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Éducation du cavalier - De l'accueil du débutant

ÉDUCATION DU CAVALIER

De l'accueil du débutant

Je ne suis pas sociologue, mais il me semble intéressant qu’une étude soit faite sur l’évolution des pratiquants de l’équitation depuis les années 1960 (décennie qui marque le développement important de la pratique équestre en tant qu’activité de loisirs).

1. DE NOUVEAUX ÉLÈVES DANS UN MONDE NOUVEAU

Le monde de l'équitation a changé. La féminisation est de plus en plus importante dans le monde des pratiquants et il en est de même parmi les jeunes qui désirent devenir enseignant en équitation. Il est indéniable que les images et les jeux de l’enfance ont évolué (finis les westerns qui berçaient notre enfance et faisaient une part belle au cheval, lointaine l’époque où les poupées étaient les confidentes de nos petites sœurs !) ; l’urbanisation intensive a encore éloigné le monde animal de notre éducation.

Comment vient-on au cheval ?

Il m’a toujours semblé que ce qui était essentiel pour un débutant qui venait à l’équitation était avant tout son attirance pour l’être vivant qu’est le cheval. Cette évidence m’a conduit à aborder les premiers pas du cavalier sous l’angle de la connaissance du cheval (ce n’est pas nouveau ; nos anciens déjà formaient des hommes de cheval autant que des cavaliers). Cette façon de faire m’a toujours permis d’avoir des élèves qui intégraient le cheval dans leur formation et étaient de ce fait beaucoup plus à l’écoute de ses réactions.

Aujourd’hui encore plus qu’hier, cette motivation des débutants me semble traduire la réalité des faits. Il faut donc d’abord parler cheval à la personne que l’on a en face de soi, lui présenter l’animal, ses traits de caractère et la façon dont il se déplace.

Apprendre à connaître le cheval

Avant tout, il est nécessaire de faire comprendre à l'élève débutant l’extrême sensibilité sensorielle de l’animal, son comportement dans la nature et les modifications que la vie concentrationnaire a apporté : manque d’espace pour se défouler, impossibilité de fuir en cas de peur et/ou de surprise, changements dans son mode de vie d’herbivore. De ce constat, il sera important de faire comprendre la nécessité d’être très progressif dans son approche de l’animal pour se faire accepter, d’être clair dans ses demandes pour se faire comprendre sans être agressif, d’avoir des demandes très codifiées pour rester clair et compréhensible.

L’équitation étant au départ la possibilité pour le cavalier de trouver son équilibre sur un cheval en mouvement, le premier travail va être de faire découvrir à l’élève les allures du cheval. Pour ce faire, l'enseignant va lui présenter un cheval à la longe.

Après avoir expliqué au cavalier le pourquoi et le comment du pansage (propreté, amélioration de la respiration cutanée, massage, contrôle de l’intégrité physique de l’animal, premier échange entre les deux futurs associés), l'enseignant montrera comment préparer le cheval et lui mettre un caveçon. En posant la main sur la nuque du cheval, l'enseignant lui fera baisser la tête afin de faciliter le passage de la têtière tout en profitant de l'occasion pour expliquer que c’est aussi là la première manifestation de la décontraction du cheval.

Il sera ensuite temps d'emmener le cheval (choisi pour son habitude à travailler à la longe) au manège ou vers une surface d’évolution de dimensions réduites pour que le cheval soit correctement encadré.

Le cheval sera alors présenté en mouvement au cavalier auquel il conviendra de détailler le visuel des allures et la façon dont le dos travaille. Dans un deuxième temps, tout en restant à ses côtés, l'enseignant demandera au cavalier de longer lui même le cheval. Voir un cheval galoper permettra à l'élève débutant de prendre conscience du mécanisme des allures : allures que nous lui ferons ensuite mimer, ce qui sera un moyen très parlant de faire comprendre au cavalier en herbe que son corps va devoir travailler différemment et qu’il va devoir se créer de nouveaux repères. Il conviendra alors de lui expliquer que le développement d'un nouveau schéma corporel passe par une phase d’échauffement au travers d’exercices d’assouplissements que l'élève devra exécuter régulièrement pour adapter son corps à la nouvelle façon de se mouvoir. Ainsi, le cavalier débutant prendra possession de son corps, apprendra à le connaître et à l’étudier (ce qui sera essentiel plus tard pour comprendre les réactions du cheval et analyser les façons dont il se déplace). Les exercices qui sont détaillés ci-après vont l’aider dans cette démarche.

Il est essentiel, dans le déroulement des exercices qui suivent, d’avoir une respiration lente et profonde pour permettre une bonne décontraction musculaire et d'agir sans saccade pour éviter les microtraumatismes .

2. EXERCICES D'ASSOUPLISSEMENT

Étirements du dos

Assis ou debout, tirer les bras vers le haut, doucement et progressivement en inspirant, puis les laisser tomber en expirant.

Cet exercice va permettre aussi l’ouverture de la cage thoracique, le renforcement des abdominaux ainsi que l’assouplissement des épaules. Il doit se faire en regardant loin devant soi, pour pouvoir bénéficier ensuite d’un bon soutien de la nuque et d’une bonne orientation de la tête (le regard est essentiel en équitation).

Étirement du dos et des fessiers :

Assis sur le sol, croiser la jambe droite par dessus la gauche tendue. Le bras droit est en appui au sol. Poser le coude gauche contre le genou droit et pousser le genou avec le coude en tournant les épaules vers la gauche. Faire l’exercice des 2 côtés et ne pas s’inquiéter des éventuels craquements des vertèbres !

Tendre une jambe vers l’avant et essayer de s’allonger sur la jambe tendue. Ne pas faire de saccades pour descendre afin de ne pas créer de microtraumatismes articulaires. Cet exercice agit aussi sur les ischio-jambiers et les adducteurs.

Travail de l’articulation coxo-fémorale

Dégager les épaules vers l’arrière en écartant latéralement la cage thoracique - ce mouvement permet d’allonger les abdominaux et de tirer le bassin vers l’avant. Poser les mains sur le haut des fesses et pousser le bassin vers l’avant. Cet exercice va amplifier légèrement la cambrure du rein : ce n’est pas gênant tant qu’il n’y a pas creusement du rein et recul du bassin. Il faut veiller à garder les talons au sol et les genoux légèrement fléchis.

Travail des quadriceps

Plier une jambe en avant et tendre l’autre vers l’arrière. Fléchir sur la jambe reculée sans saccade et progressivement.

On peut faire le même exercice en posant le genou de la jambe arrière au sol et en le reculant pour sentir l’étirement musculaire.

3. UN TRAVAIL À CONTINUER

Ce ne sont là que quelques exemples d’exercices. La gamme en est vaste et le choix doit rapidement être fonction de la condition physique de chacun. Le but en est, rappelons le, d’étirer et d’assouplir le rachis, les ceintures scapulaire et pelvienne.

Il est essentiel aussi de travailler sa respiration, en y faisant participer l’ensemble de la cage thoracique.

Ces exercices peuvent occasionnellement se pratiquer au début d’une séance d’équitation, idéalement quand les cavaliers participent à un stage. Dans les conditions habituelles, il est bon que chacun s’entraîne chez lui.