CE QUI SE CONÇOIT BIEN S'ÉNONCE CLAIREMENT. ET LES MOTS POUR LE DIRE ARRIVENT AISÉMENT (BOILEAU)
 
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 Ce que les chevaux nous disent

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fraxinus



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MessageSujet: Ce que les chevaux nous disent   Ven 28 Oct 2011 - 16:07

Suite à mes lectures je m'interroge sur le fait suivant.
L'éthologie étudie le comportement des chevaux entre eux et de préférence à l'état sauvage.
Par contre il y a peu de documentation concernant le comportement entre le cheval et l'humain en dehors des « nouveaux maîtres » qui se fondent eux aussi sur le comportement du cheval à l'état sauvage pour justifier leur doctrines.
La communication inter-espèces est peu étudiée car les éthologues scientifiques sont rarement des écuyers et que les écuyers ne sont pas des scientifiques en dehors de Marhe Kiley-Worthington. Or il me semble que les écuyers, enseignants, hommes de chevaux pourraient être considérés comme des éthologues pratiquants, il faut bien connaître le cheval pour l'éduquer et établir une communication avec lui et ce pas seulement pour le monter. De plus , si la connaissance de la biomécanique et de la locomotion est indispensable, l'exécution d'un geste demandé dépend aussi, en plus de la dextérité du cavalier, d'autres facteurs.
D'où ce sujet: « ce que les chevaux nous disent » pour énoncer tout au moins ce que nous croyons comprendre de la conversation qu'ils tentent d'établir avec nous et les moyens qu'ils emploient car personnellement je les trouve très bavards. Les professionnels pourraient nous apporter la lumière de leurs propres expériences.
Qu'en pensez -vous?

Si vous n'êtes pas intéressés, inutile de me renvoyer à mes lecture , j'en connais le chemin par coeur! lol!
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yveskatz

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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Sam 29 Oct 2011 - 19:25

Vaste sujet que nous propose là Fraxinus....................Il se développera au fur du temps, car le sujet ne peut être traité qu'en quelques mots..Il a l'avantage, outre le fait d'être intéressant de s'adresser à tous...... Souhaitons que les enseignants, qui sont les premiers interpellés, répondront nombreux à cet "appel du pied."...........
Juste une remarque en prologue: les nouveaux maîtres n'ont pas inventé grand-chose................leurs connaissances sont celles de tout homme de cheval correctement formé....Ils ont par contre l'avantage d'avoir su comment faire du neuf avec du vieux (ou l'avantage de la culture et du sens commercial américain)................. geek
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fraxinus



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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Dim 30 Oct 2011 - 18:27

Merci de votre intérêt c'est un sujet qui me passionne.
La complexité est dans ce que nous croyons comprendre et en interpellant les professionnels je pensais aussi aux éleveurs aux équithérapeutes ou équi psychomotricien bref à tous ceux qui travaille avec des chevaux et sont amenés à dialoguer et interpréter leurs discours pour des raisons: de sécurité, de santé, de cohésion de groupe, de bonne entente, de moral, et bien sûr les traduire à leur élèves humains de tout âge.

Nous autres pratiquants qui ne sommes pas amenés à rencontrer autant de chevaux que vous professionnels divers et variés avons peut être plus tendance à l'anthropomorphisme qui, dit en passant, est un début de compréhension si on l'utilise dans le sens « moi à sa place je ferais quoi? »
Ce que Marthe Kiley Worthington appelle « l'anthropomorphisme conditionné ».

Ce sujet à également un objectif: comprendre les mécanismes d'apprentissage du cheval pour s'en faire un partenaire.

Car c'est cela que les « nouveau maîtres » exploite actuellement. Ils n'ont effectivement rien inventé. Du temps des anciens, qui avaient une connaissance profonde du cheval, la préparation du cheval étaient laissés entre les mains d'excellents palefreniers qui prenaient soin de familiariser le cheval à l'humain avec tact pour qu'il prenne confiance et soit préparé à l'instruction qu'allait lui dispenser l'écuyer. Certains « maîtres » soulignent l'importance qu'ils accordaient à leur savoir faire dans ce domaine.

Donc les adeptes de « l'équitation naturelle » ne sont pas oubliés et sont les bienvenus.
jocolor
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Muriel Le Mestric

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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Dim 30 Oct 2011 - 20:24

Ce n'est pas plutôt l'anthropomorphisme "raisonné" ? study


Je regrette de ne pas apporter d'eau dans le bon sens de votre moulin, mais j'ai surtout constaté que bon nombres de professionnels ont bien du mal à expliquer le comportement des chevaux, lorsqu'un élève demande innocement "pourquoi il a fait ça ?"...à commencé par moi-même. Rolling Eyes

Réponse bateau : "il joue", ou "il teste", ou "parce que", quand on ne trouve pas une pirouette pour éluder la question.

Un cheval joueur qui balance des coups de cul ne l'est sans doute pas : douleur ou simple gène physique, trop plein d'énergie (ce qui n'a rien à voir avec le jeu, mais avec les conditions de vie), agression d'un autre cheval, demande trop forte du cavalier, peur, etc...
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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Mer 2 Nov 2011 - 10:47

Oh oui, comme on l'entend souvent, le fameux "il teste"!

Quelquefois, l'anthropomorphisme constitue un moyen confortable pour éviter la confrontation avec les vraies questions. Par exemple, un cheval qui devient grincheux ou triste au travail, on préfèrera dire qu'il teste, qu'il est de mauvaise volonté, ou encore le gaver de "soins"... plutôt que de remettre en question le mode de vie qu'on lui offre et le confort que ce mode de vie nous apporte.
Pour moi, les difficultés que nous posent les chevaux sont autant de critiques qui nous sont adressées, à la vie que nous leur imposons, à la façon dont nous les menons, etc. A nous de les écouter et de les traiter du mieux que nous le pouvons matériellement.

Mais en général, l'anthropomorphisme semble dû à l'ignorance de la différence: on n'imagine tout simplement pas que l'animal ait une façon de penser et des besoins si profondément différents des nôtres.
Le cheval et nous vivons dans deux univers différents.

L'approche éthologique (je veux dire scientifique) offre des bases intéressantes pour nous ouvrir l'esprit et nous faire entrevoir d'autres façons de fonctionner ou de percevoir l'environnement, plus fidèles à la nature de l'animal.
Tout comme la science vétérinaire peut nous offrir une approche intéressante au niveau "mécanique".
Cela dit, les vétos comme les éthologues ne sont pas des cavaliers, et à chacun son domaine de compétence; il ne me viendrait pas à l'idée de prendre des cours d'équitation avec un éthologue ou un vétérinaire.
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fraxinus



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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Mer 2 Nov 2011 - 18:34

Génial! Vous avez vu comme un mot, un seul, peut générer des réactions? Wink

Il s'agit bien « d'anthropomorphisme conditionné »

