CE QUI SE CONÇOIT BIEN S'ÉNONCE CLAIREMENT. ET LES MOTS POUR LE DIRE ARRIVENT AISÉMENT (BOILEAU)
 
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 Ce que les chevaux nous disent

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Muriel Le Mestric

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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Ven 10 Fév 2012 - 20:37


Étienne Beudant a écrit:
Maintenant une autre chose très importante; ne me crois pas fou et écoute-moi.
Pour tous les mouvement à cadence, il faut chanter mentalement (je ne dis pas fredonner, je dis chanter en toi- même, sans bruit sans que le cheval t'entende), soit une marche plus ou moins lente, soit un pas redoublé rapide suivant la cadence à donner. Ainsi pour enseigner le piaffer (…), laisse toi conduire par l'air « quand les beaux pompiers vont à l'exercice... » en le cadençant très lentement. P115
réponse du Capitaine Bernard: au piaffer c'est presque parfait maintenant et je crois , ma parole, qu'elle connaît l'air « des beaux pompiers »! p122 Vallerine Étienne Beudant Favre

Même pas honte, moi : je commence dans ma tête, mais si le cheval ne réagit pas promptement à ma cadence intérieure, j'extériorise mes vocalise, jusqu'à finir à tue-tête !
JYLG (ça faisait longtemps que j'avais pas causé de lui) chante La Marseillaise...il la claironne carrément !
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fraxinus



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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Sam 18 Fév 2012 - 16:18

Votre réponse me porte à croire que je n'ai pas été assez claire.
Je me suis servie d'Etienne Beudan pour justifier le mode de communication intuitif qui se sert du canal de nos émotions et ressentis et va au delà des signaux corporels visuels. Si Vallerine se cadence au piaffer sur l'air des « beaux pompiers » qu' Etienne Beudant « fredonne » mentalement sans émettre aucun son, on peut penser que le corps du cavalier suit une cadence mentale que la jument perçoit. Mais si le capitaine Bernard s'étonne du fait que la jument reconnaisse l'air « des beaux pompiers » cela voudrait dire que qu'elle reconnaît la cadence malgré le changement « d'instrument » c'est à dire de cavalier. Il aurait été intéressant de savoir si elle reconnaissait la mélodie pour piaffer en main. cyclops
Certains auteurs particulièrement en psychothérapie assistée par le cheval parle de communication socio sensuelle pour expliquer la communication des chevaux entre eux.
Mon voisin a mis la vieille jument de ses enfants dans un pré voisin de celui de mes chevaux. Les enfants étant mariés depuis plusieurs années la jument n'a plus de contact humains suivis. Le « grand » conformément à son habitude, c'est un vrai cheval de garde Wink , m'a prévenue de sa présence: hennissements d'appel. Je suis donc allée voir la jument de près (trou dans la haie fermé par des barbelés du coté de la jument et clôture électrique du côté de mes chevaux). Elle a refusé mon contact ne me connaissant pas. Cela fait un mois maintenant qu'elle côtoie mes chevaux quotidiennement. Je ne me suis pas rapprochée du trou depuis ma première et unique tentative d'approche. Ce matin je suis allée dans le pré pour donner au grand sa dose d'anti rhumatisme que j'avais oublié de lui donner à l'écurie. Elle a demandé le contact: petit hennissement qui ressemble à celui qui salue l'arrivée de la ration. J'ai donc été la voir et l'ai trouvée aussi familière que les miens quand j'ai tendue la main par dessus les clôtures elle est venue la sentir et s'est frottée le chanfrein contre ma main. Je suppose que mes chevaux lui ont expliqué que je faisais partie des « meubles ». tongue
Cette communication socio-sensuelle, nous en avons tous fait l'expérience. Ne vous est -il jamais arrivé de vous trouver dans un groupe de personnes en réunion de travail tendue et de vous sentir mal à l'aise, tendu, voir crispé? On se tortille sur sa chaise , mal au dos , « plein le dos » de leur problèmes de rentabilité » on demande à ouvrir une fenêtre, on étouffe là dedans, on demande la pause pour échapper à une tension qui devient palpable avant que les choses ne dégénèrent, c'est à dire avant qu'on en arrive à s'enguirlander même si on n'est pas directement concerné par la discussion en cours? Ou encore lorsque quelqu'un relate une expérience très difficile à vivre, on en arrive à se sentir très mal à l'aise? Ce qu'on ressent alors ce sont les émotions des autres: c'est de l'empathie pure et dure celle dans laquelle il faut éviter de tomber quand on est soignant ou même enseignant pour pouvoir être efficace et résoudre les problèmes du malade ou de l'élève, en cas de peur par exemple. Mais on peut aussi se sentir particulièrement bien dans certaines situations avec certaines personnes. Tous ces ressentis donnent des informations particulièrement importantes pour évaluer une situation, une personne, un cheval. Ne pas en tenir compte entraîne la somatisation ou pire la dissociation. No
Il me semble que les chevaux communiquent ainsi. Qui n'a pas vu un cheval particulièrement joyeux entraîner toute la reprise dans son exubérance. Il suffit parfois qu'un seul cheval voit un monstre dans un coin du manège pour toute la reprise se sauve.
À cheval on ressent un tas de choses, la difficulté réside dans le tri des émotions. Le travail à pied permet de faciliter ce tri, encore un intérêt du travail à pied. cheers
Je vous ai parlé de ce cheval que j'ai soigné en vue de trouver un, une cavalier(ère) intéressé(ée) par un cheval à préserver. Une cavalière le prit à l'essai pendant 1 mois. Ils avaient l'air de s'entendre mais elle me dit qu'elle renonçait parce qu'à l'extérieur elle se « sentait mal » avec lui. Je pensais que c'était parce qu'il était particulièrement grégaire et cherchait à rentrer à l'écurie, mais selon elle cela n'allait pas même si elle sortait avec un autre cavalier. Je testais le cheval en compagnie d'une amie qui montait l'un de ses compagnons de pré: condition rassurante pour le cheval. Le cheval était nerveux et crottait souvent mais parfaitement obéissant. Je commençais à avoir le mal de mer. Je me sentais nauséeuse, mal au ventre comme en cas de gastro. Au bout de 20mn de pas je demandais à mon amie de rentrer à l'écurie, je me sentais trop mal. C'est là qu'elle me fit remarquer que le cheval avait une diarrhée carabinée, diarrhée qui cessa dès le retour à l'écurie comme mon mal de ventre qui n'était pas le mien mais le ressenti de celui du cheval. Les raisons de cette diarrhée étaient d'ordre psychologique et il lui a fallu du temps pour me les faire comprendre car j'étais , comme tout humain bien « bouchée » Rolling Eyes .
Pourtant un autre cheval complètement coincé par un travail « mal mené » avait réussi à me faire comprendre que je ne procédais pas de la bonne façon pour tenter de le redresser. Tout le monde sait que redresser un cheval il faut d'abord démuscler pour pouvoir ensuite remuscler. Mon premier patron laissait ces chevaux là au pré de 6 mois à un ans avant de reprendre le travail de base. Bien peu de cavaliers ont cette sagesse surtout lorsqu'il y a des enjeux de compétition à la clé et ce même à petits niveaux. Je montais ce cheval « raccourci » à l'extérieur pour tenter de lui redonner le goût d'avancer sans contrainte et le longeait en gogue. En longe il descendait en total désengagement ou engageait en remontant et en se braquant sur le gogue. J'étais persuadée qu'il ne comprenait pas ce que je lui demandais et cessais toute intervention en me creusant le ciboulo pour trouver un moyen de lui faire comprendre ce que je voulais. Il fit un demi cercle engagé tête en l'air en me regardant et descendit brusquement la tête sur le demi cercle suivant totalement désengagé toujours en me fixant et s'arrêta pour me faire face. Je précise que la longe était totalement détendue , la chambrière totalement silencieuse. Lorsqu'il me fit face j'étais « brisée » physiquement et psychologiquement « cassée », j'avais saisi, assimilé, accepté compris avec mes tripes et non mon intellect qu'il ne pouvait pas, il lui était physiquement impossible d 'accéder à mes demandes pale . Il poussa un gros soupir et vint vers moi: j'enlevais le gogue et depuis ce jour là je ne m'en servi plus jamais pour aucun cheval. Ce cheval fut mon initiateur: il sut me faire comprendre que non seulement les chevaux parlent, mais comprennent tout ce qui se passe autour d'eux et parfois bien plus rapidement et de manière plus directe que nous.
Nathalie G a écrit:
mais l'instant où le cheval se tourne vers l'humain et le regarde vraiment pour la première fois, c'est étonnant.
C'est l'effet que m'a fait « Raccourci »; il m'a ouvert la porte d'un monde que je ne cesse d'explorer. sunny
Tout cavalier peut avoir accès à ce monde là, et je pensais que c'était ce qui caractérisait les cavaliers de haut niveau. Je pensais également que toute la « littérature » scientifique et éthologique sur le signes de mal-être des chevaux s'adressait à des petits propriétaires de petit niveau équestre qui comme moi essaient de ne pas casser leur monture. Or je suis déçue, désappointée, outrée de constater que les chevaux sont si souvent mal traités à très haut niveau au point qu'il faut mettre en place des règlements comme cette fameuse loi du sang, ou mettre au point des protocoles scientifiques pour savoir si le cheval souffre en rollkür, ou encore que certains puissent considérer que ce procédé puisse être efficace à un moment donné dans l'éducation du cheval. Pourquoi ne se contente -t-on pas d'écouter ce que les chevaux disent pour mener leur éducation et leur dressage? Car si c'est l'argent qui mène le monde le but n'est-il donc pas de faire durer le champion le plus longtemps possible pour qu'il puisse rapporter le plus de médailles possibles? scratch
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Muriel Le Mestric

