompagner l'élève dans sa méditation.
Il est aussi possible de le faire seul (j'ai eu à le faire pour moi-même, une seule fois pour l'instant) : ça a bien fonctionné pour moi...mais j'avais déjà une certaine habitude de cet état de méditation active, hors contexte de peur.
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yveskatz

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MessageSujet: Re: Peur ! certes mais de quoi?   Sam 7 Jan 2012 - 9:16

Lutter contre sa peur, c'est aussi être invité à penser, à faire...tout autre chose que ce qui nous contracte...Sur un autre forum, une enseignante parle de l'expérience qu'elle vient d'avoir avec une élève: celle ci , crispée, a accepté de se décontracter, après avoir pris un chaton dans ses mains, tout en restant sur son cheval.plus préoccupée par cet animal dan ses es bras, elle en a oublié le cheval en mouvement et s'est progressivement, inconsciemment, décontractée..........
C'est pour cela que face à une personne anxieuse, il est important de parler, de l'inviter à discuter de tout et de rien...............
Vous allez me répondre que ce n'est pas de l'équitation: mais si, car hors ces conditions psychologiques, l'enseignement passera mal............ Vous me rétorquerez que vous n'êtes pas psychologue: je répondrai que l'enseignant doit être psychologue..... Vous vous excuserez en disant que vous n'avez pas été formé à de telles situations.............je mettrai alors en avant la faiblesse, la médiocrité des formations que l'on propose aujourd'hui........................ geek
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Aurore-Akab



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MessageSujet: Re: Peur ! certes mais de quoi?   Sam 7 Jan 2012 - 15:21

Yves et Muriel vous vous rejoignez, il s'agit bien de déconnecter le mental parasite pour gérer la peur de nos cavaliers. Les exemples que vous présentez sont très intéressant, et d'ailleurs je ne demanderais qu'à les appliquer pour peu qu'on me fournisse un assistant pédagogique (que ce soit un chaton ou un formateur à la méthode de muriel) !

En attendant, il existe des exercices quelque soit le niveau du cavlalier et du cheval, qui ont pour but de mettre en confiance le couple, ou l'un ou l'autre. Il faut les exploiter régulièrement. On parle en formation monitorat des 3 fondamentaux classique s'équilibrer, avancer, tourner. Eh bien, Yves, tu fustiges les formations et tu as bien raison puisque depuis mes débuts sur ce forum je n'ai de cesse de dire qu'elle a été pour moi odieuse, frustrante et incomplète. Pourtant en formation BAP, on vous demande de travailler sur un "fondamental" supplémentaire : mise en confiance !!! Et le BAP est (était pardon) sensé être un dipôme inférieur au BP JEPS... Bref aussi médiocre fusse notre formation, on peut quand quand même évoluer après, s'interroger, chercher. Ca s'appelle peut être l'expérience du terrain ?
Je mentionnerai également les 3 fondamentaux de l'équitation éthologique : Respect, confiance, connexion
Je vois pas comment de toute façon on peut bien faire son métier en se cantonnant à "s'équilibrer, avancer, tourner". La relation homme/cheval n'est pas que technique, finalement celle-ci ne vient que tardivement, quand le cavalier aura mérité de son cheval que celui-ci veuille bien se rendre disponible.

Alors pensez-donc, parler d'inconscient et de méditation, dans un monde où on a une vision dichotomique du corps et de l'esprit, y a du boulot !

Mais oui, la peur peut se maîtriser par les spectres de la méditation, de la décontraction.
Pour ce qui est du dialogue, il me paraît évident, Yves et Muriel vous le mettez en lumière tous les deux. J'invite également les cavaliers qui lisent ce post à faire le premier pas et à parler de leur peur à leur enseignant car nous ne sommes pas infaillibles et passons parfois à côté en motivant nos cavaliers à poursuivre dans l'exercice quand ceux-ci commencent à éprouver une appréhension. Car si l'enseignant est sûr des capacités d'un couple, parfois le cavalier doute.Je n'ai jamais aussi bien gérer quand la peur de mes cavalier quand ils m'en parlent spontanément. Ma réaction a toujours été de confier à mes cavaliers que même les moniteurs avaient peur.

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Aurore-Akab



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MessageSujet: Re: Peur ! certes mais de quoi?   Sam 7 Jan 2012 - 15:23

oups pas pas clair du tout la dernière phrase, l'ai pas relu ...
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Muriel Le Mestric

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MessageSujet: Re: Peur ! certes mais de quoi?   Sam 7 Jan 2012 - 17:49

Aurore-Akab a écrit:
je ne demanderais qu'à les appliquer pour peu qu'on me fournisse un assistant pédagogique (que ce soit un chaton ou un formateur à la méthode de muriel) !

www.jardins-akita.fr/



Aurore-Akab a écrit:
Alors pensez-donc, parler d'inconscient et de méditation, dans un monde où on a une vision dichotomique du corps et de l'esprit, y a du boulot !