Marthe Kiley-Worthington a écrit:
Un autre moyen pour essayer de comprendre votre cheval, prévoir ses réactions et aussi saisir la cause de son éventuelle rétivité est d'utiliser « l'anthropomorphisme conditionné ». Ce qui signifie que vous devez reconnaître que vous et lui avez des points en commun. Vous êtes un mammifère, vous avez des organes sensoriels, un corps et un cerveau, ainsi que des émotions similaires. Par conséquent, pensez à comment vous vous seriez comportés dans la situation où vous avez mis votre cheval lorsqu'il a mal ou bien réagi. Ce procédé donne parfois de bons « tuyaux » pour savoir comment se comporter, afin d'éviter les conflits et aussi résoudre d'éventuels troubles du comportement.
Par ailleurs, le cheval est très différent de l'homme sous plusieurs points de vue et il faut en tenir compte. Néanmoins l'anthropomorphisme conditionné est un premier pas vers la compréhension.
S'il ne fonctionne pas, il peut y avoir plusieurs raisons et il faut y réfléchir longuement, car, malgré ses différences, le cheval n'est ni un martien, ni un robot dessiné par l'évolution qui agit mû exclusivement par l'instinct. Il est bien un mammifère comme vous et moi.
Les idées reçues négatives sont présentent chez nous. Nous avons l'impression de déjà connaître certaines « vérités » puisqu'elles nous ont été présentées comme telles, ou bien ces idées découlent d'une prétendue expérience que nous avons faite. Pourtant il est nécessaire de se libérer de tout préjugé, lorsqu'on travaille avec un cheval , tout en analysant scrupuleusement et constamment sa propre attitude.
Extrait de psychologie de l'éducation et concept de bien-être relatifs aux équidés dans l'équitation, le cheval et l'éthologie colloque du 18 septembre 1999 à l'école nationale d'équitation p80 et 81
Marthe Killey Worthington docteur en Communication des mammifères et instructrice diplômée.
L'une des rares éthologue scientifique écuyère.

Muriel Le Mestric. Vos essais de traduction sont sensés pourquoi ne pas les approfondir, c'est moins pire que d'apprendre le japonais surtout que vous êtes dans un « bain de langage » constant. Et vous êtes à l'origine de l'idée de ce sujet quand vous dites , ailleurs, que vous êtes persuadée que votre cheval est mieux sans mors. Je suis sérieuse et ne cherche nullement à ouvrir de polémique. affraid


Nathalie G. Vous êtes en complet accord avec MKW éthologue scientifique et écuyère avec qui je prendrai volontiers des cours. lol!


Ce que disent les chevaux est un titre que m'a inspiré le Docteur Dominique Giniaux : « les chevaux m'ont dit... essai d'ostéopathie équine.
Les chevaux « parlent » et chaque humain dans sa spécialité peut apporter des éléments de « linguistique » équine et leur traduction. En confrontant nos expériences nous pourrions arriver à établir un début de « dictionnaire de langue équin -humain » (l'inverse n'étant pas nécessaire les chevaux nous comprennent bien mieux que nous nous comprenons nous même). Le cavalier de base , à l'aide des traducteurs (les enseignants) seraient amenés , je l'espère à commettre moins de bévues. Enfin en tous cas c'était, pour moi, l'objectif à atteindre. scratch

Exemple: le cheval qui a une 2eme suée 2 heures après être rentré sec au box nous dit quelque chose (voir sujet la transpiration du cheval). (Apport d'un groom soigneur)

Si certains d'entre vous possède le DVD de Michel Robert sur la longe, nous aurions de quoi « causer » concrètement sur d'autres façons qu'a le cheval de s'exprimer . Si d'autres sont capable de trouver des vidéos sur internet de chevaux « parlants » ce seraient encore mieux. Si je n'effectue pas ces recherches moi même c'est tout simplement que cela m'est « physiquement » trop pénible. Toutes mes excuses. Embarassed
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Virginie DEVAUX

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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Mer 2 Nov 2011 - 23:01

Anthropomorphisme conditionné ou n'importe quoi d'autre, je n'en sais rien.
Mais j'ai vraiment le sentiment que ma jeune PS me "parle".

Lorsque je l'ai eue, elle donnait mal ses pieds. Certains jours, elle en était dangereuse, jetant les postérieurs dans ma direction (et faisant parfois "mouche"...). Jusqu'au jour où j'ai fait le rapprochement entre une agitation plus importante que d'habitude et un coup pris par elle au pré dans la journée.
Maintenant que le problème est résolu, je sais que les soucis pour la prise des postérieurs sont systématiquement dus à une douleur, et je cherche alors laquelle.

Autre exemple : voilà une dizaine de jours que je m'occupe plus de son "grand frère", qui devait changer de pâture ce week-end (abri et clôtures à démonter puis à remonter dans le nouveau terrain).
Ce soir, je passe la voir pour ramasser dans son box son "crottin-du-retour-de-pré". Elle en profite (le terme est-il adapté ?) pour en faire un 2e, ce qui est relativement fréquent (gain de temps pour moi, elle est très attentionnée ! lol! ), puis un 3e, ce qui n'arrive jamais...
Du coup, avant d'aller voir le grand dans son nouveau pré, je l'ai sortie elle de son box pour une maxi séance de gratouilles. Et là, pareil, c'est elle qui mène la danse et dit où il faut gratter, passant d'un postérieur sur l'autre si l'étrille ne bouge pas assez vite, avançant, reculant ou pivotant selon le côté et l'endroit à masser...
On y a passé un bon moment, et je ne me suis arrêtée que lorsqu'elle s'est immobilisée, a baissé l'encolure, baillé et machouillé.

Alors, selon vous, m'a-t-elle "parlé" ou m'a-t-elle juste fait tourner en bourrique pour ne pas travailler ?
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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Jeu 3 Nov 2011 - 8:47

Virginie DEVAUX a écrit:
Alors, selon vous, m'a-t-elle "parlé" ou m'a-t-elle juste fait tourner en bourrique pour ne pas travailler ?
Elle a joint l'utile à l'agréable? lol!

Merci Fraxinus, pour cette citation de MKW très intéressante.
Quant à l'idée d'un "dictionnaire" humains-chevaux, je ne sais pas si elle vaut mieux que de simplement vivre des instants avec eux, passer du temps à ne rien faire (ou faire autre chose) en leur compagnie, observer, sentir... Je vois tellement plus à espérer de l'instant présent que des théories. Smile
D'ailleurs, la déclaration de MKW est a priori paradoxale pour une scientifique, en gros: utilisez votre richesse humaine, et en tant qu'être vivant. (j'avoue mon inculture crasse et du coup mon envie de lire ses ouvrages)
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fraxinus



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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Jeu 3 Nov 2011 - 17:33

Virginie Devaux a écrit:
Maintenant que le problème est résolu, je sais que les soucis pour la prise des postérieurs sont systématiquement dus à une douleur, et je cherche alors laquelle.
Voici un excellent exemple de ce que j'appelle dialoguer avec son cheval

Virginie Devaux a écrit:
c'est elle qui mène la danse et dit où il faut gratter, passant d'un postérieur sur l'autre si l'étrille ne bouge pas assez vite, avançant, reculant ou pivotant selon le côté et l'endroit à masser...
Là , pas de doute, elle « parle »! c'est ce que je traduit par: « gratte moi là, non un peu plus à gauche , un peu plus haut, oui là tu y es! » et plus vous passerez de temps à vous laissez guider par ses demandes plus celles -ci seront claires et évidentes.
Comme mon grand me trouvait obtuse, il faut dire qu'au départ si je restais sur la ligne du dessus(j'avais pris l'habitude de commencer par là, systématiquement), il se retirait, reculait pour que je me retrouve face à sa tête, une léchouille sur les mains ce que j'interprétais comme une demande de « sucre » et reprenait sa place pour que je me retrouve au niveau du corps. Et ce, jusqu'à ce que je comprenne que c'était le ventre que je devais gratter ou masser. Dès que mes mains se trouvaient sur la ligne du dessous il replaçait l'endroit à masser au dessus de mes mains. Comme il y a beaucoup d'endroits que les chevaux n'arrivent pas atteindre même en se massant eux même le ventre au sol après s'être roulés et que les insectes adorent: entre les antérieurs , les postérieurs, les plis de l'aine des aisselles, le fourreau ou les mamelles, les demandes sont fréquentes et réitérées jusqu'à ce qu'une réponse adéquate soit proposée.
Entre eux ils se massent des points particuliers pendant les séances de « grooming ». Comme l'humain grâce à ses mains peut atteindre des endroit plus précis, ils mettent au point, par tâtonnement, un code sensé nous faire comprendre ce qu'ils demandent. Ce code peut devenir très sophistiqué et je pense qu'ils l'adaptent à leur humain personnel. La méthode utilisée pour nous enseigner nous est pourtant bien connue: demander, laisser faire et récompenser.