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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Dim 19 Fév 2012 - 17:18

parce que vous l'avez dit vous même : avant de comprendre, vous étiez trop "bouchée" !
Il n'y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir, plus sourd que celui qui ne veut pas entendre, et plus bête que celui qui ne veut pas comprendre. Tout cela est bien sur totalement inconscient et d'autant plus généralisé que la situation la plus banale est justement ce comportement aveugle, sourd et bête.
Ceux qui montent sans mors, sans fers et sans arçon, qui font appel à des communicateurs intuitifs, qui soignent en utilisant un pendule et en récitant des prières, etc...sont considérés comme des illuminés (c'est parfois le cas). Bcp de gens leur reprochent de maltraiter leurs chevaux parce qu'ils n'ont pas de fers aux pieds (et donc boîtent), ou ne reçoivent pas de vrais soins médicaux en cas de grosse crise de colique !

Quant à vos explications sur notre éventuel mal-entendu, elles me confirment que....nous sommes parfaitement d'accord sur tous les points (pas trop déçue ? il va vous falloir vous trouver un autre os à ronger). Twisted Evil
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zabot29

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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Dim 19 Fév 2012 - 22:40

malheureusement, beaucoup de gens agissent de façon égocentrée : le cheval est un "objet" au service de leurs ambitions ou envies personnelles : gagner un concours, être sur le plus beau cheval... donc qu'importe si le cheval a des émotions ou des choses à nous dire, il doit être soumis à nos envies, si possible vite et sans état d'âme. L'excès inverse existe aussi , ce sont ceux qui considèrent le cheval comme un nounours et le traite comme tel, et finalement c'est tout aussi égoïste .
On voit la même chose chez les propriétaires de chiens ..et même parfois chez les parents envers leurs propres enfants ...
Nous avons tous et toutes nos motivations- moi la première- pour monter à cheval et elles sont toutes plus ou moins égoïstes ( après tout, le cheval est fait pour vivre dans un pré avec ses congénères, pas pour nous faire plaisir..) . C'est un moindre mal si le cavalier respecte la personnalité , l'instinct, l'intégrité de son compagnon à 4 pattes , mais il ne faut pas se voiler la face, le monde n'est pas fait que de personnes respectueuses, que ce soit des chevaux, des chiens ou des autres humains .. Evil or Very Mad
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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Lun 20 Fév 2012 - 11:11

zabot29 a écrit:
malheureusement, beaucoup de gens agissent de façon égocentrée : le cheval est un "objet" au service de leurs ambitions ou envies personnelles
Malheureusement oui.
Mais à la base, avoir un cheval parce qu'on aime les chevaux est égocentrique, d'une certaine manière. Very Happy
J'ai des chevaux pour mon plaisir, et le jour où ils ne m'apporteront plus aucun plaisir, je songerai sérieusement à m'en séparer! (que m'apporteraient-ils, et qu'est-ce que je leur apporterais? Que feraient-ils d'ailleurs auprès d'une maîtresse qui n'aurait plus aucun plaisir à les voir ni à s'occuper d'eux? Autant qu'ils fassent le bonheur de quelqu'un d'autre!)

Il n'y a pas de mal à avoir des chevaux pour son bon plaisir (du moment qu'on s'en occupe bien). Pour ses ambitions ou assouvir ses désirs, là c'est hélas courant aussi et c'est autre chose...
Consciemment ou pas, nous investissons dans le cheval (qui n'en demandait pas tant): du temps, de la passion, ou encore de l'argent, du travail, des objectifs... et notre soif de retour (gains, résultats en concours, reconnaissance sociale, objectifs à atteindre, mais aussi affection, etc.) empoisonne souvent nos relations avec nos chevaux (qui nous le disent, des manières les plus diverses).
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fraxinus



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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Mer 22 Fév 2012 - 17:26