De plus en plus de cavaliers prennent conscience que notre société a justement un problème à cause de ça.
C'est le grand retour de la vague new age, du bien-être, le développement des médecines alternatives qui prennent en compte la liaison globale entre le corps et l'esprit (notamment à partir de la médecine traditionnelle chinoise ou la médecine quantique).
Bien sur, il y a du boulot. Mais ceux qui préfèrent rester dans leurs peurs avec leurs problèmes...qu'ils y restent ! Un jour peut-être, ils se réveilleront et prendront conscience : ça leur sera d'autant moins difficile s'ils entendent parler d'une autre voie possible.
Et s'ils préfèrent rester avec leurs peurs et leurs problèmes : ça reste LEUR problème, pas le notre. Tant pis pour eux, on ne peut pas forcer ces gens à changer. Mais le monde peut changer autour de nous en devenant ce que nous sommes : pas de pression de notre part, mais juste leur montrer un exemple différent, qu'ils pourront essayer de suivre si ça les tente.
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zabot29

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MessageSujet: Re: Peur ! certes mais de quoi?   Sam 7 Jan 2012 - 23:32

Oui Mr Katz, l'enseignant se doit d'être psychologue .. ou tout au moins suffisamment empathique avec ses élèves pour que ceux-ci éprouve au moins le sentiment qu'on le comprend , qu'on accepte ses difficultés . Dans le club où j'ai monté un temps, l'un des moniteurs était très empathique avec ses jeunes élèves, et ses cours étaient "zen", les enfants étaient calmes et rassurés, et quand l'un prenait peur, il prenait le temps de parler avec lui, en s'en approchant , en lui proposant des exercices sans le forcer. L'autre moniteur était plus sec, rejetant parfois d'un geste ou d'une parole lapidaire une peur plus ou moins exprimée . Et les enfants étaient nettement plus tendus .
Ce type d'attitude se retrouve dans toute situation d'enseignement ( j'en sais quelque chose ..) . La plupart des peurs des enfants se règlent assez facilement par le jeu ( lui "occuper" l'esprit pour chasser l'appréhension, comme avec le chaton) . Certaines phobies sont plus difficiles à raisonner . Je pense que ce doit être plus difficile avec les adultes ( mais là, j'ai moins d'expérience ..) car ils expriment - ou admettent- moins facilement leurs peurs . Et sans doute , celui qui reconnaît sa peur peut avoir plus de facilité à la combattre . Peut-être parfois le premier pas pourrait être de faire admettre et accepter sa peur , pour mieux la contrôler ensuite ...
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mawawa



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MessageSujet: Re: Peur ! certes mais de quoi?   Dim 8 Jan 2012 - 9:24

zabot29 a écrit:
L'autre moniteur était plus sec, rejetant parfois d'un geste ou d'une parole lapidaire une peur plus ou moins exprimée . Et les enfants étaient nettement plus tendus .

j'ai appris à coups de "mais qu'est c'que c'est qu'ce b**dèle", "espèce de cul d'jatte" (qd on mettait pas assez de jambes), "t'es vacciné à l'eau d'nouille" (quand c'était trop "mou"), etc. véridique.... mais de tels enseignants existent-ils toujours?
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Aurore-Akab



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MessageSujet: Re: Peur ! certes mais de quoi?   Dim 8 Jan 2012 - 11:45

Mawawa, hélas oui cela existe toujours. On a jamais été aussi savant sur le comportement des chevaux et la psychologie des hommes, et on continue de faire de travers. Nous sommes vraiment des monstres ...

Muriel Le Mestric a écrit:

Bien sur, il y a du boulot. Mais ceux qui préfèrent rester dans leurs peurs avec leurs problèmes...qu'ils y restent ! Un jour peut-être, ils se réveilleront et prendront conscience : ça leur sera d'autant moins difficile s'ils entendent parler d'une autre voie possible.
Et s'ils préfèrent rester avec leurs peurs et leurs problèmes : ça reste LEUR problème, pas le notre.

Je sais bien que mes propos ne sont pas aussi encourageant que les tiens et paraîtront presque stériles, mais la situation dépasse parfois LEUR problème ... Je suis en passe de récupérer une cavalière qui se prenait des coup de cravaches avec son "coach" pale

En définitive, les cavaliers doivent absolument éviter ces "enseignements toxiques", ne pas hésiter à aller voir ailleurs si on ne se sent pas écouté et encadré.
Pour ce qui est de l'enseignement, bien souvent un peu de lâcher-prise suffit, avec ce qui faut de dialogue et ce dire que si son cavalier n'apprend rien de "technique", ce n'est pas grave ...
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zabot29

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MessageSujet: Re: Peur ! certes mais de quoi?   Dim 8 Jan 2012 - 12:25

Nous ne sommes pas des monstres, juste des êtres humains avec leurs défauts et leurs qualités ..et leur histoire personnelle . Chacun enseigne avec sa propre sensibilité, et malheureusement, si la formation peut contribuer à aider les enseignants à trouver des modalités d'approche variées en fonction du public , elle ne pourra jamais rendre psychologue celui qui refuse de se remettre en question à ce niveau, et il en existe . Il faut donc les refuser à l'entrée dans la profession , mais pour cela il faut des filtres .

Je ne sais pas ce qu'il en est dans la profession d'enseignant en équitation, mais, dans la profession d'enseignant en école primaire , il y a également ( si ça peut consoler YK..) très peu de formation en psychologie de l'enfant ..et très peu de filtres pour empêcher les personnes qui sont incapables de gérer un groupe classe, tout en tenant compte de chaque élève, de devenir enseignant . Ces personnes, peu nombreuses heureusement , peuvent faire des dégâts ensuite auprès des élèves ... qui ne peuvent pas forcément y échapper , sauf à changer d'école .
Pour l'équitation, il est peut-être plus facile (quoique ..) de changer de club, si un enseignant ne convient pas..
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Muriel Le Mestric

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MessageSujet: Re: Peur ! certes mais de quoi?   Dim 8 Jan 2012 - 17:43

Aurore-Akab a écrit:
mais la situation dépasse parfois LEUR problème ... Je suis en passe de récupérer une cavalière qui se prenait des coup de cravaches avec son "coach" pale

...