Virginie Devaux a écrit:
On y a passé un bon moment, et je ne me suis arrêtée que lorsqu'elle s'est immobilisée, a baissé l'encolure, baillé et machouillé.

Ce que vous décrivez là est « la récompense » ce que je traduis par: « oui , tu y es! Là , ça fait vraiment du bien. Je me sens mieux, plus détendue. »
Les expressions de bien être peuvent variées selon le bien être provoqué. Un pansage peut servir à: nettoyer, soulager des démangeaisons dues aux insectes, masser pour détendre ou tonifier des muscles et soigner.
Pour nettoyer le fourreau, les mamelles, les miens lèvent la « patte » comme des chiens; pour l'anus, ils se plaquent contre moi en levant la queue de coté. La « récompense «  correspond alors plutôt à un signal d'arrêt: se retirent et viennent appuyer leur tête contre moi. Le nettoyage que j'ai tendance à pratiquer façon Mr Propre: faut que ça « brille », n'est pas toujours très agréable et ils m'ont appris à doser mes efforts pour que le rinçage soit inclus. Je reviendrai sur le contact recherché avec la tête.
Pour les démangeaisons , après avoir placé mes mains à l'endroit à gratter, le gris qui est le plus expressif, étend l'encolure vers le haut et grimace: tête légèrement tournée , lèvre supérieure pincée qui s'agite au rythme des grattouilles, quand c'est suffisant la tête revient vers moi.
Le massage correspond à ce que vous avez décrit, certains peuvent même aller jusqu'à s'endormir. Au fur et à mesure que vous accèderez à leur demande vous constaterez que vos chevaux vous inciterons soit à masser des points particuliers soit à suivre des lignes de massage sur leur corps. Ils font ses mêmes demandes à leurs congénères. Ces lignes et ces points correspondent aux méridiens et points d'énergie que la médecine chinoise utilise en acuponcture et shia-tsu. À l'état sauvage les chevaux ont des moyens de se soigner vieux comme le monde: les plantes et le massage. Et pour en finir avec le massage, pratiquer à mains nues affine les perceptions et permet de repérer des points particuliers.
Quand un cheval vient se frotter la tête contre vous, il se masse un point entre les 2 yeux qui est un point de détente, d'où après un nettoyage qui s'il est nécessaire n'est pas forcément des plus agréable. Je traduis cela par: « c'est bon là, n'est ce pas ? Allez on se détend maintenant. » Bien sûr il faut leur apprendre à doser car ils ont malheureusement pour nous tendance à nous considérer des leurs. Ce point est très utile en de nombreuses circonstances.
Vous parlez de « mâchouillez ». J'ai pu en observer de différents : bouche ouverte ou fermée avec langue sortie ou non. Il est également intéressant de noter le moment précis : c'est à dire avant ou après que vous vous soyez arrêtée de masser.

Virginie Devaux a écrit:
Ce soir, je passe la voir pour ramasser dans son box son "crottin-du-retour-de-pré". Elle en profite (le terme est-il adapté ?) pour en faire un 2e, ce qui est relativement fréquent (gain de temps pour moi, elle est très attentionnée !

Comme vous ramassez le crottins systématiquement, elle a peut être compris que c'était cela que vous vouliez à ce moment là et vous en offre un en plus si elle en a les moyens. Wink

Nathalie G a écrit:
Je vois tellement plus à espérer de l'instant présent que des théories.
D'ailleurs, la déclaration de MKW est a priori paradoxale pour une scientifique, en gros: utilisez votre richesse humaine, et en tant qu'être vivant.

Les théories doivent servir à réfléchir le présent et peuvent éventuellement l'éclairer d'un jour nouveau. Mon goût personnel des théories vient très certainement de ma formation initiale et lointaine de biologiste. Donc , pour avoir côtoyer les scientifiques de près, je peux vous assurer que ce sont des humains comme les autres. Ils commencent par observer, se servent de leurs observations et de celles du passé pour échafauder une théorie, en vérifie la cohérence par de nouvelles observations et... la prétende la seule et unique valable jusqu'à ce qu'un cas et un seul vienne la démentir. Si cela arrive toute cette belle théorie est jugée, par eux même et leurs pairs, comme nulle et non avenue. Comme ils ont le chic d'énoncer le tout en termes abscons, le commun des mortels a tendance à les prendre pour des martiens. Mais eux aussi sont des mammifères.
Votre résumé est très juste et mériterait de devenir une devise et une ligne de conduite. sunny
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fraxinus



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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Lun 7 Nov 2011 - 18:21

Je reviens sur les massages
Lorsque deux chevaux se massent, ils s'indiquent l'un à l'autre les endroit précis où ce massage doit s'effectuer et avec quelle intensité il doit s'effectuer. J'ai pu noter 2 façons de faire mais je pense qu'il y en plus. Le massage peut donc se pratiquer avec la lèvre supérieure en mouvements verticaux et plus souvent en mouvements rotatifs ; et avec les dents pour plus de profondeur. de plus , vous remarquerez également que ces massages s'effectuent de façon mutuelle, c'est à dire que l'un répond aux sollicitations de l'autre en le massant à son tour: soit pour lui indiquer l'emplacement soit pour le remercier.
Donc il peut arriver au cours d'un massage pansage que votre cheval ait envie de s 'exprimer comme avec l'un de ses congénères. Comme je masse les miens en liberté, et que le « grand » est « handicapé » il n'hésite pas à grattouiller l'autre qui se trouve à sa portée. En poussant l'expérimentation plus loin c'est à dire en me laissant grattouiller moi-même ce qui je l'avoue n'est pas forcément recommandable, j'ai constaté: qu'il cherche à atteindre ma peau et qu'il gratte mes propres points de tension. Conclusion: il a une lecture parfaitement exacte de mon langage corporel.
Je ne vous apprends rien je le sais , mais je tenais malgré tout à souligner ce qu'il sont capable de déceler en nous, c'est à dire la finesse de la compréhension qu'ils ont de nous.

Les chevaux ne sont pas seulement bavards mais ils cherchent le dialogue (voir réflexions sur un ouvrage ...suite). Quand nous sommes à pied avec eux c'est encore facilement décelable, la vraie difficulté se trouve dans le travail monté.