Toutes nos actions sont égoïstes, normal l'instinct de survie psychique et physique Laughing . Même au pré avec des congénères le cheval est contraint par les clôtures.
C'est dans ce que nous investissons qu'il faut peut-être faire une distinction. Les chevaux sont des animaux sociaux comme nous, je pense qu'investir du temps de la passion et en attendre un retour d'ordre « affectif » en respectant le cheval en tant que tel me semble un moindre mal. Mais lorsque le cheval sert à la reconnaissance sociale c'est à dire nous sert à nous valoriser en tant qu'humain par rapport aux autres humains c'est là que les abus commencent car nous l'instrumentalisons.
Je suis persuadée que le Cheval et l'équitation est un formidable processus de développement et d'amélioration de soi mais par rapport à soi même, pas par rapport aux autres humains. C'est dans le regard du cheval qu'il faut chercher la reconnaissance de soi pas dans celui des autres humains. alien
C'est encore un raisonnement purement exotique mais si au cours de l'apprentissage de l'équitation les enseignants pouvaient sensibiliser les élèves à ce que les chevaux disent en mettant l'accent sur les échanges qui existent intrinsèquement lorsque deux êtres vivants sont mis en relation aussi étroite qu'un humain sur un cheval cela aiderait certains cavaliers à re situer leurs attentes par rapport au cheval. Cela ne résoudra pas tous les abus, il y aura toujours dans tous les domaines des narcissiques qui se serviront du cheval pour assouvir leur soif de pouvoir, mais peut être le feraient -ils en connaissance de cause et sans leurrer les autres.
Les débutants sont parfois très sensibles à ce que disent les chevaux. Un jeune cavalier vint me trouver pour l'aider à préparer son cheval pour la reprise galop 1. le moniteur avait été retenu au bureau par un client. Son cheval « vieux routier » présentait sa croupe « ondulante » lorsqu'il voulait ouvrir la porte du boxe. Le gamin avait parfaitement compris que son cheval ne voulait le laisser entrer. Mais la question c'était pourquoi: « Moi je ne lui veux pas de mal! En plus il me connait même pas, alors pourquoi ne veut-il pas me voir? » Je trouvais sa traduction du discours de « vieux routier » très juste. Je tentais de lui expliquer que le cheval, voulais peut-être des preuves de ce qu'il disait avant de le laisser entrer chez lui, que « frapper à la porte » ne suffisait pas toujours pour qu'on vous dises « entrez ». L'appeler par son nom et lui tendre la main avec une friandise de préférence peut-être une bonne entrée en matière avant d'ouvrir la porte du boxe. Un cheval ne peux pas prendre un sucre en vous présentant sa croupe. Wink « Vieux routier » nous laissa entrer. Coup de brosse rapide , l'élève était en retard, mais pas moyen de poser la selle sur le dos, un léger pas de coté, les boxe étaient vraiment grands dans cette écurie, suffisait à empêcher l'élève de mettre la selle en place. «  Pourquoi ne veut-il pas être seller? » Encore une fois le cavalier avait bien interprété les manœuvres de « vieux routier ». j'expliquais que, comme tout travailleur physique le cheval pouvait avoir mal au dos ou des rhumatismes parce qu'il n'était plus tout jeune, et que si son coup de brosse l'avait rendu propre, il fallait peut-être lui masser un peu le dos avant de poser la selle.
Le moniteur, arriva à ce moment précis: « pas prêt , allez on se dépêche, retard.. ».ect. Il posa la selle, passa le filet, mis les rênes dans les mains du cavalier et en route pour le manège.
Ne vous méprenez pas , je ne suis pas en train de « donner une leçon aux enseignants » je sais que les contraintes de temps et de rentabilité sont à l'origine de cette façon de faire: le client a payé pour une heure à cheval. C'est peut-être là que le « bât blesse ». Une heure de leçon ne devrait pas s'envisager automatiquement comme une heure sur le dos du cheval. La grande majorité des cavaliers ne sont pas attirés par la compétition. L'engouement pour l'équitation éthologique montre que la plupart des cavaliers sont à la recherche d'une relation avec le cheval qui passe par une demande de travail à pied. En équitation classique le travail à pied existe aussi. Les enseignants savent reconnaître les beautés et défectuosités d'un modèle ils savent donc reconnaître les tensions et repérer les contractions musculaires sur leur chevaux et initier leur élèves à les reconnaître et à en tenir compte lors du pansage par des massages basiques ne devrait pas être bien compliqué et pourrait aussi faire partie du travail à pied.
yveskatz a écrit:
Fraxinus, à votre avis, combien d'enseignant expliquent à leurs élèves et leur apprennent qu'il faut comprendre les messages que transmet le cheval? Combien expliquent comment arriver à sentir, à comprendre cet échange dans le couple?
Pour répondre à cette interpellation dans un autre sujet, je dirais que j'ai eu la grande chance d'être formée par 2 hommes de chevaux sur la douzaine que j'ai côtoyé soit 16,5% pensez vous que ce pourcentage soit en baisse?
Comme je ne sais si vous parlez du travail à,pied ou monté, je parlerai du travail à cheval. Ce qui les caractérisait tous les deux c'est qu'ils ont été capables de dire ce qui n'allait pas dans ma façon de demander mais aussi ce qui empêchaient les chevaux de répondre à mes demandes soit à cause de leur personnalité soit à cause de leur physique. Je leur en suis vraiment très reconnaissante car lorsque j'ai eu la charge d'emmener des enfants monter à cheval, les moniteurs m'ont laissé choisir le cheval que je devais utiliser pour la voltige que j'animais. C'est à dire que pour la première séance j'utilisais celui qu'il m'avait conseillé et qui 9/10 ne pouvait assurer ce travail. Mais, à la décharge des enseignants , ces clubs ne pratiquaient pas la voltige.
Mais pour arriver à comprendre cet échange dans le couple il faut non seulement que l'enseignant sensibilise le cavalier mais également que le cavalier accepte que le cheval s'exprime. Le cheval qui urinait sous son cavalier (sujet erreurs) avait des problèmes physiques dont le cavalier, dresseur passé par Saumur, était parfaitement conscient et alors que je m'énervais inutilement à lui montrer les points faibles du cheval il me cloua le bec en disant que la propriétaire voulait qu'il travaille le cheval et qu'il était payé pour ça.
Pour remédier à ce manque de communication entre cheval et cavalier il faudrait sensibiliser les enfants dès le poneys club, ce qui peut être du ressort d'un Éducateur (avec majuscule, vous avez remarqué) sportif, terme qui n'est plus à la mode aujourd'hui. Mais il faudrait aussi qu'en compétition à très haut niveau (vitrine de l'équitation) les juges soient sensibles à cette communication et en tiennent compte dans leur notation. Tout ceci ne sont que des remarques exotiques à prendre d'où elles viennent d'une fraxinus très exotique, normal le Morvan c'est le bout du monde. jocolor
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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Jeu 23 Fév 2012 - 9:49

(hmmm, je croyais que le Bout du monde était plutôt du côté de Nolay? Wink
http://www.bosses21.com/images/photos/cirque-du-bout-du-monde/HPIM6817.jpg )

fraxinus a écrit:
Mais lorsque le cheval sert à la reconnaissance sociale c'est à dire nous sert à nous valoriser en tant qu'humain par rapport aux autres humains c'est là que les abus commencent car nous l'instrumentalisons.
Il l'a été de tous temps. Ne serait-ce que parce que sur son dos, nous sommes assis plus haut que le commun des mortels. (sur notre c.., j'en conviens, mais plus haut tout de même Very Happy )
Sur un animal beau, puissant, rapide, fougueux parfois, intimidant pour les non cavaliers...

Citation :
Je suis persuadée que le Cheval et l'équitation est un formidable processus de développement et d'amélioration de soi mais par rapport à soi même, pas par rapport aux autres humains.
Les anciennes valeurs de la chevalerie?
Tout travail commence par soi-même... Si l'on devient meilleur en soi, on le sera aussi avec les autres. Je pense que les rapports avec les autres sont le reflet de la richesse que l'on possède en soi.
Le cheval est un compagnon précieux, car lui nous dit toujours honnêtement ce qu'il pense et nous renvoie toujours à nos actes, qu'il ait affaire à un paysan ou à l'archiduc de machin-chose.

Citation :
L'engouement pour l'équitation éthologique montre que la plupart des cavaliers sont à la recherche d'une relation avec le cheval qui passe par une demande de travail à pied. En équitation classique le travail à pied existe aussi
Oui, il n'y a qu'à lire Baucher, en décrire les exercices (étonnamment semblables à de Corbigny!) et les bienfaits. Smile

Citation :
Mais il faudrait aussi qu'en compétition à très haut niveau (vitrine de l'équitation) les juges soient sensibles à cette communication et en tiennent compte dans leur notation.
La compétition c'est par définition se battre pour être le meilleur, la performance, les résultats. La qualité de la communication entre en compte, dans la mesure où un cheval confiant fait parfois tomber moins de barres qu'un cheval en défense... Les juges peuvent sanctionner des comportements inappropriés, mais hormis cela, je n'imagine pas trop comment ils pourraient noter plus favorablement les couples qui s'entendent bien?
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Muriel Le Mestric

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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Jeu 23 Fév 2012 - 13:44

Le bout du monde, c'est dans le Finistère, à la presqu'île de Crozon précisément, début août (et c'est génial !).
http://www.festivalduboutdumonde.com/


La compétition est avant tout considéré comme un faire valoir, souvent un moyen de flatter encore plus son ego, en montrant à tout le monde qu'on a gagné. Non seulement, on maitrise un animal plus fort que nous, beau, grand, etc...mais en plus, on est meilleur que les autres !
Ceux qui ne gagnent pas ont peut-être une approche moins narcissique des concours. peut-être ?

J'ai eu des conversations édifiantes avec certains petits (pas par l'âge, mais par le niveau) cavaliers de concours (je me souviens les avoir déjà relatées sur le forum, je ne sais plus à quel sujet).



fraxinus a écrit:
Les enseignants savent reconnaître les beautés et défectuosités d'un modèle ils savent donc reconnaître les tensions et repérer les contractions musculaires sur leur chevaux et initier leur élèves à les reconnaître et à en tenir compte lors du pansage par des massages basiques ne devrait pas être bien compliqué et pourrait aussi faire partie du travail à pied.


si au cours de l'apprentissage de l'équitation les enseignants pouvaient sensibiliser les élèves à ce que les chevaux disent en mettant l'accent sur les échanges qui existent intrinsèquement lorsque deux êtres vivants sont mis en relation aussi étroite qu'un humain sur un cheval

Vous croyez vraiment que nous recevons une formation efficace sur ces points ?


Aujourd'hui encore ce qui nous est enseigné dans les centre de formation du monitorat, c'est "bien sur, nous sommes en super relation avec les chevaux"
mais ils doivent être soumis, nous devons les dominer. Et la moindre incartade est réprimandée sans en chercher réellement la cause.
Lors de ma formation, mon poney est parti en coups de cul à la réception d'un obstacle et m'a très salement virée. Mon instructeur a conclu qu'il était joueur et aimait sauter "qu'est-ce qu'il est coquin"...
Mais il s'était transformé en furie : sans avoir à le connaitre bcp, n'importe qui aurait pu voir qu'il n'y avait aucun plaisir là dedans, encore moins l'idée de jeu.
Avec le temps, j'ai fini par comprendre ce qu'il lui était arrivé : sur conseil de mon instructeur, je le montais trop durement depuis plusieurs mois (bcp de jambe et bcp de main...le contraire de la légèreté), ce qui le stressait déjà bcp.
Ce jour là, je lui avais mis des protec' à la demande expresse de mon instructeur (et oui, je saute sans protec', d'habitude) : c'était la première fois qu'il sautait avec (assez gros, en plus)...et je pense que ça lui a provoqué une sensation désagréable, ou surprenante, qui l'a inquiété.