Effectivement, là, c'est le coach qui a un pb ! affraid scratch
Y en a qui sont graves quand même... geek

Espérons que cet entraineur perdra assez de cavaliers pour se poser la bonne question, surtout si l'un d'eux lui explique sa façon de penser concernant sa "pédagogie".
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MessageSujet: Re: Peur ! certes mais de quoi?   Lun 9 Jan 2012 - 14:33

Mouais... taper sur le cheval, ça ne leur suffit pas? ...
Que d'optimisme, Muriel! pour ma part, je ne parierais même pas que des gens capables de ça soient capables de se remettre en question...
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fraxinus



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MessageSujet: Re: Peur ! certes mais de quoi?   Jeu 12 Jan 2012 - 18:19

De tous vos échanges , il semble que pour pallier à la peur du cavalier, qu'elle qu'elle soit , l'enseignant est l'interlocuteur incontournable. Les interactions entre les différents partenaires du trio cheval-cavalier-enseignant pour être efficaces doivent être fondé sur la confiance. Pour cela l'enseignant doit faire preuve de psychologie à l'égard du cheval et du cavalier, le cavalier doit faire preuve d'ouverture d'esprit pour accepter les orientations de l'enseignant et le cheval doit rester cheval car c'est lui qui permet le dialogue entre les 2 autres protagonistes.
Voyons dans la pratique ce qui peut empêcher un enseignant et un cavalier, de bonne volonté tous les deux, l'un connaissant parfaitement son métier et l'autre, conscient de sa position de demandeur, prêt à suivre les conseils et directives de celui qu'il a choisi, de son plein gré, pour l'instruire.

Étude de cas.
Préambule. Pour illustrer ma problématique: difficulté d'enseigner, j'ai choisi des échanges qui ont eu lieu sur le forum. Donc d'avance, je prie instamment les participants involontaires de pardonner la liberté que je prends de les utiliser comme cobayes. Il ne s'agit pas de prouver quoi que ce soit mais simplement d'illustrer, d'observer et de justifier les dits échanges.


élève a écrit:
Merci! Ah ces enseignants clairs, précis, concis décidément voilà un bien métier que je n'aurais jamais pu faire.

Épaule en dedans.
On ne met pas les épaules devant les hanches. Donc à la fin de l'exercice, dans la phase d'apprentissage, on ne remet pas les épaules du cheval devant les hanches car d'un point de vue psychologique il pourrait interpréter ce fait comme la finalité de l'exercice et donc avoir envie d'y venir au plus vite. Il vaut mieux le féliciter lorsqu'il est est encore dans la position de l'épaule en dedans et le laisser de lui même en sortir à sa guise. Quel est votre avis?

L'élève exprime dans un premier temps la reconnaissance du statut de l'enseignant, de sa valeur professionnelle et humaine, de son savoir et de l'expérience acquise. L'élève et le maître ne sont pas sur un pied d'égalité. C'est pour cette raison , qu'elle expose sa façon de procéder dans l'apprentissage d'une figure donnée à son cheval et demande l'avis de l'enseignant. Elle se place en position de vulnérabilité, pas de faiblesse mais d'ouverture et de confiance.



maître1 a écrit:
Fraxinus, avant que de demander une réponse aux autres, essayez de vous forger votre propre opinion.Pour ce faire, demandez vous ce qu'est une épaule en dedans, quelle est son utilité gymnastique et donc ce sur quoi elle débouche.. Vous trouverez alors vous même (je sais , en 2012, j'ai décidé de donner à mes consoeurs autant d'intelligence qu'aux hommes!) le meilleur exercice pour sortir de cette EED....................
le laisser de lui même en sortir à sa guise. : cela certainement pas;;;;pour des raisons de sécurité, il faut éviter que le cheval ne prenne des décisions sans l'aval de son cavalier...................

L'enseignant s'est forgé son opinion sur les capacités, quelles qu'elles soient, de son élève. Comme il sait qu'une solution trouvée par l'élève est mieux comprise que si cette solution est apportée toute faite par un tiers, incite son élève à chercher en lui apportant des pistes de réflexion. Conscient de la position de vulnérabilité de l'élève, il émaille sa remarque d'une parenthèse humoristique.

Comme son rôle de maître est de veiller à la sécurité de ses élèves il réprimande, ce qui entre dans sa fonction également, son élève qui risque de se mettre en danger.

Jusque là les deux interlocuteurs se sont tenus chacun dans le rôle qu'ils se sont attribués.
Mais ….... c'est là qu'entre en scène un acteur que tout le monde avait oublié: l'idiosyncrasie des 2 protagonistes. Idiosyncrasie: manière d'être particulière à chaque individu, qui l'amène à avoir des réactions, des comportements qui lui sont propres. Ces réactions et ces comportements sont de l'ordre du réflexe et sont souvent à l'origine d'incompréhension et de refus de coopération. Leur origine tient à très peu de chose. Dans notre exemple, un terme: « consœur » et une expression: « éviter que le cheval ne prennent des décisions sans l'aval de son cavalier ».
En utilisant le terme « consœur » l'enseignant place l'élève sur un pied d'égalité, ce n'est pas acceptable pour l'élève car c'est l'obliger à nier le statut, la valeur, le savoir et l'expérience de la personne qu'elle a choisi pour l'instruire. C'est d'autant moins acceptable pour cette élève en particulier, puisque dans le « monde du cheval » elle a toujours eu une fonction subalterne et donc hiérarchiquement inférieure à l'enseignant en général. Mais surtout, si l'enseignant place son élève en position d'égalité peut-il encore espérer être en droit de le réprimander?