Apport du groom, toujours à pied, et pour vous incitez à partager vos expériences.
Une propriétaire me dit que son cheval était boiteux d'un postérieur, problème de grasset d'après le gérant de l'écurie. En ouvrant la porte du box, ce cheval qui avait la « bonne » habitude de forcer le passage, m'attendait en encensant. Je voulu entrer à sa gauche , il me l'interdit. Je tentais de passer à sa droite , ce qui était inhabituel. Il approuva en me cédant le passage et en tentant de mettre son nez le plus loin possible sur son flanc. Après vérification de la mangeoire et de l'abreuvoir j'allais dire au gérant de laisser le cheval à la diète jusqu'à l'arrivée du vétérinaire, ce qui lui paru absurde, vu la ration du cheval en granulé et surtout pour un problème de boiterie, mais il s'exécuta. Le vétérinaire diagnostiqua une colite infectieuse et expliqua la boiterie par la gêne qu'elle causait au cheval.
Je ne saurais vous dire comment le cheval s'est exprimé en dehors du nez sur le flanc, donc près du grasset, mais j'avais l'intime conviction qu'il ne s'agissait aucunement d'un problème de boiterie, ou plutôt que la cause était ailleurs. Mais cette expérience, venant en corroborer d'autres du même type , je suis persuadée qu'ils ont un autre moyen de communication que le simple langage corporel. Si par ailleurs vous êtes convaincu que je m'aventure sur un terrain glissant , faites le moi savoir. Et pour ceux qui trouve que je tourne autour du pot, je répondrai que les pots sont faits pour tourner autour avant d'être bus. lol!
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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Mar 8 Nov 2011 - 10:18

Terrain glissant, je ne sais pas, mais passionnant, pour sûr! Smile

Pour l'intensité, j'ai remarqué avec les miens que s'ils me "grooment" un peu trop vigoureusement à mon goût Very Happy , c'est parce que j'ai moi-même demandé un peu trop vigoureusement; il me suffit de relâcher l'intensité de mes gratouilles, et ils font de même aussitôt. Les poulains aussi le font dès leur plus jeune âge.

Idem pour les mordillements de poulains, ils expriment ainsi un désir pressant de contact, sous forme inadéquate pour nous, mais auquel il est dommage de répondre par la négative: réprimande + fin de l'échange. Quand c'est comme ça, au contraire je prends alors l'initiative, leur saisis le museau, dirige leurs mouvements, leur passe les mains partout sur la tête, les attrape, relâche, les reprends... toujours avec infiniment de douceur et respect, mais c'est moi qui mène le jeu à chaque instant.
D'une pierre deux coups: d'une, ils se laissent mener et n'ont pas la moindre idée de mordre (désir qui naît avec la frustration, je pense?), et de deux, y'a pas plus habitués que mes poulains à se laisser manipuler en toute confiance. Very Happy

Citation :
Quand nous sommes à pied avec eux c'est encore facilement décelable, la vraie difficulté se trouve dans le travail monté.
Je bute sur les mêmes difficultés que vous, quoique j'imagine qu'il soit possible d'atteindre le même niveau de dialogue en selle. Même si c'est moins aisé: nous sommes moins libres de nos mouvements et davantage sujets à des gestes parasites; nous ne voyons pas entièrement notre interlocuteur, et lui non plus; et fichue éducation dont j'ai du mal à me défaire, dans cette position nous avons été trop habitués à traiter le cheval comme un exécutant et non un interlocuteur, position de dominance et de communication à sens unique: "je demande, tu fais ... ". De facto, position scabreuse incite à la domination plus qu'au dialogue: nous sommes assis sur lui, et n'avons sous les yeux que ses oreilles forcément à notre écoute.
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fraxinus



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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Mar 8 Nov 2011 - 18:40

NathalieG a écrit:
Pour l'intensité, j'ai remarqué avec les miens que s'ils me "grooment" un peu trop vigoureusement à mon goût , c'est parce que j'ai moi-même demandé un peu trop vigoureusement; il me suffit de relâcher l'intensité de mes gratouilles, et ils font de même aussitôt. Les poulains aussi le font dès leur plus jeune âge.
Très juste, je vous remercie de le souligner. Lorsqu'on discute à plusieurs du même sujet les informations se complètent et s'enrichissent.

NathalieG a écrit:
Idem pour les mordillements de poulains, ils expriment ainsi un désir pressant de contact, sous forme inadéquate pour nous, mais auquel il est dommage de répondre par la négative: réprimande + fin de l'échange. Quand c'est comme ça, au contraire je prends alors l'initiative, leur saisis le museau, dirige leurs mouvements, leur passe les mains partout sur la tête, les attrape, relâche, les reprends... toujours avec infiniment de douceur et respect, mais c'est moi qui mène le jeu à chaque instant.
D'une pierre deux coups: d'une, ils se laissent mener et n'ont pas la moindre idée de mordre (désir qui naît avec la frustration, je pense?), et de deux, y'a pas plus habitués que mes poulains à se laisser manipuler en toute confiance.
Comme vous,je pense que la morsure vient d'une demande à laquelle nous n'avons pas répondu, le désir de contact comme vous l'expliquez si bien. Le poulain demande, nous ne réagissons pas, nous sommes donc sourds. Il demande alors plus fort: en tentant de mordre et miracle! Ils obtiennent une réponse. La tape sur le nez n 'est peut être pas celle qu'ils attendaient mais la morsure nous a fait réagir. Donc, pour eux poulains, c'est comme cela qu'il faut demander. Comme certains sont très lestes pour éviter la main, cela se transforme vite en « jeu » et nous autres humains dressons notre poulain à devenir « mordeur ». Votre parade à l'avantage de transformer le « jeu » en apprentissage et de contribuer à leur éducation. sunny
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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Jeu 10 Nov 2011 - 9:56

Un truc rigolo: quand j'apprenais à mes poulains à donner les pieds antérieurs, les deux (mâle comme femelle) ont d'abord cherché à m'attraper les mollets, voire à se mettre à genoux si j'insistais ... en fait parce qu'ils ont d'abord pensé que je voulais jouer à ça: lol!


Amusant quant à la manière dont ils interprètent nos demandes, et dont ils perçoivent notre corps. Smile

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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Jeu 10 Nov 2011 - 18:14

Je le savais que les éleveurs pouvaient être d'un grand secours sur le sujet! Les poulains sont « nature » dans le sens proche de la nature originelle, et nous apprennent ce que signifie un code dans le langage cheval. Comme nous n'avons pas l'occasion de disserter avec des chevaux sauvages ils nous donnent un accès non négligeable à ce langage.
Vous me fournissez, par votre exemple (extra la photo) une explication au comportement de ma « petite » (poney D qui est arrivée à l'âge de 6 mois) et qui mordillait la languette de ma botte ( bottes de « bouzeux » comme on dit ici, qui ont des languettes de serrage en haut du mollet) quand je lui prenais les antérieurs.
Autres anecdotes , ne nous privez pas! Basketball
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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Sam 12 Nov 2011 - 17:42

Michel Robert a écrit:
« Les chevaux sont sensibles à toutes ces attitudes(corporelles) et même à d'infimes détails qu'ils savent parfaitement interpréter, car cela correspond à leur mode de communication naturel. »

tentative d'interprétation d' « expérience ».