Je ne reproche rien à cet instructeur car c'est ainsi qu'il a appris à monter. Et il transmet ce qu'il a appris, avec un certain succès vu les résultats de son centre de formation (100% de réussite au BPJEPS depuis des années). Ce qui ne l'incite surement pas à la remise en question.
Hélas, son enseignement n'incite pas ses élèves-moniteurs au développement d'une relation basée sur un réel partenariat dans l'empathie avec le cheval. Et je suis sure que la plupart des centres de formation sont ainsi...(peut-être même pire !).



Tant de moniteurs sont eux-mêmes narcissiques. Les cavaliers prennent exemple sur leur enseignant. On en a déjà parlé sur le forum...
Les parents aussi y jouent un rôle.


Tant de cavaliers veulent des résultats (et comme le client est roi), on se préoccupe moins de ce que disent les chevaux, que de ce que veulent les clients. Je rencontre régulièrement des gens qui ne voient pas l'intérêt de marcher avec le cheval : s'ils ont payé une heure, c'est pour être transporté sur leur dos pdt une heure ! Et c'est une idée encore très répandue : apprendre à être à coté du cheval, c'est utile que pour l'amener du box au manège et inversement.
Tout comme énormément de personnes sont encore persuadées que le mors est totalement indispensable pour monter à cheval, tant qu'on ne s'appelle ni J-M Imbert, ni Andy Booth ! J'en rencontre très souvent à l'écurie (et jusqu'à mon propre frère lors d'un repas de famille !!!).
D'ailleurs, les film grand public entretiennent cette croyance : par exemple, les créatures montées dans la saga Starwars ("il y a bien longtemps dans une galaxie très très lointaine") ont toutes des "mors" dans la bouche.
Certaines personnes sont difficiles à convaincre (il n'y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre). Je vois que ces gens sont terrorisés à l'idée de monter sans mors, pour eux synonyme de contrôle et de sécurité. Ceux qui ont déjà monté (avec mors) ont svt constaté que même avec un mors on ne contrôlait pas très bien le cheval et qu'on pouvait avoir un accident...alors sans, quelle folie !
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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Ven 24 Fév 2012 - 11:00

Muriel Le Mestric a écrit:
Le bout du monde, c'est dans le Finistère, à la presqu'île de Crozon précisément, début août (et c'est génial !).
Chacun cultive son petit bout de "bout du monde" près de chez soi. Laughing

Citation :
Et la moindre incartade est réprimandée sans en chercher réellement la cause. (...)
Je ne reproche rien à cet instructeur car c'est ainsi qu'il a appris à monter. Et il transmet ce qu'il a appris, avec un certain succès vu les résultats de son centre de formation (100% de réussite au BPJEPS depuis des années). Ce qui ne l'incite surement pas à la remise en question.
C'est aussi l'éducation de cavalière que j'ai reçue ... et franchement, ça me fait suer, car on a beau se remettre en cause, changer: on ne se défait jamais totalement de l'éducation qu'on a reçue. Neutral
Je le vois parce qu'à pied, ou avec mes poulains, jamais reçu d'éducation "club", et je me comporte différemment.
(et encore, en club, je faisais partie des mauvais élèves, ceux qui pouffaient de rire quand leur vieux canasson malicieux passait à fond de balle entre le chandelier et le pare-botte au lieu de sauter Laughing )

Citation :
Tant de cavaliers veulent des résultats (et comme le client est roi), on se préoccupe moins de ce que disent les chevaux, que de ce que veulent les clients. Je rencontre régulièrement des gens qui ne voient pas l'intérêt de marcher avec le cheval : s'ils ont payé une heure, c'est pour être transporté sur leur dos pdt une heure ! Et c'est une idée encore très répandue : apprendre à être à coté du cheval, c'est utile que pour l'amener du box au manège et inversement.
Ben oui, l'amener/aller le chercher au paddock, c'est le boulot du palefrenier, hein. What a Face
Hormis pour ceux que les concours intéressent davantage que les chevaux, n'y a-t-il pas moyen pour les enseignants justement de faire découvrir à leurs élèves autre chose que ces idées reçues?
Peut-être que les clients veulent "ça", parce qu'ils croient tout bêtement que c'est comme ça et qu'il n'y a rien d'autre?
Et puis, une leçon, ce n'est pas forcément une heure, ça peut être un peu plus, ou beaucoup moins... donc comment concilier leçon et satisfaction du client, qui a payé une heure pour être à cheval?


Dernière édition par Nathalie G. le Mer 26 Déc 2012 - 10:45, édité 1 fois
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Muriel Le Mestric

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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Ven 24 Fév 2012 - 20:11

Nathalie G a écrit:

Et puis, une leçon, ce n'est pas forcément une heure, ça peut être un peu plus, ou beaucoup moins... donc comment concilier leçon et satisfaction du client, qui a payé une heure pour être à cheval?
Question intéressante !
Lorsqu'un cheval (ou son cavalier) a eu du mal lors d'une séance, et que pour marquer le coup, on préfère arrêter ladite séance au premier résultat positif, pour être certain de ne pas repartir dans une galère, ou en demander trop (au cheval, surtout...).
L'enseignant d'équitation doit savoir transmettre son tact équestre, mais il doit aussi avoir du tact humain. Et cela n'est pas du tout enseigné en centre de formation... Laughing
Pourtant le cheval est un être de relation...mais tous ceux qui disent être en parfaite harmonie avec les chevaux, mais "ne pas comprendre leurs semblables" ou "préférer la compagnie des chevaux à celle des hommes", ou qui montrent régulièrement des failles relationnelles avec les humains...ces gens de chevaux n'ont peut-être pas tout compris à la relation qu'ils entretiennent avec les chevaux. Car cette relation est largement transposable à notre vie non équestre, et vice et versa.


Dernière édition par Muriel Le Mestric le Sam 25 Fév 2012 - 16:29, édité 1 fois
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fraxinus



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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Sam 25 Fév 2012 - 15:06