L'expression « éviter que le cheval ne prennent des décisions sans l'aval de son cavalier » est parfaitement justifiée de la part d'un enseignant, d'un homme de cheval et d'un écuyer. Mais si chaque cavalier se fait un devoir d'éduquer correctement son cheval, cette éducation n'a pas pour tous la même finalité, le même but. Pour les uns : la compétition, le spectacle, l'art; pour d'autre la prise en charge du cavalier. On dresse bien des chiens (700kg de pression dans la mâchoire) à veiller à la sécurité de l'aveugle qu'ils guident et à prendre des décisions sans l'aval de la personne, décisions que la personne acceptera et suivra. Comme les chiens tous les chevaux ne peuvent pas assurer ce rôle; mais certains le prennent très à cœur et peuvent prendre en charge des personnes atteintes de handicaps bien plus lourds. Par cette expression l'enseignant ne réprimande pas l'élève pour une action donnée à un moment donné, mais la finalité de l'éducation que le cavalier veut donner à son cheval, la raison même qui le pousse à ne pas renoncer à sa passion.
Mais ceci, l'enseignant ne pouvait pas le savoir si l'élève ne lui a pas fait part, à priori, du but qu'il veut atteindre à long terme. Et si l'élève n'explique pas exactement ce qu'il recherche en équitation, ce qui est souvent le cas, c'est qu'il a peur (ce qui justifie le post dans ce sujet) que sa conception de l'équitation soit irrecevable ou inacceptable de la part de l'enseignant.

Je vous fais grâce de la réponse de l'élève qui laisse parler son idiosyncrasie et n'apporte rien de vraiment constructif à la conversation.


maître2 a écrit:
C'est à dire??
Parce que si j'écris un truc que quelqun ne comprend pas, il faut le dire clairement, que je sache d'une part ce qui n'est pas compris, et d'autre part que je me creuse pour le reformuler!!!
Et en disant "épaules devant les hanches", je me suis trompée, je voulais dire peut-être entablé...

Quant à l'exercice propre de l'EED, je ne laisse jamais le cheval en sortir seul. Je le remet soit en cercle, soit sur un développement d'allure dans la direction des épaules (on peut s'imaginer donc une diagonale), soit en appuyer... du coup...
Et ça, même avec un cheval jeune qui en est à ses premières épaules en avant!
Mais avec un cheval dressé, qui donc théoriquement l'EED, si j'ai envie de le remettre droit sur la piste, ma foi, je le fais, et psychologiquement parlant, il n'a pas à ce moment là à donner son avis, puisque je ne le lui demande pas


La réponse du deuxième enseignant à la même question de l'élève est différente; deux enseignants deux enseignements pour la même question.
Je précise que je n'énonce aucune critique mais des simples observations qui ne seront pas suffisamment objectives car je suis l'élève impliquée dans la leçon.

Le maître 2 s'interroge sur la clarté de ces explications précédentes, elle est prête les à remettre en question, allant jusqu'à énoncer elle même ce qui pourrait avoir été mal interprété de la part de l'élève. Connaissant l'esprit retors de l'élève en question, elle doute peut-être de la sincérité de son affirmation quant à la clarté, précision, concision des enseignants. Elle montre comme tout bon enseignant qu'elle veut savoir à qui elle a à faire, elle s'intéresse à son élève et elle tient également à l'aider à résoudre son problème. Pour cela, elle explique comment elle procède elle même pour l'exercice en question. Elle n'impose rien, elle propose une façon de faire, libre à l'élève d'y adhérer ou non. Bien sûr en présence de l'élève dans un manège, elle ne se contenterait pas d'émettre des suggestions orales mais y joindrait la pratique de l'élève. Cette façon d'enseigner est peut-être plus rassurante pour l'élève parce qu'elle implique moins personnellement l'élève et l'enseignant.


Conclusion
Enseigner l'équitation est un métier complexe qui implique de développer le physique, équilibre et technique, du cavalier. La complexité de l'éducation du cheval oblige l'enseignant à développer les qualité de raisonnement, donc l'esprit et l'intellect du cavalier. Mais le rapport émotionnel, affectif qui lie le cavalier à son cheval, animal grandement émotif, nécessite de la part de l'enseignant non seulement des notions de psychologie humaines mais surtout une grande empathie c'est à dire la faculté de se mettre à la place de son élève, de percevoir ce qu'il ressent, et d'y adapter son enseignement.(zabot29 ne me contredira pas j'espère). Le cavalier, surtout en leçon individuelle, est en situation de vulnérabilité. Il a besoin d'un « maître » qui le guide, dont il puisse en toute confiance accepter les conseils, les directives les réprimandes et les compliments tant sur le plan technique qu'intellectuel et émotionnel. L'élève et le maître doivent donc ensemble définir clairement les objectifs à atteindre à long comme à court terme et chacun doit se tenir à la place qu'il a choisi en toute connaissance de cause et ….essayer d'accepter l'idiosyncrasie de l'autre.(sic)

Ce n'était que le point de vue du groom-miroir de service, point de vue qui se discute comme d'habitude. Mais avant de crier « haro sur le baudet », laisser moi ouvrir mon parapluie. Je vous promets de tenir mon idiosyncrasie en laisse. Wink

P.S. la réponse recherchée: la rectitude?
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yveskatz

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MessageSujet: Re: Peur ! certes mais de quoi?   Jeu 12 Jan 2012 - 19:24