Un cheval hongre à l'attache pour le pansage dans la cour de l'écurie. Un entier mené en main par son propriétaire doit passer devant le hongre.
Le hongre calme , tête, encolure dans le prolongement du dos, attitude horizontale; tourne la tête vers l'entier, œil calme , oreilles en avant.
L'entier rugit, tente de se cabrer, semble hors de lui. Bien contenu par son propriétaire, il passe son chemin se calmant dès qu'il a dépassé le hongre.
Lorsqu'il revient, le hongre est toujours à la même place, dans la même attitude, très zen(massage).
L'entier se remonte prêt à recommencer, mais je cache l'œil du hongre, l'entier hennit sans se cabrer, je tiens l'oreille du hongre (celle qui est du coté de l'entier) l'entier se calme instantanément et passe comme s'il n'y avait personne.

Interprétation: l'attitude du corporelle du hongre n'entre pas en ligne de compte. S'il y a message transmis c'est par l'œil et l'oreille. Et s'il y a message c'est qu'il y a relation entre les deux chevaux. Mais est ce que j'ai empêché l'entier de percevoir le message du hongre ou ai-je rompu la relation que le hongre avait établi avec l'entier? Et dans ce cas de quel était le « canal » qui véhiculait le message?
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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Lun 14 Nov 2011 - 9:54

Shocked Surprenante, votre expérience avec le hongre & l'entier.

fraxinus a écrit:
Je le savais que les éleveurs pouvaient être d'un grand secours sur le sujet!
Oh, pas éleveuse! J'ai juste eu la chance de voir naître des poulains chez moi. Wink

Citation :
Les poulains sont « nature » dans le sens proche de la nature originelle, et nous apprennent ce que signifie un code dans le langage cheval. Comme nous n'avons pas l'occasion de disserter avec des chevaux sauvages ils nous donnent un accès non négligeable à ce langage.
Oui, tout à fait.


Dernière édition par Nathalie G. le Mer 26 Déc 2012 - 10:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Lun 14 Nov 2011 - 17:55

C'est quand même plus sympa de discuter du problème de manque de liberté avec un « vivant » plutôt qu'avec un anneau d'attache. Allez savoir si ce n'est pas l'indifférence de l'anneau qui cause la panique (je plaisante) clown

En règle générale nous ne laissons pas assez de temps à nos chevaux pour trouver eux même des solutions au problème que nous leur posons. Des solutions , ils en trouvent même si ce n'est pas celles que nous attendons.
Lorsque j'ai voulu apprendre au « gris », qui avait 3 ans, à lever les membres pour passer des « branches » au sol, je l'ai amené à pied devant une lignes de cavalettis qui avait été mise en place pour des shetlands. J'ai passé la ligne seule pour lui montrer ce que j'attendais de lui, et je l'ai attendu à l'autre bout.
Il a commencé par dire qu'il y avait de la place à coté, c'est un adepte de loi du moindre effort et encore , à l'époque , il n'était pas syndiqué. Comme j'insistais, il passa le premier cavaletti en se cognant un antérieur. Donc, devant le deuxième, arrêt : « ça fait mal ton truc, c'est pas drôle ».
J'insistais encore. Il passa le deuxième en levant très haut les membres, si haut qu'il se cogna le ventre avec un postérieur. Nouvel arrêt devant le troisième. Il ne cherchait pas à quitter la ligne mais réfléchissait si fort que je pouvais l'entendre... En me regardant il leva un antérieur, se mis à gratter la barre, la fit tomber et vint me rejoindre au trot, la queue sur le dos très fier de son exploit. cheers
« Préparer, demander, laisser faire » qu'il disait M'sieur Baucher.

Je repensais à « l'anthropomorphisme conditionné » de Marthe Kiley Worthington et je soumet à votre sagacité l'exemple suivant.
L'encolure et la tête sont le balancier naturel du cheval. Les bras sont les balanciers naturels de l'humain. Donc coincer un cheval dans un enrênement, revient pour nous à marcher les bras attachés, ce qui ne viendrait à l'idée d'aucun athlète. Un peu tiré par les cheveux me direz vous. Mais c'est juste pour faire la différence entre « l'anthropomorphiste » qui dirait: « encolure et tête du cheval fixées = cou et tête de l'humain fixés » et « l'anthropomorphiste conditionné » qui lui répond : «  non bras fixés pour l'humain ». Bref, ceci n'est qu'un aperçu du cerveau de Frax en délire. confused

Mais revoici un entier. Il travaille consciencieusement sur la carrière, monté par son propriétaire.
Je longe un jeune cheval qui, dès la séance achevée, se roule tout aussi consciencieusement avec mon accord.
Sans prévenir l'entier se cabre en rugissant, à la grande surprise de son propriétaire qui le reprend immédiatement.
Interprétation: se rouler devant un supérieur hiérarchique sans lui demander son accord est une grossièreté flagrante. Je plaisante , mais je n'ai rien trouvé de mieux. Wink
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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Jeu 17 Nov 2011 - 16:08

L'interprétation est toujours un exercice délicat.

Nous constatons deux faits :
- un jeune cheval se roule dans l'espace de travail une fois sa séance terminée
- un entier se cabre avec son cavalier, en plein travail.

Qu'est-ce qui nous dit qu'il y a un lien de causalité entre ces 2 évènements ?
Peut-être le cavalier venait juste de lui faire une demande particulière,..qu'il a contestée.
Peut-être l'entier a perçu une odeur ou entendu un bruit à l'extérieur de l'espace de travail qui l'a fait réagir ainsi.
Peut-être autre chose encore.
Peut-être y a-t-il un lien entre ces 2 évènements, mais pas du tout lié à la domination : peut-être, l'entier a exprimé qu'il voulait lui aussi se détendre et se payer une bonne roulade...ou simplement terminer sa séance de travail, ou une simple pause ?
ou peut-être autre chose encore.


J'ai la chance de connaître une personne qui a suivi le DU d'éthologie appliquée au cheval proposé par Martine Hausberger à l'université de Rennes.
Elle m'a expliqué que le plus difficile dans un travail éthologique est de constater les faits sans les interpréter.
Elle donnait alors un exemple. On observe des chevaux dans un pré, ils broutent...puis l'un d'eux cesse de brouter pour se déplacer. Il ne faut pas alors noter "le cheval n°3 va voir le cheval n°1" car nous interprétons. Il faut noter "le cheval n°3 se déplace vers le nord-ouest. Il s'arrête à moins de 3m du cheval n°1."

Notre recherche de compréhension nous pousse à interpréter, à chercher "pourquoi il a fait ça"...mais cet exercice est des plus compliqué. A moins d'être télépathe, nos interprétations ne peuvent qu'être des hypothèses.
Alors ce topic de discussion vise justement à nous aider à cet exercice délicat...à trouver les différentes hypothèses plausibles, peut-être ?
Mais les chevaux sont comme nous : lorsque nous leur demandons quelque chose, ils tentent d'interpréter avec plus ou moins de succès, ils commencent par ce qu'ils connaissent de leur propre espèce. Ce sujet fourmille d'exemples, dans les 2 sens !
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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Lun 21 Nov 2011 - 18:44

Muriel Le Mestric a écrit:
Nous constatons deux faits :
- un jeune cheval se roule dans l'espace de travail une fois sa séance terminée
- un entier se cabre avec son cavalier, en plein travail.
En hennissant
Muriel Le Mestric a écrit:
Qu'est-ce qui nous dit qu'il y a un lien de causalité entre ces 2 évènements ?Peut-être le cavalier venait juste de lui faire une demande particulière,..qu'il a contestée.
Peut-être l'entier a perçu une odeur ou entendu un bruit à l'extérieur de l'espace de travail qui l'a fait réagir ainsi.
Peut-être autre chose encore.
Commentaire du cavalier (concours complet 2eme catégorie): « ça faisait un moment qu'il le lorgnait, mais ça (la roulade) ça lui a fait péter les plombs »

Muriel Le Mestric a écrit:
Peut-être y a-t-il un lien entre ces 2 évènements, mais pas du tout lié à la domination : peut-être, l'entier a exprimé qu'il voulait lui aussi se détendre et se payer une bonne roulade...ou simplement terminer sa séance de travail, ou une simple pause ?
ou peut-être autre chose encore.
C'est pour cette raison que disais dans la présentation du sujet que les professionnels de tout ordre nous seraient utiles pour interpréter les comportements de nos chevaux.