Muriel le Mestric a écrit:
Vous croyez vraiment que nous recevons une formation efficace sur ces points ?
Je dois vous paraître bien naïve, mais je pensais que c'était systématique et j'ignore tout de la formation des enseignants d'équitation silent .
Muriel le Mestric a écrit:
Lors de ma formation, mon poney est parti en coups de cul à la réception d'un obstacle et m'a très salement virée. Mon instructeur a conclu qu'il était joueur et aimait sauter "qu'est-ce qu'il est coquin"...
Mais il s'était transformé en furie : sans avoir à le connaitre bcp, n'importe qui aurait pu voir qu'il n'y avait aucun plaisir là dedans, encore moins l'idée de jeu.
Avec le temps, j'ai fini par comprendre ce qu'il lui était arrivé : sur conseil de mon instructeur, je le montais trop durement depuis plusieurs mois (bcp de jambe et bcp de main...le contraire de la légèreté), ce qui le stressait déjà bcp.
Ce jour là, je lui avais mis des protec' à la demande expresse de mon instructeur (et oui, je saute sans protec', d'habitude) : c'était la première fois qu'il sautait avec (assez gros, en plus)...et je pense que ça lui a provoqué une sensation désagréable, ou surprenante, qui l'a inquiété.
Quoi qu'en dises votre instructeur, je pense que la seule personne apte à juger de l'humeur du poney c'était bien vous. Le ressenti au moment de l'action est le seul traducteur valable pour moi.
Comme vous l'avez analysé les protections ont pu provoquer des sensations auxquelles il n'était pas habitué. Mais s'il sautait sans, d'habitude, pourquoi en mettre? Un cheval peut sauter sans protections dans de bonnes conditions.
Vous le montiez depuis plusieurs mois en « force » donc il y était aussi habitué même si cela le stressait. J'ai constaté que les chevaux prennent l'habitude de ne pas être monté en légèreté de la part de leur cavalier. Bien que je ne soit pas habilité à juger de la légèreté d'un cavalier j'ai remarqué qu'en règle générale j'avais beaucoup de mal à passer derrière un cavalier masculin, moins de poids , moins de force dans les jambes et les mains, m'ont toujours rendu les chevaux d'homme plus difficiles que les chevaux de femme (propriétaires) à moins que le cavalier soit fin. À vrai dire les seuls chevaux d'hommes faciles ont été ceux qu'avait dressés mon instructeur. Sur un obstacle gros le physique du cheval est soumis à de plus fortes contraintes et les protections n'ont peut-être été que la goutte de sensation supplémentaire qui ont fait déborder le vase de ce qu'il pouvait supporter? La violence de sa réaction était peut-être proportionnelle pour lui à la « force » avec laquelle il était monté? Mais je pense sincèrement avait un problème de dos.
Je ne remets nullement en cause votre analyse j'essaie simplement d'expliquer comment je raisonne. pale
Votre instructeur, par son commentaire a certainement voulu dédramatiser la situation. Des chevaux joyeux à l'obstacle ne virent pas leur cavalier, et cette joie se ressent et est très plaisante. Un jeune psar au cours de ses premières leçons d'obstacle partait en coups de cul dès la réception, sans chercher aucunement à me virer; je ressentais son appréhension avant l'obstacle et sa joie et même sa fierté d'avoir réussi après d'où le tour de carrière joyeux. L'appréhension disparu d'ailleurs dès le troisième saut pour ne laisser que la joie. Commentaire de l'instructeur aux autres cavaliers « laissez le jeune s'éclater et n'oubliez pas de bosser ». Razz
[quote="Nathalie G"](et encore, en club, je faisais partie des mauvais élèves, ceux qui pouffaient de rire quand leur vieux canasson malicieux passait à fond de balle entre le chandelier et le pare-botte au lieu de sauter )
(pas totalement hors sujet de ce post, d'ailleurs: étonnant de voir comment certains chevaux très intelligents et blasés dans les clubs réagissent par ... l'humour! (/quote]
Surtout que le rire du cavalier est un renforcement positif et donc pas question de se séparer de quelqu'un qui comprend notre sens de l'humour se dit le cheval. La joie du cavalier est communicative au cheval, il faudrait aussi apprendre à s'en servir, car c'est un excellent moyen de rendre le cheval « accro » à son cavalier, on l'oublie trop souvent. bounce

Même à l'obstacle où les séparations de corps sont plus faciles pour le cheval, celui-ci ne veut pas forcément virer son cavalier et même fait tout pour le garder.
« Raccourci », sur les conseils de mon instructeur, participa à quelques reprises d'obstacles de petit niveau au cours de sa rééducation. 50 à 60cm pour un cheval 1,80m au garrot, des cavalettis. Laughing
C'était le soir sur la carrière, la lumière déclinait et quelqu'un alluma les lampadaires au moment ou nous nous apprêtions à sauter. Le cheval surpris sauta ces 50cm à hauteur du chandelier = env 1,60m? J'ai été très surprise et bien sûr décapsulée... dans ces situations le temps s'étire et je me sentais rejoindre les étoiles avant la descente vertigineuse... à la réception le cheval s'arrêta me rattrapa et d'un coup d'encolure me remis sur la selle, enfin essaya, car j'atterris sur le garrot. Je tentais de me rassoir sur la selle, il tourna l'encolure pour me saisir un pied, petite secousse, puis l'autre pied, idem: « c'est bon là? t'es à ta place? ». Mon instructeur, hippique, après s'être extasié sur la capacité de saut de « raccourci » me dit en riant: «  Il tient vraiment à ce que tu restes en selle! » Je riais jaune trop occupée à tenter de recoller les deux moitiés de mon corps. Embarassed
D'autres chevaux aiment vraiment sauter et si le cavalier les gêne, tant pis pour lui. Une jument de l'écurie virait les cavaliers trop timorés en début de parcours pour continuer seule. Elle sautait tous les obstacles, pas forcément dans l'ordre, mais à sa décharge personne n'avait pris le temps de lui apprendre à lire les numéros No . Un autre, cheval de propriétaire, regardait attentivement les concurrents précédents. Sa propriétaire le laissait faire systématiquement: c'était sa façon de reconnaître le parcours. Wink
Nous sommes d'accord sur le fait que le cheval reconnaît nos émotions: la peur du cavalier va contribuer à lui faire peur. Donc si nous sommes contrariés par l'attitude de l'instructeur ou ses exigences comme dans le cas qu'évoquait Muriel Le Mestric, plus haut, le cheval va ressentir notre contrariété sans en connaître les origines. Il nous croit contrariés par son attitude ou ce qu'il fait, et cela peut soit le fâcher soit l'anéantir. J'ai toujours préféré contrarier l'enseignant plutôt que le cheval (je n'ai jamais rencontré d'enseignant qui utilisait sa cravache contre le cavalier) affraid
C'est pourquoi dans le sujet peur je disais: qui croire , le cheval ou l'enseignant? » je choisis toujours le cheval. What a Face
Au cours de ma formation voltige, on nous a appris à nous servir des rênes colbert, à mi-encolure, pour favoriser la cession de nuque, enfin je crois car les explications étaient plutôt succinctes: fais ce qu'on te dis! Le cheval que je montais avait une forte cravate et a bien su me faire ressentir sa contrariété qui augmentait avec l'allure. Lorsqu'il était contrarié il virait quelque soit le cavalier quitte à se rouler au sol. Je savais qu'au galop je risquais la séparation de corps. Donc je passais un deal: « allez une longueur de manège et je te jure que je te laisse tranquille ». Au bout de la longueur dans le coin je rendis les rênes, et l'instructeur qui nous donnait la leçon ne pu s'empêcher de dire : « qu'est ce tu fais ? pour une fois qu'il était bien, continue ect ect ». J'opposais un « non » ferme et définitif et descendis de cheval pour le ramener à l'écurie en laissant la monitrice entraineur de voltige de débrouiller avec ce monsieur venu d'ailleurs. Têtu le groom un vrai âne. On peut s'en permettre des choses en étant groom. pirat
Muriel le Mestric a écrit:
mais tous ceux qui disent être en parfaite harmonie avec les chevaux, mais "ne pas comprendre leurs semblables" ou "préférer la compagnie des chevaux à celle des hommes", ou qui montrent régulièrement des failles relationnelles avec les humains...ces gens de chevaux n'ont peut-être pas tout compris à la relation qu'ils entretiennent avec les chevaux.
J'en ai rencontré et je côtoie de tant à autres des éleveurs de charolais qui préfèrent leurs vaches et qui ont une vraie relation avec leur animaux. Ces personnes, comme les chevaux, n'aiment pas « l'incohérence » des humains normaux, c'est pour cela qu'ils ont des difficultés relationnelles avec leur semblables. rendeer
Mais pour être enseignant d'équitation il me semble qu'il est nécessaire et indispensable d'aimer les relations humaines au moins autant que les chevaux. Dans le cas contraire les déceptions risquent d'être insupportables. Sad

Nathalie G a écrit:
Hormis pour ceux que les concours intéressent davantage que les chevaux, n'y a-t-il pas moyen pour les enseignants justement de faire découvrir à leurs élèves autre chose que ces idées reçues?
Peut-être que les clients veulent "ça", parce qu'ils croient tout bêtement que c'est comme ça et qu'il n'y a rien d'autre?
Et puis, une leçon, ce n'est pas forcément une heure, ça peut être un peu plus, ou beaucoup moins... donc comment concilier leçon et satisfaction du client, qui a payé une heure pour être à cheval?
Le client bloque un créneau horaire pour s'adonner à son loisir, mais pendant ce laps de temps l'enseignant est libre de proposer l'activité qu'il juge la plus adaptée, à condition d'en informer à priori le client et d'être hiérarchiquement indépendant. Une enseignante sur le forum disait qu'elle proposait des séances de longe à ses cavaliers. cheers
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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Sam 25 Fév 2012 - 17:06

fraxinus a écrit:
fraxinus a écrit:

