CE QUI SE CONÇOIT BIEN S'ÉNONCE CLAIREMENT. ET LES MOTS POUR LE DIRE ARRIVENT AISÉMENT (BOILEAU)
 
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Principes et définitions

Une question, une réponse pour mieux connaître, comprendre et utiliser son cheval

PRINCIPES et DÉFINITIONS

Ce qui se comprend bien s'exprime clairement
Ce qui est clair à l’esprit est plus facile à exécuter.

L’ÉQUITATION

Selon l’époque, l’équitation a une signification différente.

Animal de consommation lors des premiers pas de l’homme, le cheval est devenu ensuite animal de bât servant à transporter les charges trop lourdes pour l’homme, puis compagnon fidèle de tous ses déplacements, quelles qu’en soient les causes (migrations, commerce, guerres, tourisme,….)

Aujourd’hui, avec la civilisation des loisirs, le cheval a trouvé une nouvelle utilisation qui a permis de redévelopper le cheptel équin, en régression dans les années 20.

Le développement de l’équitation de loisirs se fait sous différentes formes : tourisme équestre, saut d’obstacles, dressage, jeux, haute école… selon les états d’âme et les attentes de chacun. De façon globale et générale, l’équitation de nos jours peut se définir comme l’utilisation du cheval pour le plaisir de l’homme.

Si l’on cherche à approfondir un peu plus le sujet, on pourra expliquer l’équitation comme l’art de gérer les forces propulsives du cheval, dans le maintien de l’intégrité physique et psychique de ce dernier. Cette définition sous entend beaucoup d’implications :

• Ce qui devient important à surveiller et à travailler, c’est le moteur du cheval, donc ses membres postérieurs.

• Avant que d’entamer tout travail avec un jeune cheval, avant que de lui apprendre les premiers éléments de la connaissance des aides, il faut que le cheval ait été travaillé musculairement pour pouvoir supporter le poids du cavalier.

• Il est essentiel que le cavalier ait une connaissance, même sommaire, du jeu musculaire du cheval, ainsi que de ses corollaires, afin d’agir à bon escient, ainsi que de la façon dont se mobilisent les postérieurs.

L’IMPULSION

L'impulsion est le désir qu’a le cheval de se porter en avant. C’est aussi la facilité avec laquelle le cheval est à même d’engager ses postérieurs sous la masse. C’est une qualité que le cheval doit avoir en lui ; le cavalier ne pourra que la développer, l’affiner, mais en aucune façon la créer.

Dans la mesure où, naturellement, le cheval est un animal dont la principale caractéristique est la locomotion, rares sont les chevaux qui en sont dépourvue. Elle est chez les chevaux dits paresseux le résultat d’une contraction du cheval provoquée par une mauvaise approche du cavalier.

L’impulsion résulte de 2 composantes : une force horizontale et une force verticale. Selon le degré de dressage, selon l’exercice demandé, ce sera l’une ou l’autre qui sera dominante.

Pour que l’impulsion puisse s’exprimer, il faut que le cheval soit décontracté, psychiquement et physiquement. Cette décontraction permettra aux masses musculaires, par un travail approprié, de se développer en élongation. Correctement allongés et libres, les muscles pourront ensuite plus et plus facilement se raccourcir, ce qui donnera une grande amplitude au jeu des membres et permettra une locomotion active et une grande impulsion, que pourra et que devra alors canaliser le cavalier.

Cette qualité doit être gérée par l'ensemble des aides dont dispose le cavalier : jambes et poids du corps pour la rendre plus "apparente", poids du corps et mains pour la contrôler.

LES AIDES

Les aides sont les moyens dont dispose le cavalier pour assurer le dialogue avec son cheval.

Si l’on parle généralement des mains et des jambes, il serait plus judicieux d’utiliser chronologiquement le poids du corps, les jambes, puis accessoirement les mains. Une aide essentielle dans les premiers pas du cheval est la voix (aide que l’on oublie trop facilement et que le corps enseignant apprend peu à utiliser intelligemment). L’aide qu’est la voix est importante dans les premiers pas du cheval. C’est même elle qui sera la plus importante dans la phase d’approche du cheval et dans son débourrage (entendu comme l’initiation au travail, au cavalier et au langage des aides).