Muriel Le Mestric a écrit:
J'ai la chance de connaître une personne qui a suivi le DU d'éthologie appliquée au cheval proposé par Martine Hausberger à l'université de Rennes.
Ça , c'est vraiment une bonne nouvelle! Même si cette personne ne veut pas intervenir, si vous avez la possibilité de lui demander son avis de temps à autre et de nous le transmettre, ce serait extra!

Muriel Le Mestric a écrit:
Elle m'a expliqué que le plus difficile dans un travail éthologique est de constater les faits sans les interpréter.
Elle donnait alors un exemple. On observe des chevaux dans un pré, ils broutent...puis l'un d'eux cesse de brouter pour se déplacer. Il ne faut pas alors noter "le cheval n°3 va voir le cheval n°1" car nous interprétons. Il faut noter "le cheval n°3 se déplace vers le nord-ouest. Il s'arrête à moins de 3m du cheval n°1."
Mais le travail du scientifique ne s'arrête pas à la collecte d'observations. Cette collecte d'observations se doit d'être objective et donc dénuée de toutes interprétation. Lorsque les observations sont suffisamment nombreuses pour être passée au crible d'une étude statistique, vient l'élaboration d'hypothèses puis l'interprétation des observations selon ces hypothèses.
Le cavalier , lui, ne possède que sa connaissance du cheval et qu'est cette connaissance sinon une interprétation au jour le jour de manière empirique du comportement de son cheval. C'est pourquoi , loin de moi l'idée d'opposer le scientifique au praticien , je me proposais simplement de confronter les deux dans le but de mieux comprendre le cheval.

Muriel le Mestric a écrit:
A moins d'être télépathe, nos interprétations ne peuvent qu'être des hypothèses.
Alors ce topic de discussion vise justement à nous aider à cet exercice délicat...à trouver les différentes hypothèses plausibles, peut-être ?
Mais les chevaux sont comme nous : lorsque nous leur demandons quelque chose, ils tentent d'interpréter avec plus ou moins de succès, ils commencent par ce qu'ils connaissent de leur propre espèce. Ce sujet fourmille d'exemples, dans les 2 sens !
Parce que les chevaux sont comme nous : lorsque nous leur demandons quelque chose, ils tentent d'interpréter avec plus ou moins de succès, ils commencent par ce qu'ils connaissent de leur propre espèce. Ce sujet fourmille d'exemples, dans les 2 sens ! D'où mon appel à témoignage!
Donc, ce topic de discussion vise justement à nous aider à cet exercice délicat...à trouver les différentes hypothèses plausibles.
Si les écuyers n'avaient pas interprété le comportement de leur chevaux , l'équitation n'aurait pas évolué. Les nouvelles approches passées et actuelles nous montre combien ces interprétations justes ou non sont à l'origine de cette évolution.
Les soignants sont bien obligés d'interpréter les symptômes de leurs malades équins pour les guérir., et là encore ils sont obligés pour les vétérinaires de dialoguer avec le propriétaire qui fournit des observations que le praticiens va interpréter. Les ostéopathes, en fonctions des blocages rencontrés et des mouvements donnés par le cheval, fourniront une interprétation des causes et de là les remèdes à appliquer.
Tous ceux qui travaillent avec le vivant se servent de leurs observations pour interpréter des comportements, de la puéricultrice au profileur, en passant par le simple jardinier.
Sans interprétations les observations ne servent à rien.
Muriel le Mestric a écrit:
A moins d'être télépathe, nos interprétations ne peuvent qu'être des hypothèses.
Votre remarque est fort intéressante. Certains auteurs , Henri Blake entre autres, n'excluent pas l'hypothèse selon laquelle les chevaux seraient télépathes: observations à l'appui.
Mais, sans se lancer dans une discussion sans fin qui oppose les rationalistes à ceux qui ne le sont pas comment expliquer la relation qui uni Lætitia Bernard (championne de France de CSO handi sport) aveugle de naissance donc sans aucune référence visuelle, à son cheval?
Y aurait-il parmi les enseignants, quelqu'un qui ait mis un aveugle en selle?
Muriel le Mestric a écrit:
Notre recherche de compréhension nous pousse à interpréter, à chercher "pourquoi il a fait ça"...mais cet exercice est des plus compliqué.
Oui, c'est un exercice des plus compliqué! Mais le jeu en vaut la chandelle, car bon nombre de débutants n'abandonneraient pas si vite si on leur permettaient de comprendre « pourquoi il fait cela ».Et ce n'est pas parce que l'exercice est compliqué qu'il nous faut y renoncer, n'est ce pas? Et en confrontant nos hypothèses nous pourrons avancer dans la compréhension et la communication inter espèces.
Muriel le Mestric a écrit:
Ce sujet fourmille d'exemples, dans les 2 sens !
Alors , surtout ne nous privez pas, nous avons soif de comprendre et la pédagogie par l'exemple reste une bonne approche didactique.

Voici un autres cas , que je me permets de soumettre à votre sagacité.
Je longeais (encore? Et oui, toujours!) tard le soir, dans le manège vide, le poney de voltige hongre. Ce poneyD, attribué au « test1 », était plutôt « stierig » de caractère, encore une interprétation gratuite, adjectif dérivé de Stier en allemand qui veut dire taureau. Il demandait pour un travail efficace , une connexion très forte de la part du longeur. (Connexion encore un mot qu'il faudra définir un jour). Un cavalier vint nous rejoindre. Il montait un entier espagnol de toute beauté, digne de servir de modèle au peintre Géricault et dressé « haute école ». Quelle ne fut pas ma surprise de voir ce cheval , et ce malgré son cavalier, venir à 3 reprises dans la longe pour tenter de suivre le poney.
Voici ce que j'ai pu observer. Le cavalier avait du mal à se faire entendre de son cheval.- Objection votre Honneur! Le longeur interprète!
Dur-dur. Je reprends: le cavalier plutôt débutant, commettait des fautes d'assiette que son cheval interprétait (ben,oui lui aussi) comme des demandes, donc tentait de piaffer ou de passager ou même de pirouetter; bref le cavalier avait du mal à le faire marcher simplement au pas ou au trot sur la piste. Je longeais au fond du manège(20x60m) sur un cercle de 16m (de diamètre) pour laisser la piste disponible et cet espagnol vint à 3 reprises se caler derrière le poney tout en maintenant la distance d'un cheval entre le poney et lui. Voilà pour les observations. Qu'elles pourraient être les interprétations à votre avis?
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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Mar 22 Nov 2011 - 16:06

Avant toute chose, un cavalier qui n'arrive pas à marcher au pas sur la piste, soit il prend un autre cheval qu'un entier (un bon cheval d'école cool et compréhensif de ses imprécisions d'aide), soit il monte pas dessus...surtout s'il y a un autre cheval dans l'espace de travail. Encore faut-il qu'il soit capable de gérer un tel cheval à pied (ce qui n'est pas forcément évident non plus).