Plusieurs choses importantes que Fraxinus a oublié dans son réquisitoire....
1/Lorsque je parle de"consoeurs", je ne parle pas en tant qu'enseignant, mais me pose en tant qu'humain..et le terme "consoeur" correspond à mon équivalent féminin..........
2/ tous les échanges que nous avons sur le forum ne doivent pas toujours être considérés comme des échanges entre élèves et enseignants....L'intervention sous un pseudo ne permet pas de connaître nécessairement le statut de la personne qui intervient...C'est pour cela que je préfère que l'o parle de niveau de compétences acquis par l'ancienneté au contact des chevaux... ce qui fait que , moi, je puisse peut être être plus précis que Fraxinus, c'est que je suis au contact des chevaux depuis plus longtemps et non pas de par mon statut d'enseignant...................... geek
Pour le reste, il est bien évident que la personnalité des intervenants a son importance dans les échanges et que si certaines personnalités peuvent se compléter, d'autres peuvent s'opposer...... c'est pourquoi certaine élèves ne s'entendent pas nécessairement également avec deux enseignants, même si ceux ci disent exactement la même chose(avec des mots qui leur sont propres!) .. et que le contraire est également valable.................. geek
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MessageSujet: Re: Peur ! certes mais de quoi?   Ven 13 Jan 2012 - 16:20

fraxinus a écrit:
De tous vos échanges , il semble que pour pallier à la peur du cavalier, qu'elle qu'elle soit , l'enseignant est l'interlocuteur incontournable. Les interactions entre les différents partenaires du trio cheval-cavalier-enseignant pour être efficaces doivent être fondé sur la confiance. Pour cela l'enseignant doit faire preuve de psychologie à l'égard du cheval et du cavalier, le cavalier doit faire preuve d'ouverture d'esprit pour accepter les orientations de l'enseignant et le cheval doit rester cheval car c'est lui qui permet le dialogue entre les 2 autres protagonistes.

En situation de peur, bon nombre de cavaliers changent de...idiosynchrasie (? si j'ai bien suivi la définition).
Quelqu'un d'habituellement doux, calme, franc, ouvert, tolérant, compréhensif, etc...peut devenir une toute autre personne lorsqu'elle a peur :
* crispée, voire tétanisée, pétrifiée
ou au contraire agitation, instabilité
* regard fuyant ou au contraire très fixe
* rire nerveux ou pleurs
* logorrhée verbale ou au contraire mutisme total
* agressivité ou insultes
* blocage mental sur la situation
* perte de confiance en soi, en l'enseignant et envers le cheval, impression d'être nulle, démotivation

Evidemment, une simple inquiétude ne va pas jusqu'à ces symptômes...encore que, certains arrivent bien plus vite et fréquemment qu'on ne le croit !
(crispation, démotivation, perte de confiance, blocage).




fraxinus a écrit:
En utilisant le terme « consœur » l'enseignant place l'élève sur un pied d'égalité, ce n'est pas acceptable pour l'élève car c'est l'obliger à nier le statut, la valeur, le savoir et l'expérience de la personne qu'elle a choisi pour l'instruire. C'est d'autant moins acceptable pour cette élève en particulier, puisque dans le « monde du cheval » elle a toujours eu une fonction subalterne et donc hiérarchiquement inférieure à l'enseignant en général. Mais surtout, si l'enseignant place son élève en position d'égalité peut-il encore espérer être en droit de le réprimander?

Et pourquoi ne pas se prendre sur un pied d'égalité ?
Un Maître est Maître car il sait qu'il apprendra toute sa vie, et cela, autant des chevaux que des humains.
Mes plus grandes leçons de vie m'ont été données par des petits bouts de chou, et par des handicapés : ces gens là sont capables de vrais miracles avec les chevaux !

Quant à la réprimande, un élève pourrait très bien réprimander son Maître, puisque personne n'est parfait...
bcp de moniteurs d'équitation se prennent pour Dieu : un petit rappel à l'ordre leur ferait le plus grand bien.
Quant aux moniteurs qui ne se prennent pas pour Dieu, ils sont les premiers à reconnaître qu'ils peuvent commettre des erreurs et donc qu'on leur exprime des limites.


fraxinus a écrit:
Mais ceci, l'enseignant ne pouvait pas le savoir si l'élève ne lui a pas fait part, à priori, du but qu'il veut atteindre à long terme. Et si l'élève n'explique pas exactement ce qu'il recherche en équitation, ce qui est souvent le cas, c'est qu'il a peur (ce qui justifie le post dans ce sujet) que sa conception de l'équitation soit irrecevable ou inacceptable de la part de l'enseignant.






Elle montre comme tout bon enseignant qu'elle veut savoir à qui elle a à faire, elle s'intéresse à son élève et elle tient également à l'aider à résoudre son problème. Pour cela, elle explique comment elle procède elle même pour l'exercice en question. Elle n'impose rien, elle propose une façon de faire, libre à l'élève d'y adhérer ou non.
J'aime quand vous apportez question et réponse dans le même message ! lol!

Si un enseignant s'intéresse à son élève, il se doit de commencer par lui demander pourquoi il vient chercher son enseignement !
C'est généralement ma première question...puis suivent des dizaines d'autres !


fraxinus a écrit:
Conclusion

le rapport émotionnel, affectif qui lie le cavalier à son cheval, animal grandement émotif, nécessite de la part de l'enseignant non seulement des notions de psychologie humaines mais surtout une grande empathie c'est à dire la faculté de se mettre à la place de son élève, de percevoir ce qu'il ressent, et d'y adapter son enseignement.(zabot29 ne me contredira pas j'espère). Le cavalier, surtout en leçon individuelle, est en situation de vulnérabilité. Il a besoin d'un « maître » qui le guide, dont il puisse en toute confiance accepter les conseils, les directives les réprimandes et les compliments tant sur le plan technique qu'intellectuel et émotionnel. L'élève et le maître doivent donc ensemble définir clairement les objectifs à atteindre à long comme à court terme et chacun doit se tenir à la place qu'il a choisi en toute connaissance de cause et ….essayer d'accepter l'idiosyncrasie de l'autre.(sic)
Depuis que je m'intéresse à l'équitation liée aux émotions, j'ai pu constater que l'empathie est à nuancer.