Le poids du corps

Pourquoi parler d’abord du poids du corps ? C’est l’aide qui permet d’agir directement sur l’équilibre du cheval, donc la plus efficace (le cheval en équilibre ressemble à une orange ; le cavalier est le doigt posé dessus, dont le moindre déplacement fait bouger l’orange dans n’importe quelle direction choisie. N. OLIVEIRA). Il est en plus difficile au cheval de résister à son action. Selon son action, le poid du corps facilitera le déplacement du cheval, l’orientera ou le canalisera.

Le poids du corps est représenté par le bassin. Ses variations se font par déplacement du haut du corps par rapport à un axe presque vertical pour peser plus ou moins dans la selle, le « balancement » du haut du corps se prolongeant jusqu’aux fesses qui peuvent s’avancer et s’enfoncer plus ou moins profondément dans la selle.

Les jambes

Les jambes viennent ensuite. Leur action va permettre la gestion du moteur du cheval, donc l’impulsion. Elles vont créer l’équitation et participer activement à la décontraction du cheval, à sa musculation et à tous ses déplacements.

Elles agissent complémentairement avec le poids du corps. Elles demandent le passage d'une allure à l'allure supérieure ou un surcroit d'engagement dans l'allure mais n'ont pas pour vocation d'entretenir une allure, le cheval devant s'y tenir de lui même

Les jambes commencent aux hanches du cavalier, se prolongent par les cuisses, les mollets et si nécessaire les talons. L’impulsion recherchée par l’action de la jambe se transmet au postérieur après action des muscles abdominaux, se propage par le dos du cheval jusqu’à la bouche du cheval, puis à la main et aux épaules du cavalier.

Les mains

Les mains sont les aides dont il faut savoir user avec parcimonie et délicatesse ; toute action mal gérée va se traduire par une contraction et une résistance du cheval, nuisible à la bonne exécution du travail demandé au cheval.

Que ce soit pour assurer un changement de direction ou demander une variation d’allure descendante, les mains doivent n’agir qu’en complément et après l’action du poids du corps.

Les mains commencent aux épaules et se prolongent par les phalanges pour finir par les paumes des mains. Mais les mains ne sont que les pinces qui permettent de tenir les rênes.

Les mains agissent par le jeu des doigts sur les rênes, une fois fixées par rapport au corps du cavalier. En dehors du moment où elles agissent, et avant qu'elles n'agissent, elles peuvent avoir à se déplacer en fonction du cheval et de la demande.

Mains comme jambes doivent être utilisées avec une décontraction complète des articulations, afin de garder leur complète légèreté. Seule la décontraction permettra aux actions des aides d’être précises dans leur intensité, dans leur position, sans contrarier le cheval et sans provoquer de résistances, ou du moins en les minimisant tant dans leur force que dans leur durée.

LA POSITION À CHEVAL

La bonne position est celle qui permet au cavalier d’être léger sur le dos de son cheval, de ne pas gêner le jeu des masses musculaires de sa monture, et qui l’autorise à utiliser ses aides avec discernement, précision, à propos et avec le degré d’intensité minimum pour la bonne compréhension du cheval.

Sa première qualité est la décontraction qui facilite l’allongement des masses musculaires du cavalier, autorise le libre jeu des articulations, donc la souplesse et la légèreté et permet de sentir les mouvements de son cheval, ce qui est important pour le juste à propos de l’utilisation des aides.

Le corps se compose de trois parties que le cavalier doit savoir dissocier, mais qui sont intimement liées : haut du corps, bassin et jambes.

• Le cavalier doit sentir dans son haut du corps les vertèbres comme autant de pavés placés les uns au-dessus des autres, totalement solidaires et totalement indépendants.