Bref, passons...
Que voulez vous interpréter ?
Que cet entier voulait faire la connaissance du poney ?
Pourquoi il conservait malgré tout une distance de sécurité ?

Le pb d'un tel sujet de conversation sur un forum, c'est tout simplement que nous manquons d'observations : nous n'avons qu'un récit écrit...et toujours parfaitement incomplet malgré votre goût pour les romans détaillés. Rien ne vaudra jamais un visuel. Je pense donc que ce sujet de discussion est carrément trop délicat pour y répondre correctement. De toute façon, ça ne sera toujours que des hypothèses.
Car même une vidéo ne suffit pas car il manquera l'ambiance et l'environnement qui ont une influence sur le cheval comme sur l'humain...sans parler des petits tracas de l'un ou de l'autre.

Exemple : un matin, un cavalier amène au manège sa jument (qualifiée d'ultra compliquée, voire "dangereuse", mais il réussi à établir une relation intéressante avec elle). D'habitude, la relation s'établit assez vite à pied. Mais là, la jument se désintéresse totalement de lui, elle sent le sol et les murs, hennit bcp. Elle semble visiblement stressée, inquiète, et surtout, elle "cherche" quelque chose ou quelqu'un.
L'enseignante (c'était pas moi) lui demande si qq chose a changé dans sa vie depuis la veille (où la séance de travail avait été formidable). Le cavalier réfléchit, ne trouve rien de particulier...
Bref, la séance continue...pareillement, la jument n'est "pas là". Et son humain se souvient soudain que le voisin de box de sa jument a changé de box hier soir. Même s'ils n'étaient pas spécialement "copains comme cochons", elle le cherchait. Quand on a remis son voisin habituel dans le box d'à coté, la jument a pu continuer à progresser avec cet homme.

Et soi-même, nous ne sommes pas à l'abri de perdre toutes nos compétences du jour au lendemain, suite à un coup dur. Ou même sans raison apparente !
Il y a quelques semaines, je travaillais à pied en liberté avec ma jument de formation : relation extra. Nous étions 4 couples à travailler individuellement. Puis notre formatrice nous demande d'entrer en relation entre nous et de nous placer à égale distance les uns des autres sur la piste au pas. Du fait de devoir me concentrer sur les autres couples (je pense que ça vient de là, mais je n'en ai aucune certitude), j'ai perdu toute relation avec ma jument. Et de toute la séance, j'ai eu un mal fou à marcher au pas sur la piste avec elle (en fait, j'étais presque tout le temps sur une piste intérieure, je n'arrivais pas à la placer sur la piste à coté de moi, elle me quittait, elle s'arrêtait ou me dépassait, etc...). Pendant ce temps, les autres enchainaient les figures...tout en m'aidant dans ma galère.
Et bien ça m'a fait bizarre de ne même plus savoir marcher sur la piste !!!

Peut-être que ce cavalier sur son entier ibérique n'était pas si débutant que ça, mais pour x ou y raison, il n'arrivait même plus à marcher sur la piste avec son cheval.
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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Mer 23 Nov 2011 - 9:52

Les chevaux sont une bonne école d'humilité. Very Happy
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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Jeu 24 Nov 2011 - 17:25

Muriel le Mestric a écrit:
Exemple : un matin, un cavalier amène au manège sa jument (qualifiée d'ultra compliquée, voire "dangereuse", mais il réussi à établir une relation intéressante avec elle). D'habitude, la relation s'établit assez vite à pied. Mais là, la jument se désintéresse totalement de lui, elle sent le sol et les murs, hennit bcp. Elle semble visiblement stressée, inquiète, et surtout, elle "cherche" quelque chose ou quelqu'un.
L'enseignante (c'était pas moi) lui demande si qq chose a changé dans sa vie depuis la veille (où la séance de travail avait été formidable). Le cavalier réfléchit, ne trouve rien de particulier...
Bref, la séance continue...pareillement, la jument n'est "pas là". Et son humain se souvient soudain que le voisin de box de sa jument a changé de box hier soir. Même s'ils n'étaient pas spécialement "copains comme cochons", elle le cherchait. Quand on a remis son voisin habituel dans le box d'à coté, la jument a pu continuer à progresser avec cet homme.
Merci de confirmer que tout le monde cherche à comprendre « ce que le chevaux nous disent » ou nous montrent. L'enseignante de votre exemple fait bien de provoquer la réflexion du cavalier et votre narration met en valeur un point qui me semble très important.
Muriel le Mestric a écrit:
Et son humain se souvient soudain que le voisin de box de sa jument a changé de box hier soir.
Vu la personnalité et l'état psychique de cette jument on pourrait croire qu'il avait l'esprit suffisamment occupé par le travail et pourtant, soudain il se souvient que …et son intuition s'est avérée. cheers
Ce genre de pensée soudaine ou d'intuition nous les avons tous eu à un moment ou à un autre de notre vie auprès des chevaux. Parfois lorsqu'une situation pose problème ce n'est qu'après un temps de réflexion plus ou moins long que la « solution » apparaît et parfois elle est évidente soudainement au cours même de la situation problématique.
Muriel le Mestric a écrit:
Puis notre formatrice nous demande d'entrer en relation entre nous et de nous placer à égale distance les uns des autres sur la piste au pas. Du fait de devoir me concentrer sur les autres couples (je pense que ça vient de là, mais je n'en ai aucune certitude), j'ai perdu toute relation avec ma jument. Et de toute la séance, j'ai eu un mal fou à marcher au pas sur la piste avec elle (en fait, j'étais presque tout le temps sur une piste intérieure, je n'arrivais pas à la placer sur la piste à coté de moi, elle me quittait, elle s'arrêtait ou me dépassait,
C'est un exercice difficile que vous décrivez là si j'en crois le nombres de séances qu'il faut pour mettre un carrousel au point ou simplement l'observation des règles élémentaires sur un paddock à la détente. silent
Elle vous quittait, elle s'arrêtait ou vous dépassait: elle vous montrait (disait) que vous n'étiez plus avec elle et de façon fort explicite.
Le fait de vous concentrer sur les autres vous a déconnecté d'elle. Soit elle est très exclusive et supporte mal que son humain puisse s'intéresser à autre chose qu'elle ; soit votre « concentration » sur les autres était trop importante. Garder les autres dans votre champ de conscience aurait été suffisant, ils ne nécessitaient pas votre concentration..
Vous pensez que cela vient de là, alors fiez vous à votre intuition. Vous n'en avez aucune certitude , dites -vous; mais qu'est ce qui aurait pu vous en donner la certitude?
Ne vous méprenez pas, ceci est une simple supposition , je ne me permets pas de conseiller une enseignante qui est de ce fait bien plus compétente que je ne le serais jamais. pale

Certains cavaliers font appel à un vétérinaire ou un ostéopathe pour un problème qu'ils soupçonnent mais dont ils n'ont pas la certitude et le praticien les rassure en leur disant que tout va bien alors que le problème en question réapparait quelques temps plus tard, aggravé, et enfin certain. Et les cavaliers de regretter de n'avoir pas suivi leur intuition. Sad