Lorsqu'on voit certaines personnes, elles semblent parfaitement détendues et à l'aise. Mais en leur demandant comment elles se sentent (dans une vraie démarche émotionnelle, c'est pas juste "salut, ça va ?"), elles peuvent alors donner une réponse en total décalage avec leur apparence extérieure, avec ce que nous croyions en les regardant : forte agitation intérieure, crispation profonde, perturbation de la concentration, malaise et mal-être, etc...
Entrer en empathie avec quelqu'un ne consiste pas à prendre pour soi ses émotions : on ne va pas se mettre à avoir aussi peur qu'une personne terrorisée par le cheval...ça n'aurait aucun sens et serait non constructif dans l'enseignement. Et cela, pour toutes les émotions ressenties (pas seulement la peur).
Dans l'empathie, on ne partage pas les émotions d'autrui, mais on les accepte en tant que telle.

Par exemple, il y a qq temps, je me suis promenée en ville avec une amie. En traversant un pont, je vois qu'elle ralentit bcp et semble bizarre, je lui demande si elle va bien. Elle me confie qu'elle a un vertige terrible. Je ralentis avec elle...
Cette ville est construite en pente (nombreux escaliers), traversée par une rivière (ponts) et en travaux (tranchées et passerelles).
A chaque fois que nous approchions d'un tel dispositif, je me rendais compte de la difficulté pour mon amie, avant même de nous engager...sans pour autant ressentir de vertige moi-même.
Je lui demandais si elle préférait passer ailleurs, ou s'arranger d'une certaine façon.
Elle m'a fait part de son étonnement : c'était la première fois qu'on ne niait pas son vertige ou qu'on ne se moquait pas d'elle...au contraire, son pb était réellement pris en compte (et par qq'un qui n'était pas concerné par le même pb).
Dans mon empathie, j'ai sentie en elle, bcp de gratitude et...une sorte de sécurité et de confiance dans notre amitié.
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fraxinus



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MessageSujet: Re: Peur ! certes mais de quoi?   Ven 13 Jan 2012 - 16:32

yveskatz a écrit:
Plusieurs choses importantes que Fraxinus a oublié dans son réquisitoire....
1/Lorsque je parle de"consoeurs", je ne parle pas en tant qu'enseignant, mais me pose en tant qu'humain..et le terme "consoeur" correspond à mon équivalent féminin..........
2/ tous les échanges que nous avons sur le forum ne doivent pas toujours être considérés comme des échanges entre élèves et enseignants....L'intervention sous un pseudo ne permet pas de connaître nécessairement le statut de la personne qui intervient...C'est pour cela que je préfère que l'o parle de niveau de compétences acquis par l'ancienneté au contact des chevaux... ce qui fait que , moi, je puisse peut être être plus précis que Fraxinus, c'est que je suis au contact des chevaux depuis plus longtemps et non pas de par mon statut d'enseignant...................... geek
Pour le reste, il est bien évident que la personnalité des intervenants a son importance dans les échanges et que si certaines personnalités peuvent se compléter, d'autres peuvent s'opposer...... c'est pourquoi certaine élèves ne s'entendent pas nécessairement également avec deux enseignants, même si ceux ci disent exactement la même chose(avec des mots qui leur sont propres!) .. et que le contraire est également valable.................. geek

Houlà!!!! non pas réquisitoire, ni même plaidoyer. cyclops
Non rien de tout cela , nous sommes sur un forum d'échanges entre enseignants et pratiquants, j'ai bien dit d'échanges que je considère comme des discussions sympathiques et enrichissantes entre personnes tout aussi sympathiques et enrichissantes.
Yveskatz, vous m'êtes fort sympathique, même si je ne peux m'empêcher de bondir à chacune de vos remarques machistes, je vous soupçonne même de vous en amuser. Suspect
Mon but était de vous montrer qu'on n'a pas besoin de recevoir de coup de cravache d'un enseignant pour rendre la communication difficile. Il n'y a pas les bons d'un coté les méchants de l'autre, le dialogue entre enseignant et élève a parfois du mal à s'instaurer pour des raison bien plus subtiles qui peuvent conduire , si elles ne sont pas analysées à temps, à la franche incompréhension au détriment du cheval, du cavalier et de l'enseignant. Ce qui peut aussi conduire, au mieux, à blaser, au pire, à l'abandon de l'équitation. Pour cela il me fallait un exemple auquel chacun d'entre nous peut avoir accès. Dès lors, quoi de plus simple que cette « leçon fictive » qui a eu lieu sur le forum. Pour éviter de blesser des personnalités sensibles, il valait mieux que j'y sois moi même impliquée, yveskatz, de par sa longue expérience, en a vu bien d'autres et j'espère que Céline Legaz ne m'en voudra pas de l'avoir entrainée malgré elle dans ma démonstration.
Enseigner est un métier difficile, l'être vivant en entier y est impliqué. Qui dit « être vivant » dit émotions et le cheval est un révélateur - catalyseur d'émotion, ce qui rend l'enseignement de l'équitation si complexe. C'est ce que j'ai voulu vous montrer. pale

Yveskatz, votre longue expérience auprès des chevaux est certainement la raison de votre précision concision ect... mais votre longue expérience de transmission de savoir y est aussi pour quelque chose, n'est ce pas? Transmettre est également un métier qui se forge avec l'expérience. farao