Quoi qu'en dises votre instructeur, je pense que la seule personne apte à juger de l'humeur du poney c'était bien vous. Le ressenti au moment de l'action est le seul traducteur valable pour moi.
Comme vous l'avez analysé les protections ont pu provoquer des sensations auxquelles il n'était pas habitué. Mais s'il sautait sans, d'habitude, pourquoi en mettre?

fais ce qu'on te dis!


fraxinus a écrit:
Vous le montiez depuis plusieurs mois en « force » donc il y était aussi habitué même si cela le stressait. J'ai constaté que les chevaux prennent l'habitude de ne pas être monté en légèreté de la part de leur cavalier. Bien que je ne soit pas habilité à juger de la légèreté d'un cavalier j'ai remarqué qu'en règle générale j'avais beaucoup de mal à passer derrière un cavalier masculin, moins de poids , moins de force dans les jambes et les mains, m'ont toujours rendu les chevaux d'homme plus difficiles que les chevaux de femme (propriétaires) à moins que le cavalier soit fin.
Le chevaux peuvent s'y habituer. Le mien non, surtout pour l'usage des mains : il tressait bcp, donnait des signes d'anxiété et/ou de colère.

fraxinus a écrit:
J'opposais un « non » ferme et définitif et descendis de cheval pour le ramener à l'écurie en laissant la monitrice entraineur de voltige de débrouiller avec ce monsieur venu d'ailleurs. Têtu le groom un vrai âne. On peut s'en permettre des choses en étant groom. pirat
Mais pas quand on est élève monitrice... No
Je préférais monter sans muserolle pour permettre au cheval de manifester "ouvertement" une main trop dure (en plus mon cheval a tjs été un grand bailleur, et j'ai tjs senti qu'il était géné par les muserolles, même très lâches, de ne pouvoir bailler librement).

Avec le recul, j'aurai du tout simplement retirer mon cheval du centre de formation, et ne pas l'embarquer dans cette galère.


fraxinus a écrit:
Votre instructeur, par son commentaire a certainement voulu dédramatiser la situation. Des chevaux joyeux à l'obstacle ne virent pas leur cavalier, et cette joie se ressent et est très plaisante.
Je pense surtout que quand je lui ai demandé "pourquoi il m'avait fait ça". Il n'en avait aucune idée. Et au lieu d'avoir l'humilité d'admettre qu'il n'en savait rien, il m'a donné une réponse bateau.

Tant d'enseignants réagissent ainsi.
Même moi, lorsque les enfants me posent des "questions à la c*n" ou font des "remarques à la c*n", j'élude la réponse...car la vraie réponse me dérange, à moins que je n'en ai pas.
L'exemple type fut de répondre aux enfants qui ont peur "ne montre pas au cheval que tu as peur" : j'ai toujours ressenti un malaise en disant celà, car j'ai tjs su que c'était archi faux. Mais à l'époque, j'avais toujours entendu mes moniteurs/instructeurs/ATE donner cette réponse et ne savais pas quoi répondre d'autre à ces pauvres cavaliers désemparés face à leurs peurs.


fraxinus a écrit:
Ces personnes, comme les chevaux, n'aiment pas « l'incohérence » des humains normaux, c'est pour cela qu'ils ont des difficultés relationnelles avec leur semblables. rendeer
Mais pour être enseignant d'équitation il me semble qu'il est nécessaire et indispensable d'aimer les relations humaines au moins autant que les chevaux. Dans le cas contraire les déceptions risquent d'être insupportables. Sad
Aucun humain n'apprécie l'incohérence...aucun. Tout comme les chevaux, la vaches, les chiens, les chats, etc...
Et très souvent, ce qu'on apprécie le moins chez autrui...c'est ce qui reflète nos propres défauts.
Il aurait fallut demander à ses vaches s'il était toujours très cohérent avec elles. Je ne serais pas surpris que "non".
Ces gens fuient les relations humaines...alors que les chevaux sont toujours partant pour une relation cohérente qu'on pourrait leur proposer. Ils fuient les relations humaines pour mieux fuir leurs propres défauts.
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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Dim 26 Fév 2012 - 14:35

concrètement, quand on est "tout petit", comment apprendre à écouter ce que les chevaux nous disent?

par exemple, j'ai monté deux fois de suite "sur l'oeil" ces derniers temps et il m'a fait à chaque fois un coup d'folie avec coups de dos et moi à moitié désarçonnée. il faudrait que j'arrive à décrypter.... sans moniteur ni autre personne pouvant me conseiller. ce matin il ne me l'a pas fait car le l'ai longé avant de monter dessus.... (il vit dehors H24) les coups de dos sont probablement ses mots pour me dire qlq chose. mais quoi?

merci pour votre aide.

(PS pour Muriel : je ne vous oublie pas pr le scan Embarassed )
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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Dim 26 Fév 2012 - 14:48

(ok Wink )


Il est tout simplement impossible d'apporter une réponse sure à un cas particulier, sur un forum.
Déjà, en vivant la chose de près ou de loin, c'est parfois compliqué d'interpréter ce qu'ils nous disent.
Mais là, ça ne peut être que des hypothèses plus ou moins bateau...la plus vraisemblable selon moi serait un problème de dos.
Peut-être une raideur dorsale que la mise en route en longe a atténuée ?
Il peut aussi y avoir un pb de matériel (selle, mais aussi amortisseur ou même tapis) pas parfaitement adapté au dos du cheval (qui aggrave cette éventuelle raideur, surtout à froid) ?
Certains pb de dos ont pour cause originelle un pb de bouche ou de mors (ou de main)...
car quel que soit la cause de ces coups de cul, encore faudrait-il en trouver ce qui l'a provoquée, sinon on ne soignera que le symptôme sans supprimer la cause profonde, et ça reviendra.
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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Dim 26 Fév 2012 - 18:29

oui c'est certain, difficile de dire sans voir le cas.

mais celà peut il être interprêté comme juste de la joie, un excès de gaz ou que la couette sur le dos depuis qlq mois ? j'ai du coup des pistes mais c'est difficile de savoir pourquoi il me fait ça.... de savoir quelle piste privilégier.

pour la selle, je pense qu'on est pas mal (et elle ne lui a posé aucun pb des dernières semaines puisqu'il était même mieux, moins sur l'oeil depuis que je lui mets - en plus de la moumoute à la têtière Wink ). elle ne lui entrave pas le jeu des épaules (comme ont tendance à le faire les selles mixtes), ne touche pas sa colonne (gouttière large, tapis et amortisseur relevés du garrot au troussequin), etc.

ah je me fait des noeuds au cerveau avec ce ch'val Razz
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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Lun 27 Fév 2012 - 17:42

Mawawa a écrit:
ah je me fait des noeuds au cerveau avec ce ch'val
Ça , c'est leur fonction principale et « Sur l'œil » la remplit apparemment très bien! Smile
Mawawa a écrit:
concrètement, quand on est "tout petit", comment apprendre à écouter ce que les chevaux nous disent?
Entre nous, on est toujours « tout petit » quand il s'agit d'écouter ce qu'ils nous disent (comme pour le reste d'ailleurs) silent . Mais comme ils prennent facilement l'habitude d'être écoutés , ils deviennent de plus en plus bavards ce qui fait qu'on est toujours confronté à des « prises de tête ».
Muriel le Mestric a donné de bonnes pistes à explorer et les vôtres sont également pertinentes. Comme je suis une bavarde impénitente, je ne résiste pas à l'envie de vous soumettre ma façon de « fonctionner » dans un cas comme le vôtre.
Qu'est ce qui a changé entre le dernier jour où vous l'avez monté dans le calme et le jour où il vous a fait le le premier coup de folie? Comment était-il au pansage? Comment s'est-il comporté en longe? Qu'est ce qui a déterminé la durée de la séance de longe? Qu'avez vous ressenti depuis l'instant où vous l'avez abordé au pré, au pansage, à cheval , avant les coups de folie, en longe?
Mawawa a écrit:
mais cela peut il être interprété comme juste de la joie, un excès de gaz ou que la couette sur le dos depuis qlq mois ?
Qu'entendez vous par: « ou que la couette sur le dos depuis quelques mois »?
S'il n'a pas été monté pendant quelques temps cela peut être la joie de la promenade, s'il faisait froid il peut « bouger » pour se réchauffer, donc « excès de gaz », plutôt que de partir plein gaz, il peut « bouger » sur place.
Mais par temps frais, le poids du cavalier sur les muscles froids, car même au pré on ne bouge pas forcément beaucoup, peut générer une gêne voire une douleur, où même mettre simplement en évidence la raideur des muscles non échauffés. Ceci suffit à faire réagir certains sensibles, n'oublions pas qu'il s'agit d'un pur sang. Si c'est le cas , une palpation au pansage peut vous donner des informations utiles sur le degré de sensibilité de son dos.
Par temps frais nous sommes nous même un peu raide, engourdi, notre assiette suit moins bien le dos du cheval, ce qui peut le gêner, nos mains suivent moins bien la bouche. La mère du « gris » m'avait virée pour cette raison là, entre autres, sur la piste de galop.
Mawawa a écrit:
j'ai monté deux fois de suite "sur l'œil" ces derniers temps et il m'a fait à chaque fois un coup d'folie avec coups de dos et moi à moitié désarçonnée. il faudrait que j'arrive à décrypter....
« à moitié désarçonnée »: le but du jeu n'était pas de vous virer, c'est sûr. Sinon il ne se serait pas contenter d'une moitié. Rien de plus facile pour le cheval que de virer un cavalier déséquilibré. pirat
« Arriver à décrypter » nous en sommes tous là et le but de ce sujet est de vous entraîner sur le chemin du décryptage, chemin que vous avez déjà commencé à parcourir en vous posant toutes ces questions. sunny
Personnellement je suis très loin du bilinguisme mais je sais qu'ils parlent et que je n'ai qu'à décrypter avec mes moyens d'humain toujours « bouchée ». Alors j'utilise le ressenti, l'observation, le questionnement. Qu'est qui a changé, matériellement pour lui , pour moi. Dans quel état d'esprit j'étais , et lui? Je pense que l'abord et le pansage donnent une foule de renseignements sur la séance qui va suivre Wink .