• Le haut du corps doit être droit, légèrement oblique par rapport à la tige vertébrale du cheval. Les épaules tombent naturellement, dégagées vers l’arrière, les omoplates rapprochées de la colonne et la poitrine ouverte. Les muscles abdominaux doivent être allongés en restant toniques (le cavalier doit avoir le sentiment que son ventre est un « punching ball »), ce qui va permettre au pubis de s’avancer en se remontant. Les muscles du bas du dos sont raccourcis pour permettre le tonus du dos et l'effacement des épaules. Les bras tombent le long du corps, les coudes en appui sur les hanches, les avant-bras demi-ployés avec des mains qui se soutiennent.

• Le cavalier est assis également sur ses deux fesses. Il doit avoir le sentiment de vouloir toujours envoyer son pubis vers l’avant et vers le haut, et d’être assis sur son anus. C’est le jeu des articulations décontractées qui permettra au cavalier de lier les mouvements du bassin aux déplacements du cheval par un mouvement naturel, sans aucune intervention de la volonté de l’homme.

• Les jambes sont descendues : la force de pesanteur s’exerce dès la hanche, vers le bas. Elles pèsent de leur propre poids quand le cavalier est sans étrier. Étrier chaussé, la jambe ne pèse pas plus que de son propre poids sur l’étrier. La semelle de la botte est horizontale, le poids de la jambe est « senti dans le talon ». L’étrivière est verticale, à l’aplomb de la hanche, le genou en avant de la pointe de pied. Avec ou sans étrier, la cuisse est à plat et sert à l’appui de la jambe, si nécessaire, à la place du mollet qui doit rester libre pour contrôler l’arrière-main du cheval.

• À tout moment, le cavalier doit avoir le sentiment de vouloir et de pouvoir se mettre à genou (descente de la cuisse, fermeture et avancée du genou, léger fléchissement de la cheville, sans peser sur le talon).

LE DEPART AU GALOP

Demander à un cheval de prendre le galop par prise d’équilibre, seul type de demande pédagogiquement valable, tant pour le cavalier que pour le cheval, consiste à le placer dans l’équilibre du galop.

Le galop se caractérisant par l’avancée d’un latéral par rapport à l’autre, il s’agira de favoriser l’avancée d’un latéral sur l’autre, en retardant le latéral extérieur et en allégeant le latéral intérieur :

- Poids sur la fesse extérieure pour alourdir le latéral extérieur. Ce surcroît de poids à l'extérieur s'obtient par un appui plus fort sur la fesse, permis par une descente de la cuisse. Cette descente de la cuisse, étrier chaussé, oblige le cavalier à plier le genou, ce qui naturellement recule le mollet si le cavalier veille à ne pas peser plus sur l'étrier (il doit juste mettre plus de poids dans son talon). Ainsi la jambe extérieure sera naturellement vigilante pour empêcher les hanches d'échapper à l'extérieur.

- Avancée de la fesse intérieure dans la selle pour alléger le postérieur intérieur,en relation avec la demande impulsive de la jambe intérieure. Ainsi, fesse et jambe sollicitent ensemble le postérieur intérieur.

La demande du départ se fera ensuite par action de la jambe intérieure.

Le départ au galop peut être facilement et de façon intéressante demandé dans les premiers temps à partir de l’épaule en dedans qui permet d’obtenir un départ en équilibre, cadencé, sans traumatisme pour le cheval.

L’EPAULE EN DEDANS

L'épaule en dedans est un exercice d’assouplissement ayant pour but d’améliorer l’engagement du postérieur intérieur, donc la mise en équilibre du cheval. Il permet aussi d’assouplir le cheval dans toute sa masse.

L'épaule en dedans est le déplacement latéral d’un cheval incurvé, dans la direction opposée à l’incurvation. Selon le degré d’équilibre du cheval, l’obliquité demandée sera variable.

Pour la réaliser, les aides d’incurvation doivent être fixes (poids du corps, jambe intérieure et rêne de pli), le déplacement étant demandé par la rêne extérieure et l’action latérale de la jambe intérieure et du poids du corps.