Pour en revenir aux peurs , je me demandais si ce sentiment de peur était aussi fort sur un cheval mécanique ou électronique, un simulateur d'allure, comme il en existe un à Saumur (je ne me rappelle plus son nom) ou celui que l'on voit dans le film « danse avec lui »?
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yveskatz

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MessageSujet: Re: Peur ! certes mais de quoi?   Ven 13 Jan 2012 - 16:51

pour répondre à Fraxinus et à sa dernière question, le cheval mécanique de Danse avec lui est le simulateur de Peteris Klavins..
Son utilité est différente du Persival de Saumur. L'un permet d'apprécier les sensations de ce que l'on a comme intensité dans ses aides et d'apprendre à "gérer" un cheval (de ce que j' ai pu en lire et comprendre ,n'étant pas encore mis en place quand je me suis arrêté quelques temps à Saumur.
Celui de Peteris Klavins a pour seul finalité d'inviter le cavalier à appréhender sa gestuelle corporelle.
Je ne pense cependant pas que, ni l'un ni l'autre, ne soient source d'angoisse. Objets inanimés, soumis à la volonté de l'homme toujours présent à côté de la machine, l'étudiant est conscient qu'il ne risque rien,sauf de mal faire... Et c'est à ce niveau que l'enseignant intervient pour guider l'élève.

PS:
1/transmettre n' jamais été pour moi un métier. C'est une passion et je me demande parfois si elle n'est pas plus forte que les sentiments que m'inspirent les chevaux..Je n'aurais pas connu ces derniers, je me serais dirigé vers une profession où j'aurais eu quelque chose à transmettre, à apporter (chercheur, enseignant, ......).
2/ J'aime trop les femmes. C'est pour cela que je fais preuve de machisme et que je m'amuse des réactions que cela provoque chez la gente féminine (De l'amour, il m'en faut pour supporter une femme, trois filles et trois petits filles..heureusement qu'un petit gars vient de naître pour me soutenir quand je serai trop vieux pour me défendre!).................... geek
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fraxinus



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MessageSujet: Re: Peur ! certes mais de quoi?   Sam 14 Jan 2012 - 18:30

Ben voilà, il suffisait de demander , merci! Wink
Il aiment les femmes mais il a besoin de se défendre. Toute la contradiction des hommes résumée en une seule phrase. Il y a longtemps que j'ai renoncé à les comprendre, ils sont bien trop compliqués. scratch


Muriel le Mestric a écrit:
Et pourquoi ne pas se prendre sur un pied d'égalité ?
Un Maître est Maître car il sait qu'il apprendra toute sa vie, et cela, autant des chevaux que des humains.
Mes plus grandes leçons de vie m'ont été données par des petits bouts de chou, et par des handicapés : ces gens là sont capables de vrais miracles avec les chevaux !
Je suis bien d'accord avec vous quand vous parlez de leçon de vie que chacun peut recevoir s'il le veut toute sa vie durant, dans tous les domaines, et l'équitation est aussi une école de vie. Je pensais plutôt à l'équitation comme « matière » d'enseignement.
Je me vois mal réprimander un enseignant sur son savoir; sur son comportement humain, je l'ai déjà fait mais pas sur la matière qu'il m'enseigne. Je dois être de la « vieille école ». S'il y a désaccord sur la « matière » je préfère demander des explications plus approfondies et la plupart du temps j'adopte son point de vue car son savoir et son expérience sont, pour moi, la garantie de la justesse de son son enseignement.

Muriel Le Mestric a écrit:
Si un enseignant s'intéresse à son élève, il se doit de commencer par lui demander pourquoi il vient chercher son enseignement !
C'est généralement ma première question...puis suivent des dizaines d'autres !
Ce que font certainement les enseignants, mais le problème est que le cavalier n'a pas toujours le cran de le dire. J'ai connu une cavalière qui me disait que le dressage l'ennuyait profondément et qu'elle préférait l'obstacle. Elle ne participait qu'aux reprises de dressage. À ma question: « mais pourquoi ne pas participer aux reprises d'obstacle », elle répondit qu'elle n'osait avouer à notre instructeur qu'elle avait peur des barres, et que c'était pour cette raison qu'elle lui avait dit vouloir faire du dressage. Et pourtant notre instructeur était « cool » et à l'écoute de ses cavaliers. Mais dans ce cas précis il y a d'autres raisons qui entre en compte j'y reviendrais plus tard.

Percevoir ce que ressent l'autre, n'est pas forcément le ressentir soit même mais comprendre , respecter ce ressenti et surtout le reconnaître. J'adhère tout à fait à votre définition de l'empathie, parfaitement illustrée. En ce qui concerne la peur, la première chose à faire est effectivement de la reconnaître et de l'accepter en tant que telle, avant de pouvoir espérer la traiter.


yveskatz a écrit:
Je ne pense cependant pas que, ni l'un ni l'autre, ne soient source d'angoisse. Objets inanimés, soumis à la volonté de l'homme toujours présent à côté de la machine, l'étudiant est conscient qu'il ne risque rien,sauf de mal faire... Et c'est à ce niveau que l'enseignant intervient pour guider l'élève

C'est bien ce qu'il me semblait. La source d'angoisse et de peur des débutants qui ne connaisse pas le cheval viendrait du fait que le nouveau cavalier ressent , non seulement, le corps du cheval en mouvement mais également, ses émotions, son esprit, son âme, je ne sais comment l'exprimer, ce qui fait qu'un être vivant est vivant? confused