Parce que si les chevaux « parlent » c'est qu'ils attendent un échange donc qu'on réponde et souvent on répond malgré soi, sans que nous en ayons conscience. Mais le cheval lui comprend cela.
Je vais encore vous parler de « Raccourcis » mais c'est lui qui fut mon initiateur.
Par un très beau matin d'hiver j'arrivais à l'écurie, fermement décidée d'aller galoper sur le chemin de X , 4km de piste en herbe, parce que j'en avais marre du manège, carrière piste de galop auxquels nous avait condamnés le gel. Je n'ai rien dit au cheval , comment aurait-il pu connaître mes intentions. Il ne fut pas nécessaire de le guider, au pas rêne longues il prit la bonne direction et pourtant ce n'était pas les itinéraires qui manquaient. Mais arrivés devant le chemin déconvenue totale, il avait été rechargé par du concassé compacté par le gel et était donc impraticable au galop. Je voulais faire demi tour pour prendre un autre chemin et continuer notre promenade au pas. « Raccourcis » était brave et sage et très obéissant, mais ce jour là pas question de faire demi tour. Un quart de tour,et il partit plein pot dans le pré qui s'ouvrait là, en sauts de moutons.« Raccourcis » n'avait que 2 défauts, il était très grand et trèèèèèèèèèèèèès inconfortable. Donc surprise, je perdis mes rênes et m'accrochais des 2 mains à la selle. Au bout du pré: une haie d'aulnes avec un ruisseau. Je ne pensais qu'à une seule chose: pas la haie pas le ruisseau! Pas de problème, il vira sur l'aile pour continuer le long de la haie. Je n'en voyais pas le bout, je crois bien que j'ai hurlé: « mais arrête toi , tu me f* la trouille! » Arrêt immédiat, pas, tête basse: « ben quoi, si on ne peut plus rigoler, pfff, t'es pas drôle ». Je pus enfin récupérer les rênes sur sa nuque. Qui c'est qui avait « dit » qu'on allait galoper, et qui n'avait pensé qu'à ça en préparant le cheval? Rolling Eyes
La mère du « Gris »: cinquième cheval de la journée. sachant que je passais en moyenne 2 heures par cheval et que j'étais arrivée à 8 heures du matin... sachant qu'il faisait froid et humide... piste de galop, 1 tour au pas, deux tours au trot, 3 tours au galop, 1 tour au pas c'était le programme, pas besoin de réfléchir, de se prendre la tête, et surtout ensuite retour au chaud, enfin. C'était mon état d'esprit du moment. Au premier tour de galop je ne sentais plus mes mains gantées, mes pieds étaient aux abonnés absents, je me demandais si j'arriverai à les retirer des étriers. « Ah oui, tu te le demande, pas de problème, je te le prouve! » Je n'ai toujours pas compris comment elle a fait. Mais après un salto avant je me retrouvé à terre debout sur mes deux pieds, les rênes en main, devant la jument arrêtée qui me fixait d'un regard peu amène. Elle: « C'est vrai quoi, moi c'est ma sortie, alors t'es avec moi ou sans moi? Mais tes mains, tes pieds, rien à cirer, c'est ma sortie je te dis! » Moi: «  d'accord, d'accord! Heu....On va brouter? » pale
Non seulement ils parlent mais ils nous répondent parce qu'ils nous Comprennent! Et c'est bien là le problème! Alors attention à ce qu'on dit! les chevaux ont des oreilles lol!
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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Mar 28 Fév 2012 - 10:34

Muriel Le Mestric a écrit:
Je préférais monter sans muserolle pour permettre au cheval de manifester "ouvertement" une main trop dure
Idem, toujours monté sans muserolle aussi. Ou au pire une française très lâche.
Pour la même raison que toi Wink : si j'ai une mauvaise main, c'est à ma main de s'améliorer, pas au cheval de se taire (bien au contraire).

Citation :
Et très souvent, ce qu'on apprécie le moins chez autrui...c'est ce qui reflète nos propres défauts.
J'adore ta lucidité et ton jugement! Laughing
Ce n'est souvent que trop vrai...
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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Dim 4 Mar 2012 - 17:40

merci fraxinus

fraxinus a écrit:
Qu'est ce qui a changé entre le dernier jour où vous l'avez monté dans le calme et le jour où il vous a fait le le premier coup de folie? Comment était-il au pansage? Comment s'est-il comporté en longe? Qu'est ce qui a déterminé la durée de la séance de longe? Qu'avez vous ressenti depuis l'instant où vous l'avez abordé au pré, au pansage, à cheval , avant les coups de folie, en longe?

ce qui c'est passé.... bcp de choses en fait :
- changement de parcours de ballade (pour éviter les chasseurs nous n'avons pas emprunté ce chemin pdt quelques mois, chemin qu'il connait bien cependant, mais qui a certaines zones "à fantômes" comme tous les chemins de ballade avec lui).
- j'ai osé galoper Embarassed la peur est là pour moi. avec lui (même si je ne suis pas bien gaillarde avec un autre cheval!!). je galope peu avec lui....

Au pansage il est toujours parfait, patient, détendu, etc. et je selle tjrs dans le calme, en douceur et en étant "avec mon cheval" (grace à "vieux singe" qui stressait vite quand il était jeune, j'ai appris à laisser les soucis à l'écart quand je suis avec mon cheval).

Pas de longe avant de le monter car pas de carrière à disposition et pas de sol adapté.
Entre les deux coups de folie, il a changé de pré. le 2nd coup de folie il l'a eu alors que je le montais ds le pré en question (ce qu'il ne faut en théorie pas faire mais ce pré est en ville dc si je veux le monter c'est dans les rues d'un quartier avec, je l'imagine, tant de fantomes que j'ai peur de finir au tas. et puis le monter ds le pré me permet de le retravailler sur le plat autrement qu'en ballade.
Je peux le longer un peu ds ce pré car le sol est sableux. mais le jour de son 2nd coup de folie je ne l'ai pas longé avant de le monter (ce que je fais en revanche depuis.... c'est handicapant la peur.... Embarassed ).

Ah j'oubliais, autre changement, sans doute de l'anticipation de ma part qui a prévenu sur l'oeil de ma crainte : de mémoire j'ai remis mon gilet le jour du 1er coup de folie.... (tiens on dirait "raccourcis" et le galop sur le chemin X tongue )


fraxinus a écrit:
Qu'entendez vous par: « ou que la couette sur le dos depuis quelques mois »?

Il est tondu et couvert (au pré H24) donc ça doit lui être assez inconfortable je pense. se retrouver sans couette (même avec une selle et mémère sur le dos!!) doit lui faire du bien.