LES EFFETS DE RÊNES

Il n'existe que deux effets de rênes : l’effet direct (rêne d’ouverture) et l’effet d’appui.

• La rêne d'ouverture (effet direct) est rêne de pli. Son degré d’action est fonction de la décontraction du cheval et du pli recherché.

• L’effet d’appui a pour but de contrôler le déplacement des épaules. Selon son action, la rêne d'appui pourra être ou ne pas être en même temps rêne de pli.

Les effets de rênes ne font pas tourner le cheval. Ils ne sont qu'indicatifs quant à la direction à prendre.

TRAVAIL DU CHEVAL

1. Il faut toujours avoir à l’esprit qu’il ne faut jamais contraindre, blaser ou rebuter le cheval.

2. Le cheval doit participer activement et joyeusement au travail demandé par son cavalier, lequel doit savoir utiliser les désirs de son cheval pour réaliser le travail programmé.

3. Etre progressif, attendre que le cheval ait acquis ce qu’on lui enseigne avant d’aborder un nouvel exercice.

4. Utiliser l’exercice acquis pour découvrir l’exercice nouveau.

5. Demander peu, récompenser souvent, punir uniquement quand nécessaire, s’il y a mauvaise volonté évidente du cheval (après examen de conscience : ai-je bien demandé ? le cheval a-t-il compris chacune de mes demandes et les a-t-il assimilées ?)

6. Tout exercice doit être préparé afin que le cheval soit dans les meilleures conditions pour l'exécuter. Si l’on se rend compte que le cheval n’a pas compris ou n’a pu se mettre dans les meilleures conditions physiques, rien ne sert de demander l’exercice.

7. Les aides préparatoires sont la conjugaison de toutes les aides nécessaires à la mise en condition du cheval. Les aides d’exécution, demandant la réalisation de l’exercice, sont les jambes.

8. Tout exercice bien préparé et correctement exécuté ne doit pas être prolongé inutilement (pour le plaisir du cavalier ou de la galerie). Il est beaucoup plus profitable de répéter un exercice, ce qui permettra de garder au cheval toute sa fraîcheur, plutôt que de le poursuivre au risque de contracter ou de lasser le cheval.

9. Il est primordial pour la raison énoncée ci-dessus de varier les exercices, même si l’on ne recherche qu’un seul but.

10. Échauffer son cheval avant que de le travailler permet de mettre en route la machine musculaire, de sentir quel est l’état dans lequel se trouve son cheval et de planifier la séance de travail. Si on estime que son cheval n’est pas dans les meilleures conditions pour le travail programmé, mieux vaut changer d’exercice.

11. Un cheval lourd à la jambe est peut-être uniquement un cheval trop contracté pour sentir la demande des mollets. Avant que de « taper dedans », cherchez à le décontracter. Comme par enchantement, il deviendra ensuite léger aux aides.

12. Les jambes peuvent agir de différentes façons : en même temps pour passer à l’allure supérieure, alternativement pour allonger dans l’allure. Une jambe de position n’agit jamais seule : le mouvement demandé par la jambe active de position est « reçu » ensuite par une jambe d’impulsion.

13. Lorsque vous demandez un exercice à votre cheval, en même temps que vous mettez en place vos aides de préparation, imaginez dans votre tête les ressentis que vous aurez lors de l’exécution du dit exercice, et précédez votre cheval dans ce ressenti : l’exercice n’en sera que mieux réussi.

14. le travail du cheval a pour but d’obtenir la stricte obéissance aux aides, mais dans le respect de la confiance que le cheval accorde à l’homme.

Avant toute chose, comportez-vous en homme de cheval ! Soyez attentif à votre collaborateur et à ce qu'il vous fait passer comme messages. De temps en temps, essayer de "penser cheval". Rappelez-vous que votre cheval a besoin d'indications claires, simples, précises et rigoureusement codifiées.