Adolescente, je montais sur la jument de trait de mon oncle et nous partions avec la chienne de la ferme sur les chemins. Je vous entends renâcler: la sécurité, vous avez raison mais ce n'est pas mon propos ici cyclops . Elle me prenait en charge et me laissait le choix des chemins, en me signalant à chaque carrefour celui qui nous ramènerait à la ferme, mais elle décidait de l'allure, le pas, son allure de travail. Quand elle entendait une voiture, bien avant moi, elle marchait sur le bas coté. Quand nous nous retrouvions dans un troupeau de vaches (les vaches étaient changées de pâture à pied, autrefois) elle s'arrêtait et la chienne venait se réfugier entre ses jambes pour se protéger des chiens du troupeau, ces derniers ne se risquaient pas à approcher un cheval. Quand le troupeau était passé, elle baissait la tête pour signaler à la chienne qu'elle devait sortir, et attendait que la chienne soit effectivement sortie pour reprendre sa marche. Je comprenais tout ce qu'elle faisait, et pourquoi, elle avait toujours de bonnes raisons d'agir. Je pense que nous étions bien « connectées ».
Bien des années plus tard je décidais de prendre des cours pour monter correctement mon âne, avec lequel j'avais le même genre de relation; mais lui, il trottait et galopait et à cru sur un âne je ressentais la nécessité d'acquérir un minimum de technique bounce . On m'avait attribué, pour mes première leçons, un vieux routier parfaitement routinier et mécanisé dans son métier , comme on le fait souvent par souci de sécurité, ce qui est parfaitement justifié. Mais là, rien , pas de connexion , il n'était pas avec moi, je n'étais qu'un chargement sur son dos, un vulgaire ballot qu'il allait promener pendant une heure dans le manège. J'étais mal. Un incident bénin me fit chuter. Et j'ai eu peur. affraid

Pour ceux qui n'ont pas d'expérience préalable avec les chevaux, un tel cheval qui connait parfaitement son métier et ne préoccupe pas de son cavalier débutant gênant et même douloureux par son inexpérience, est un très bon cheval, qui permet à son cavalier de ne soucier que de son propre équilibre et des consignes de l'enseignant. Pour un tel cavalier débutant, ce type de cheval est le parfait compromis entre le simulateur de Peteris Klavins et le cheval qui réagit à son cavalier. Car en règle générale, c'est le fait que le cheval réagit aux mouvements involontaires du cavalier donc à son état d'esprit, à ses émotions, mais aussi le fait que le cheval envoie des messages à son cavalier, messages qui ne sont pas compris par le cavalier, qui rend la pratique de l'équitation et son enseignement si complexe par rapport à un autre sport.


Muriel Le Mestric a écrit:
Lorsqu'on voit certaines personnes, elles semblent parfaitement détendues et à l'aise. Mais en leur demandant comment elles se sentent (dans une vraie démarche émotionnelle, c'est pas juste "salut, ça va ?"), elles peuvent alors donner une réponse en total décalage avec leur apparence extérieure, avec ce que nous croyions en les regardant : forte agitation intérieure, crispation profonde, perturbation de la concentration, malaise et mal-être, etc...

Vous dites bien « elle semblent », je suppose donc que quelque chose dans leur attitude vous a mis la puce à l'oreille pour que vous entamiez une vraie démarche de questionnement émotionnel.
La peur par rapport au cheval et la peur de l'avouer à moins d'un questionnement sérieux de l'enseignant, est impossible à dissimuler totalement à l'œil averti de l'enseignant surtout en leçon particulière. Le cheval est un véritable révélateur de personnalité, d'émotions, un miroir non déformant (contrairement au groom qui renvoie une image déformée par sa propre idiosyncrasie Laughing ).
Ce qui peut amener une autre peur, celle que l'autre nous voit tel que nous sommes réellement. Comme la plupart du temps nous croyons ignorer à tort ou à raison qui nous sommes, ou nous ne nous acceptons pas tel que nous nous percevons nous même, nous avons peur qu'une tierce personne, l'enseignant, en sache plus que nous même sur notre propre compte ou s'en qu'elle s'en servent contre nous. Nous avons peur du pouvoir que cela lui pourrait lui donner sur nous. C'est pourquoi le cavalier est vulnérable et que la mise en confiance de part et d'autre doit être complète.

Muriel Le Mestric a écrit:
des petits bouts de chou, et par des handicapés : ces gens là sont capables de vrais miracles avec les chevaux !
Si les petits et les handicapés font des miracles c'est tout simplement parce qu'il ne mentent pas, pas au sens moral du terme, mais plutôt, ils sont honnêtes, leur attitude, leur gestuelle est en accord avec ce qu'ils sont réellement au plus profond d'eux même. S'ils ont peur ils ne peuvent le cacher et à contrario s'ils ont envie d'entrer en contact avec le cheval leur attitude extérieure ne sera pas en contradiction avec leur véritable désir intérieur. Ce qui n'est plus forcément le cas chez le cavalier lamba.
Je ne suis pas entrain de dire que pour être un bon enseignant d'équitation il faut être docteur en psychologie ou psychiatre, non, simplement comportementaliste humain. Pour palier à la peur du cavalier l'enseignant va aider le cavalier à identifier les causes de la peur par rapport au cheval, expliquer le comportement du cheval et aider le cavalier à maîtriser et changer son comportement lorsqu'il sent venir la peur. Le but étant de maintenir cette peur dans des limites gérables et acceptables pour le cheval et le cavalier, ce qui dépend du tempérament des deux. Les raisons profondes de la peur, du cavalier ne peuvent être trouvée que par un travail personnel, introspectif du cavalier sur lui-même, s'il le veut.
Tout ça pour énoncer des évidences, frax, tu es vraiment une intarissable bavarde. silent


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