Depuis il est longé avant que je le monte (et il est parfait à la longe!! en licol "normal", le nez par terre sans ficelles, au pas comme au trot. fière de lui Cool ). Je limite les risques.... pas très courageux!! mais c'est mieux ainsi plutot que d'être contracté (dc stressante pour lui) sur son dos. et je mets tjrs le gilet Very Happy


Du coup il y a tant de pistes qu'il est difficile de savoir laquelle est la bonne....

Et depuis j'en retiens qu'il faut aussi que je monte avec des chaps!! ou des bottes!! car je monte uniquement en chaussures et lors de son 2nd coup de folie, je me suis retrouvée le pied coincé ds l'étrier droit!! je ne faisais pas ma fière car si j'étais tombée je serais peut être restée accrochée!! pale a
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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Lun 5 Mar 2012 - 10:05

mawawa a écrit:
Je limite les risques.... pas très courageux!!
Limiter les risques n'est pas un manque de courage, mais une sage marque de prudence.
Et la prudence recommanderait effectivement de prendre des chaussures adaptées (ou des étriers qui limitent le risque de "pied coincé")
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mawawa



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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Lun 5 Mar 2012 - 20:34

Muriel Le Mestric a écrit:
mawawa a écrit:
Je limite les risques.... pas très courageux!!
Limiter les risques n'est pas un manque de courage, mais une sage marque de prudence.
Et la prudence recommanderait effectivement de prendre des chaussures adaptées (ou des étriers qui limitent le risque de "pied coincé")

oui bien que je monte depuis des années en chaussures sans chaps et c'est la 1ere fois que l'étrier s'est coincé!

marque de prudence qui fait aussi que nos progrès à "sur l"oeil" et moi sont très lents....
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Muriel Le Mestric

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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Lun 5 Mar 2012 - 21:39

Avec les chevaux, comme avec les cavaliers, il est urgent de ralentir, car nous allons souvent trop vite...et ça finit plus ou moins mal (pour l'un ou pour l'autre).

Il vaut mieux adopter cette devise :
"je vais lentement, car je suis pressé"
Et la prudence nous pousse à aller lentement...mais surement !
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fraxinus



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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Jeu 8 Mar 2012 - 18:49

Effectivement, beaucoup de situations différentes, beaucoup de pistes...
Si vous ne galoper pas systématiquement avec lui , son coup de folie est peut être simplement la joie de galoper, car ils aiment ça en général et se sentent plus libres de s'exprimer à cette allure. Au moment du départ , il peut avoir l'envie de partir plus vite que ce que vous permettez. S' il se sent gêner dans son élan en avant , il peut l'exprimer en sauts de mouton.
Pas de contre indication à monter dans son pré si ce n'est la présence de ses copains qui peut le distraire.
S'il est tondu, le fait d'enlever la couverture pour le travailler, ce qui est indispensable, le rend plus sensible au froid et le froid contracte. Donc c'est une excellente chose de le longer avant de le monter, cela lui permet se s'échauffer et de se décontracter sans le poids du cavalier. Comme il se comporte bien en longe, usez-en et abusez-en sans complexe. Surtout ne vous excusez pas d'avoir des appréhensions, on en a tous et c'est normal, personne n'a envie de se faire mal. Servez vous de tout ce qui peut vous rassurer, gilet, chaps, longe, « la prudence est mère de sureté » et plus vous êtes rassurée plus vous serez décontractée et confiante et il vous en sera reconnaissant.
Longer un cheval avant de le monter devrait être une règle générale incontournable, il me semble qu'Oliveira le disait mais je n'arrive pas retrouver le passage pour vous le citer. pale


Les chevaux parlent c'est sûr. Pour ceux qui en on entendu parler , ils se demanderont pourquoi j'ai mis temps de temps à aborder le fond du sujet, les autres trouveront ce qui va suivre vraiment très exotique Suspect
.Connaissez vous « les chevaux d'Elberfeld »?
Avant la guerre de 1914 un ami du propriétaire de Kluge Hans a racheté cet infortuné cheval soumis à des batterie de tests chargé de démontrer l'imposture de son dressage, pour continuer les recherches.
Kluge Hans était un cheval qui résolvait des calculs en frappant le sol de ses sabots pour donner les réponses. Mr Krall, son dernier propriétaire entreprit l'éducation de 6 chevaux dont un poney shetland et un cheval aveugle et privé d'odorat. Il leur apprend à calculer et à parler. Ils frappent le sol de leur sabot pour épeler des mots et finissent par s'exprimer en phrase simple sans qu'il leur en fasse la demande. C'est ainsi qu'il append que le palefrenier a frappé l'un d'eux en son absence, qu'un autre est déconcentré car son ami a mal au pied ou qu'un cheval a mordu l'éléphanteau de l'écurie. Je vous livre tout ceci en vrac. Bien sûr Mr Krall eu une foule de détracteurs mais aussi des témoignages enthousiastes, parmi ceux ci : Édouard Claparède, médecin neurologue et psychologue Suisse qui intéressait à la psychologie animale, Maurice Maeterlinck prix Nobel de littérature et Rémy de Gourmont journaliste essayiste romancier poète. Ces recherche furent interrompues par la grande guerre et ne furent jamais reprises et pire encore tombèrent dans l'oubli le plus total.
http://www.remydegourmont.org/de_rg/autres_ecrits/revues/depechedetoulouse/chevaux.htm
http://www.remydegourmont.org/de_rg/autres_ecrits/revues/depechedetoulouse/chevaux02.htm
http://www.remydegourmont.org/de_rg/autres_ecrits/revues/depechedetoulouse/chevaux03.htm
Rémy de Gourmond dit que les animaux sont des intelligences murées. J'ai observé des relations d'amitié, des échanges entre chevaux et chats (j'ai un faible pour les chats). Donc je me demande si ce ne sont pas plutôt les humains qui sont des intelligences murées.
Tout ceci est très « exotique » me direz vous mais j'ai la foi et j'y crois. Alors soyez indulgents, je ne cherche pas à convaincre, je vous livre simplement mes « croyances exotiques ». pour ceux que cela intéresse Maria Franchini en parle dans son livre « De l'intelligence des chevaux » édition Zulma
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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Ven 9 Mar 2012 - 10:37

Ah, Hans le malin!
Effectivement, il savait "compter" avec ou sans la présence de son maître.
Mais on peut imaginer aussi que, ayant battu le sol autant de fois qu'attendu par son public, celui-ci maintenu en haleine se relâchait alors pour s'apprêter à applaudir... donnant ainsi à son insu le signal qu'attendait le cheval.
Il aurait été amusant de faire compter Hans avec les yeux bandés, par exemple.

Les animaux possèdent une sensibilité à des détails ou une logique qui peuvent être interprétés très diversement par une logique humaine... le cheval perçoit des détails auxquels l'humain ne pense pas, et l'humain croit que le cheval sait compter... Laughing

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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Ven 9 Mar 2012 - 18:49

Hans der Kluge a subit tant de tests qu'il a fini par ne plus rien faire du tout et a fini ses jours au pré chez Krall. Celui-ci avait réussi à dresser un cheval aveugle et dépourvu d'odorat, donc les signaux visuels sont à exclure. Mais ce qui est le plus surprenant dans cette histoire c'est qu'on s'est évertué de chercher et de prouver l'imposture des deux dresseurs plutôt que d'affiner les recherches.
Pour ceux que cela intéresse le lien suivant vous donnera un aperçu des débats sur la question.

http://s3.archive-host.com/membres/up/784571560/GrandesConfPsycho/Psycho03-Claparede-1913.pdf
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Muriel Le Mestric

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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Lun 12 Mar 2012 - 19:17

Ne vous est-il jamais arrivé de sentir une atmosphère se tendre soudainement, ou se lâcher soudainement ?
Les chevaux sont hyper sensibles aux ambiances.
Et même en étant aveugle et sourd, je suis sure qu'un cheval percevrait ces variations...

Au lieu de vouloir s'acharner à vouloir démontrer si un cheval sait compter ou pas, je trouverais extraordinaire d'explorer cette capacité à percevoir l'ambiance et ces variations.
L'intelligence et la sensibilité sont certainement liées...et savoir compter devient subitement moins intéressant à mes yeux !
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