Bien sûr c'est un sujet délicat, mais un visuel n'éclairerai pas les situations. Dans le cas de la jument que vous citez plus haut que nous aurait apporté un visuel? Une jument énervée! C'est tout.
Le souvenir soudain du cavalier est nettement plus intéressant. Wink

Mon bel ibérique ne comprenait pas les demandes de son cavalier et qu'importe le niveau du cavalier. En suivant le poney il proposait à son cavalier une solution: « Tu me demande quelque chose que je ne comprend pas donc j'essaie de suivre l'autre et de faire ce que fait l'autre. » Un comportement logique pour un cheval habitué à évoluer en manège avec d'autres chevaux. Comportement qu'il a acquis en côtoyant des humains. Enfin, c'est juste une proposition d'interprétation; si nous nous adaptons aux chevaux nul doute qu'ils s'adaptent à nous et que , dans ce domaine l'éthologie scientifique en tant qu'étude du comportement des chevaux à l'état sauvage ne nous apporte pas toutes les réponses possibles. study
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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Ven 25 Nov 2011 - 11:41

Ce post est vraiment intéressant! L'étude scientifique du cheval dans son milieu naturel est intéressant mais vu que dans les humains ne sont pas des éléments de ce milieu naturel... Je suis sûr que les chevaux tentent de communiquer avec nous. Les méthodes des nouveaux maitres sont intéressant pour donner une base, mais il résume quand même le cheval bien souvent que à une proie. Heureusement que dans la nature le cheval ne fuit pas constamment! De plus l'étalon lui n'hésite pas à défendre son troupeau. Pour ma part je crois que les chevaux sont un peu télépathe, et ont une lecture impressionnante de toutes attitudes, odeur, phéromone. On ne ment pas à un cheval! Mon Nemo sait tout de suite quand je vais bien, pas bien, quand j'ai bien dormis ou pas, si je suis stressé, préoccupé, en colère, triste, dépressive, joyeuse, en forme, de bonne humeur. Et moi à l'inverse je sais tout de suite quand il est joyeux, grognon, motivé, fatigué, doux, qu'il a envie d'un câlin, qu'il veut qu'on parte en balade. C'est des choses que l'ont fait sans trop y pensé! Moi j'adapte nos séance en fonction de nous. Si lui est en forme mais que moi je suis soucieuse, je vais bosser légèrement, réviser les bases. Et me contrôler pour rester sereine et détendu en toute circonstance. Si on est disponible tout les deux, physiquement et mentalement. J'aborde de nouveau exercice, augmente la difficulté. Si il est de mauvaise humeur, on pars en balade. Si il est fatigué, et moi aussi. On bosse pas, paddock et chouchoutage. Si il a envie de courir, qu'il est excité je lui proposerais une récréation "jeu" et je continuerais avec une courte séance avec des exercices demandant de la réaction. Si il cherche mon contact, je vais prendre 10 min pour des câlins. Et si il me fait cette demande pendant le travail, je lui accorde des pauses câlin. Ou alors je le couche. Pour un petit moment tendresse. Et souvent on reste couché comme ça 5-10 min. Et on termine sur ça pour rester sur un moment de complicité partagé. Et grâce au demande que nous nous faisons mutuellement, j'ai pu constater plusieurs chose: Ni lui ni moi nous nous énervons pendant les séances, complicité renforcé, et un cheval qui n'abuse jamais de mon état de faiblesse comme le font certain chevaux.
Moi je suis personnellement une fanatique du pansage, j'aime que loulou brille lol Nemo lui a un endroit, un seul où il veut qu'on le gratte: c'est l'encolure. Seulement ce n'est pas systématique. Mais il sait me le faire comprendre quand il a envie: dès que j'approche l'étrille de son encolure il penche la tête. Alors là je lui gratouille l'encolure jusqu'à ce qu'il remette sa tête droite. La jument d'une amie, elle quand elle veut qu'on lui gratte les mamelles: elle présente sa croupe. Et si on lui gratte, qu'on part à 10 mètres. Elle viendra, et présentera sa croupe à nouveau.
Ils savent réclamer leurs petit plaisir j'en suis sûr!
Et puis un exemple de communication avec mon Nemo:
L'année dernière à la même période, je venais de rentrer de ma première balade en licol etho en solo. La balade s'était super bien passé, moi très contente, je rentre rêne longue à l'écurie au pas. Arrivé au niveau des parcs, je vois le poulain de 6 mois d'une fille de l'écurie. Arrivé le matin même, qu'elle venait de mettre au paddock (erreur erreur). Un poulain Demi sang arabe. Bien vif lol Juste avant que je passe devant son paddock. Il s’emmêle la tête dans la clôture , panique il défonce tout et s'enfuie au triple galop vers la campagne. Une nationale sur la gauche, mais pire, il se dirige vers la droite. Avec une voie rapide. Je descend, j'enlève le couvre rein. Je remonte et je prend le galop. Mon cheval à su immédiatement qu'il se passait quelques chose de grave. Malgré une balade sportive dans les jambes. Il n'avait jamais galopé aussi vite à ma demande. On ne voyait déjà plus le poulain, je ne savais absolument pas où il pouvait être. Alors j'ai laisser les rênes à mon Nemo et j'ai pensé. "Va y je te fais confiance, retrouve le." On a continué à galoper comme ça 3 minutes. (on était en plein champ... pas bien mais bon une vie est plus importante) on rejoins un chemin en herbe avec des fourrés des deux côtés. Sur la gauche derrière ces fourrés il y avait une vaste étendu de champs. On continue une minute et là Nemo à pillé et à fait demi tour. Et il est partis à fond de blinde. Au début je ne comprenais pas du tout ce qui se passait. J'ai tenté de l'arrêté je ne comprenais pas. Et là je regarde côté champs et je vois le poulain un peu à notre niveau. Que je n'avais pas remarqué car il était caché par les fourrés. Mais Nemo l'avait vu lui! Et n'a pas attendu mon autorisation, il l'a fait! Alors j'ai compris que quand on quitterais les fourrés, il faudrait coupé la route au poulain. Donc j'ai encouragé mon cheval à la voix, nous sommes sortis du fourrés. Nemo a hennis. Le poulain a stoppé net. Il a hennis a son tour. On la rejoins je suis descendu et j'ai attaché le poulain à Nemo. Et je l'ai ramené à sa proprio paniqué. Ce jour là je crois que nous avons communiqué mon cheval et moi. En tout cas c'était une sacré aventure


Dernière édition par Nemo-envy le Sam 26 Nov 2011 - 18:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Sam 26 Nov 2011 - 17:38

Merci pour ce témoignage qui montre d'une part votre complicité (mais ça on le savait déjà Smile ) et nous prouve surtout que les chevaux comprennent nos intentions et se charge très bien d'une « mission ».
Votre anecdote me rappelle toutes celles qui ont abreuvées mon enfance et qui relataient la grande complicité qui unissait l'homme et le cheval compagnons de labeur et de labour. Ce qui m'a persuadée, bien avant de monter à cheval, que les chevaux comprennent et parlent. Dans notre société de loisir nous l'avons quelque peu oublié mais nous y revenons par des chemins détournés pour notre plus grand avantage et plaisir. sunny
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Nemo-envy

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MessageSujet: Re: Ce que les chevaux nous disent   Sam 26 Nov 2011 - 18:19

Oui, les chevaux sont vraiment des créatures fascinante! Et ils nous rendent meilleure à leurs contact. J'en suis convaincu! Smile
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Ce que les chevaux nous disent
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